Charles Piaget (23 juillet 1928- 4 novembre 2023) Disparation d’un camarade.

Charles Piaget a incarné pour toute une génération la lutte des LIP à Besançon en 1973. Il est décédé, le jour de sa fête, aux soins palliatifs du CHU. Pour les détails de son existence, on se reportera à la fiche biographique accessible sur le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, Maitron.org.

Charles naît à Besançon. Après une enfance difficile, il est pris en charge par une famille d’immigrés d’origine italienne qui l’élève jusqu’à sa majorité. Il conservera des liens familiaux très forts avec les membres de cette famille tout au long de sa vie. Après des études à l’Ecole d’horlogerie de Besançon, il intègre, au sortir de la seconde guerre mondiale, la manufacture d’horlogerie LIP, la plus grosse entreprise française de la filière. Son beau-frère Bernard Billot, qui fut résistant et permanent syndical le fait adhérer à la CFTC. Excellent ouvrier, de celui qui atteint le micron à la lime, il gravit les échelons de l’entreprise. Parallèlement, il s’intègre dans l’univers syndical, qu’il va profondément infléchir avec une jeune équipe, dont Roland Vittot, son complice pour toujours. La section CFTC était tenue par de vieux militants surtout intéressés par la gestion des œuvres sociales. Avec Roland et quelques autres, ils vont réorienter l’action syndicale en direction des travailleurs, au détriment d’une gestion ronronnière du CE. Alors que l’ancienne équipe était très hostile à la CGT, ils vont développer des relations unitaires avec cette dernière.

Il se marie en 1953 avec Annie Billot. Ensemble, ils auront 9 enfants. Très croyant, il s’engage avec sa femme dans l’ACO (Action Catholique Ouvrière), qui marquera profondément sa conscience et son parcours. Parallèlement, la guerre d’Algérie l’amène à développer une conscience anticolonialiste. Il adhère à l’UGS (Union de la gauche socialiste) et participe aux manifestations, sévèrement réprimées, contre la guerre d’Algérie. Lorsque le PSU est créé en 1960, il est un des premiers adhérents.

Reconnu comme un militant syndical de premier plan au sein de son entreprise, il participe avec enthousiasme au mouvement de Mai 68, mettant en place des pratiques en rupture avec le syndicalisme, y compris la CFDT qui remplace la CFTC à partir de 1964. Alors que des militants de la CGT et de la CFDT viennent à la mi-mai pour empêcher les travailleurs de LIP de rentrer dans l’usine et provoquer la grève, avec la section CFDT LIP, ils font rentrer les LIP pour une AG, qui décidera après un long débat de se mettre en grève. Se met en place un comité de grève, associant CGT et CFDT, ouvert à tous les travailleurs/travailleuses. Un groupe de salarié.es, non-syndiqué·e·s ou simples adhérent·es, va participer à l’animation de la grève. Cette grève, avec occupation, débouchera sur l’obtention d’importants avantages, dont l’échelle mobile des salaires ou encore un immense panneau syndical qui servira par la suite pour l’information des travailleurs et travailleuses.

Après plusieurs conflits importants avec la direction dans les années qui suivent, l’entreprise LIP voit le départ de son fondateur, Fred Lip, remplacé par un directeur nommé par l’actionnaire devenu majoritaire, Ebauches SA, un holding d’horlogerie suisse. En avril 73, c’est le dépôt de bilan. Loin de se lancer dans un mouvement de grève, sous l’impulsion de l’intersyndicale, les travailleurs de LIP sont incités à baisser les cadences et prendre du temps pour réfléchir et s’organiser. Cette situation dure plusieurs semaines. Un comité d’action, sous l’égide du prêtre dominicain Jean Raguenès, se crée, avec la base des travailleurs impliqués à côté des organisations syndicales. Durant plusieurs semaines, un intense travail de popularisation s’engage auprès des autres travailleurs et de la population bisontine. Le 12 juin, à l’occasion d’une rencontre avec les administrateurs provisoires, ces derniers sont séquestrés. Une ouvrière a la curiosité de fouiller dans leurs serviettes et découvre les détails du plan de liquidation de l’entreprise : plusieurs centaines de licenciements (l’usine compte 1200 salariés, dont une légère majorité de femmes), découpage en plusieurs morceaux. Commence alors un des conflits les plus popularisés de l’histoire ouvrière du pays. Le stock de montres, le trésor de guerre, est mis à l’abri. L’occupation de l’entreprise est décidée et la remise en marche de l’outil de production effective. La vente sauvage des montres commence dans l’usine. Des commissions, ouvertes à tous les travailleurs et travailleuses sont mises en place pour l’organisation du conflit. Un mot fédérateur « Ni licenciement, ni démantèlement » apposé sur une banderole flotte sur les bâtiments. Même si la remise en route de la production ne fut que partielle, commence à se répandre dans la presse et parmi les soutiens l’idée de l’autogestion. Début août, une première « paie ouvrière » est réalisée. Il y en aura six durant la durée du conflit. « On fabrique, on vend, on se paie », le mot d’ordre devient une réalité. Mis au pied du mur par l’importance du mouvement, le gouvernement réagit sous deux formes. Le 14 août, il envoie les gendarmes mobiles qui délogent les LIP de l’usine occupée. Parallèlement, il envoie un négociateur, Henri Giraud. Lequel entame une série de rencontres avec les délégués syndicaux, sous le contrôle des travailleurs, qui se réunissent quotidiennement en AG dans un cinéma prêté par le diocèse. Si les propositions de Giraud évoluent dans le sens d’un nombre plus réduit de licenciements, la logique reste la même, des licenciements et le dépeçage de l’entreprise.

Décision est prise par l’intersyndicale, dans laquelle la CGT commence à traîner les pieds, d’appeler à une manifestation nationale à Besançon le 29 septembre. C’est un immense succès : plus de 100 000 manifestant venus de toute la France, des délégations d’autres pays européens, des militant·es politiques de tous les courants de la gauche et de l’extrême-gauche défilent sous la pluie, trempés, crottés, en scandant, « Lip se bat pour tous les travailleurs », « Lip vivra, Lip vaincra ». Mais Giraud reste inflexible.

Le 12 octobre, le plan Giraud est soumis à l’AG des LIP. A une large majorité (324 voix contre 167, les travailleurs votent contre ce plan. C’est la rupture de l’intersyndicale, la CGT ayant appelé à approuver le plan considérant que le rapport de force était à son maximum. Le premier Ministre Pierre Messmer, répète en boucle « Lip, c’est fini ». Ce en quoi il se trompe. Sous l’égide de la Fédération de la Métallurgie CFDT, des contacts sont noués avec une fraction du patronat « moderniste ». Cette aile des employeurs, menée par Antoine Riboud et Renaud Gillet, était consciente qu’un nouveau Mai 68 constituait une hypothèse crédible et qu’il était nécessaire de nouer des relations suivies avec les organisations syndicales pour éviter une telle crise. Finalement, en janvier 1974, les accords de Dole permettent le réembauchage de tous les salarié.es (soit environ 800), de manière progressive, dans une nouvelle entité juridique unique (la CEH). Ces accords, approuvés par l’AG des Lip constituent une victoire écrasante du monde du travail, au moment où les grandes restructurations et les licenciements qui les accompagnent commencent à se développer. Le chômage n’est pas une fatalité et la lutte paie, proclame les Lip à l’ensemble des travailleurs du pays.

Hélas, en système capitaliste, les victoires ne sont jamais que temporaires. Deux ans plus tard, Claude Neuschwander, le directeur de LIP annonce un nouveau dépôt de bilan. Le climat politique a beaucoup évolué. C’est désormais une droite empreinte de néo-libéralisme, sous l’égide de Giscard qui gouverne, le chômage de masse s’installe, les fermetures et restructurations se succèdent. Le dos au mur, les LIP continueront leur lutte, avec un rapport de force d’autant plus dégradé que la CFDT entame son tournant gestionnaire. En 1978, est finalement décidé de créer des coopératives, avec l’espoir que l’élection d’un président de gauche vienne modifier la situation. François Mitterrand sera bien élu le 10 mai 1981, mais le nouveau gouvernement socialo-communiste ne fait pas grand-chose en faveur de LIP.

En 1983, Charles qui vient de perdre sa femme, part en préretraite, totalement brisé par une décennie de mobilisations quasi-ininterrompue. Des cinq coopératives créées, une seule survivra. Pour Charles, c’est le repli sur la vie privée, avec une dernière fille à charge et une retraite très fortement amputée.

En 1993, suite à une rencontre avec une militante de la LCR, Charles décide de reprendre du service à AC ! Durant 25 ans il sera l’âme de l’association de lutte contre le chômage. Il est sur tous les fronts : rédaction du bulletin « Résister », diffusion devant les ANPE, manifestations régulières, gestion des dossiers des chômeurs et chômeuses, confrontations avec les institutions, occupation des ANPE durant l’hiver 97-98. Parfois confondus avec le travail social, il lui arrive de se trouver insulté, menacé physiquement par des chômeurs désespérés qui s’en prennent à ceux qui les écoutent. Une fois il se retrouve avec un couteau sur le ventre lors d’une permanence d’AC. Durant un quart de siècle, il sera l’âme de l’équipe de plus en plus réduite de l’association. En 1998, il laisse la présidence d’AC ! tout en donnant le coup de main quand on le sollicite.
Au plan politique, il maintient le cœur solidement à gauche. En 1974, une coalition d’extrême gauche (AMR, OCT, LCR) prend contact avec lui et lui propose d’être le « candidat des luttes ». Las, la majorité du PSU, dirigée par Michel Rocard qui prépare son ralliement au PS, vote à une majorité de 2/3 contre 1/3 contre sa candidature. Une autre partie de l’extrême-gauche se gausse du candidat des curés, au moment où précisément Charles commence une profonde évolution qui l’amènera à l’agnosticisme. 

En 2002, lors des massives manifestations du 1er mai, il distribue aux gens qui viennent le saluer un court texte où il explique qu’il ne votera pas Chirac au second tour. Il participe à la campagne de José Bové en 2007. Il suit avec sympathie la campagne de Besancenot puis Poutou, mais votera pour Jean Luc Mélenchon aux échéances suivantes.

En 2020, présentant sa disparition proche, il rédige ce qui, dans son esprit, devait être une courte brochure pour transmettre l’héritage de l’essentiel du conflit LIP pour les nouvelles générations syndicales. Ce testament politique deviendra finalement un livre magnifique « On fabrique, on vend, on se paie. LIP 73 », édité grâce à la complicité des éditions Syllepse.

Malade depuis un an, il a continué à incarner jusqu’à ce que le cancer l’emporte, l’espoir d’une perspective socialiste, pour laquelle il a lutté sa vie durant. C’est un camarade respecté, humble, un militant qui nous quitte aujourd’hui. Honorons sa mémoire en continuant à maintenir la perspective du socialisme révolutionnaire.

Georges Ubbiali

05/11/2023

Nicolas Bultot, homme de conviction et d’action, est décédé

Nicolas Bultot, né le 23 août 1938 à Barcelone, est décédé le 21 mai 2023 à Tronche (38). Sa mère est une militante républicaine espagnole originaire des Asturies, son père un volontaire belge des Brigades internationales. il connaît très tôt les chemins de l’exil avec sa mère qui arrive en Franche-Comté vers 1940. Ses premières années, pendant la seconde guerre mondiale, sont particulièrement difficiles et il en restera marqué toute sa vie.

Dès qu’il est salarié de l’usine Rhodiaceta, Nicolas s’engage au Parti communiste et à la CGT. A la fin de la guerre d’Algérie, au cours d’un rassemblement de travailleurs étrangers, il a demandé 1mn de silence à la mémoire de toutes les victimes, c’est-à- dire aussi bien les soldats français que les Algériens. Cela a créé un scandale, et l’État français a demandé une 1ère fois son expulsion. Grâce à la mobilisation de la population de la CGT et du PC, il est resté en France. Il en est l’un des militants les plus actifs, participant à toutes les actions dont la grève de 1967. La Rhodiaceta produit sur Besançon du fil polyester et compte à son apogée en 1966 3 283 salariés, faisant d’elle la plus importante des grandes entreprises de la capitale comtoise, devant les usines d’horlogerie Lip et Kelton.

Les grèves de 1967 à la Rhodiaceta dans les régions bisontine et lyonnaise préfigurent la grève générale ouvrière de Mai 1968. Pendant ce mois de mai, tentant de lier les luttes ouvrières et étudiantes, Nicolas est l’un des rares responsables syndicaux du monde du travail à être venu à plusieurs reprises à la Faculté des Lettres, avec quelques camarades, assister aux assemblées générales étudiantes qui se tenaient tous les jours à l’amphi Donzelot. Mettant ses actes en accord avec ses idées il demande à être accompagné d’étudiants pour populariser et étendre la grève à Baume-les-Dames.

ll n’accepte pas la consigne de reprise du travail donnée par la CGT fin mai, estimant que le mouvement doit aller plus loin. Au cours de l’été qui suit, il est exclu du Parti communiste, puis démis de toutes ses fonctions syndicales. Cela le met dans une situation difficile car il est de nationalité espagnole, et son titre de séjour vient à échéance début 1969. Il risque le renvoi vers l’Espagne de Franco et l’expulsion signifiait automatiquement l’incarcération dans les geôles franquistes. Diverses organisations de gauche, regroupées dans le « Secours rouge » (mais sans le PCF, ni la CGT), le soutiennent et son titre de séjour est renouvelé en 1969, grâce aussi à son avocat Me Kohler.

Nicolas quitte la Rhodiaceta en 1974 et travaille dans une entreprise agroalimentaire, Juradou, de 75 à 83, et c’est à cette époque que sont mises en place les préretraites, l’augmentation des salaires uniformes, l’obtention de RTT et le passage à 38h alors que tout le monde était à 44h, une avancée importante pour l’époque.

Après plusieurs licenciements, à plus de 45 ans, armé de son certificat d’étude, il reprend des études et obtient un diplôme d’éducateur, puis un poste éducateur spécialisé en Haute-Saône.. Il continuera à militer syndicalement à la CFDT qui lui confie l’animation du travail syndical en direction des travailleurs immigrés, et en particulier dans les entreprises para-agricoles dans lesquelles ils sont nombreux.

Nicolas et son épouse Martine, médecin à Besançon dans le quartier populaire de « Planoise », adhèrent au PSU en 1971. Au début des années 1970, Nicolas est très actif localement dans l’importante section bisontine de ce parti et au niveau national dans la commission « entreprises ».

Pour orienter le Manifeste autogestionnaire du PSU vers un nouveau programme de transition il cosigne dans Tribune Socialiste n°554 du 18 novembre 1972 la contribution « Pour un programme marxiste ». Après le retrait des amendements du courant Rocard, le Manifeste autogestionnaire du PSU : « Contrôler aujourd’hui, pour décider demain » est adopté au congrès de Toulouse de décembre 1972 avec 80% des mandats, les 20% restant votant pour le texte « Vers le communisme » de la Gauche Ouvrière et Paysanne (GOP).

Dans un article d’un numéro double de Critique Socialiste consacré au vingtième anniversaire du PSU, Yvan Craipeau rappelle :

« […} pour la première fois, le parti disposait d’un corps de doctrine qui lui permettait d’intervenir en éclairant politiquement les positions autogestionnaires que venait de prendre la CFDT. J’avais fait des propositions pour appliquer la ligne du manifeste au lendemain des élections législatives de 1973. Nous en avions discuté avec les militants ouvriers du Doubs (NDLR : dont Nicolas Bultot). Ils avaient conclu à la possibilité d’engager dans la région un nouveau type de lutte. En fait elle ne s’engagea pas là où nous l’avions prévu, mais chez Lip, où la personnalité rayonnante de Charles Piaget lui donna le retentissement national que l’on sait ».

Nicolas et Martine Bultot vont participer à la constitution de la tendance B du PSU qui regroupe des militants du courant marxiste-révolutionnaire et les anciens militants de l’Alliance Marxiste-Révolutionnaire (AMR) qui ont officiellement rejoint le PSU en février 1975 après le départ des rocardiens sur la base d’un protocole d’accord. Il devient membre de la direction politique nationale du PSU à la suite du congrès de Strasbourg de janvier 1977 au titre de la Tendance B qui a réuni 20% des mandats.

En mai 1977, il participe à la constitution des Comités Communistes pour l’Autogestion (CCA). Le 4ème congrès des CCA en juin 1983 se tient à Besançon. Nicolas et Martine Bultot vont suivre le parcours militant et politique dans la continuité des CCA et de certains courants du PSU.

Avec Martine, il fait partie des fondateurs de l’Alternative autogestionnaire 25 vers 1982, mais cette tentative de recomposition et de dépassement politique, isolée géographiquement et sans ampleur suffisante ne perdurera pas dans sa dimension unitaire et large de départ. En 1988, Nicolas et Martine participent aux Comités Juquin. Aux élections municipales de mars 1989, quatre militants issus des comités Juquin, dont Martine Bultot entrent dans la municipalité d’union de la gauche dirigée par Robert Schwint (PS), sous l’étiquette « Nouvelle gauche ». Logiquement, Nicolas et les militants de la « Nouvelle gauche » rejoignent l’AREV (Alternative rouge et verte) dès sa création (novembre 1989). A son rôle d’animateur du groupe politique, Nicolas ajoute celui d’attaché politique auprès de son épouse, adjointe au Maire de Besançon, et des autres élus de l’AREV. En 1995, l’AREV est intégrée à la liste conduite par R. Schwint pour son dernier mandat. En 2001, la question des alliances municipales divise le groupe des Alternatifs (qui a succédé à l’AREV en 1998), Nicolas et Martine Bultot souhaitant maintenir l’alliance avec le PS dirigé par Jean-Louis Fousseret alors que d’autres camarades préféraient une alliance avec les Verts qui avaient le vent en poupe à l’époque. La position défendue par Nicolas fut majoritaire, mais le désaccord au sein du groupe laissa des traces qui amenèrent ultérieurement son éclatement, Nicolas et Martine fondant en 2007 un mouvement (« La Gauche alternative et écologique ») distinct des Alternatifs. Ce mouvement disparut en 2010. Après la création d’ENSEMBLE! (2013), L’Alternative Rouge et Verte, journal des Alternatifs de Franche-Comté, devint celui d’ENSEMBLE!

En 2011, Nicolas et Martine s’installent dans la région de Grenoble, près de leur fils. Martine a quitté ses fonctions d’élue le 31décembre 2010 (après avoir occupé pendant 22 ans un poste d’adjointe au maire) et souhaite tourner la page, « considérant que le projet de créer une force unifiée large, à gauche du PS, a peu de chance de voir le jour ». Plus tard, ils apportent leur soutien à la France Insoumise

Enfin, en dehors du syndicat et de la politique, dès qu’il avait un coin de terre, Nicolas y aménageait des terrasses pour cultiver des légumes, semer des fleurs, planter des arbres fruitiers. Il a planté plusieurs centaines d’arbres dans sa vie. Il était écologiste dans l’âme !

Nicolas a milité toute sa vie au service des autres, des plus démunis. Il a gardé ses convictions de révolté. Il disait en forme de plaisanterie qu’il appréciait beaucoup l’insurrection de la Commune de Paris en 1871, parce que « ceux-là avait fait une chanson pour lui ». Cette chanson « Elle n’est pas morte ! » d’Eugène Pottier (l’auteur de L’Internationale) a pour refrain «Tout ça n’empêche pas Nicolas que la Commune n’est pas morte ! ».

Jacques Fontaine, Jean-Paul Bruckert, Daniella Chaillet, Jacques Ménigoz… et la participation de Martine Bultot.

Faut il lire Vu du Doubs ?

Le département dispose d’un  journal trimestriel, Vu du Doubs (VDD), composés d’articles à caractère publicitaire sur les réalisations toujours plus positives de la majorité départementale. Ce journal est distribué dans les boîtes aux lettres des habitant.es du département, le plus souvent avec la publicité authentique, ce qui fait qu’il passe directement de la boite aux lettres à la poubelle jaune. Notons quand même que c’est le seul endroit où le groupe minoritaire le Doubs social écologique et solidaire (DSES) dispose d’une petite tribune où un point de vue contradictoire peut s’exprimer. Rien que pour ça, ça vaut la peine d’au moins feuilleter Vu du Doubs, jusqu’aux dernières pages.

Dans chaque numéro est mis en avant une ou plusieurs actions du département, avec la photo et un court commentaire (300 signes) de l’élu.e du canton dans lequel l’action s’est déroulée. J’étais le dernier élu à ne pas avoir eu encore l’opportunité de figurer dans VDD. C’est désormais chose faite, avec le numéro 270, à propos de l’atelier justice des archives départementales (AD). Les archives ont organisés des ateliers en direction du public scolaire pour découvrir la richesse des fonds. Un court commentaire de l’élu accompagne l’article. Généralement, les rédacteurs de VDD proposent aux élu.es d’écrire le texte, qui reçoit leur approbation. Pour ma part, j’ai écrit le court commentaire ci-dessous :

« Les archives conservent le patrimoine écrit du Département. Une masse documentaire qui n’est pas un “poids mort”, mais une matière vivante à partir de laquelle les historiens travaillent. Mais les archives sont également valorisées auprès d’autres publics, comme les collégiens. Le service éducatif des archives a ainsi organisé un atelier sur la manière dont la justice fonctionne. Une initiative formatrice et citoyenne. »

Vous conviendrez aisément, que le commentaire est des plus brefs. Rendez vous dans deux ans pour ma prochaine prestation ?

Georges Ubbiali

Pour le retrait du projet Macron–Borne, on n’arrêtera pas !

                Le Conseil Constitutionnel a validé la plus grande partie du projet de contre-réforme des retraites et, en particulier, le report de l’âge de départ à 64 ans, dont le rejet est au cœur de la mobilisation de ces trois derniers mois. C’est là une décision politique de soutien à Macron, qui va pouvoir promulguer sa loi réactionnaire.

                Le Conseil constitutionnel a, qui plus est, censuré le Référendum d’Initiative Partagée (RIP), qui pouvait permettre l’expression de la volonté populaire. Un autre projet de RIP a été déposé par la NUPES sur lequel le Conseil constitutionnel ne rendra son avis que le 3 mai.

La question démocratique demeure entière : Macron-Borne n’ont pas voulu écouter l’avis de l’immense majorité des Français·es qui s’opposait à leur contre-réforme ni la voix de celles et ceux qui étaient dans la rue par millions. Ni l’un ni l’autre n’ont osé aller jusqu’au vote des député·es. Et le Conseil constitutionnel n’a pas jugé que le « caractère inhabituel » de l’accumulation de procédures visant à restreindre les débats suffisait à invalider le projet de Macron et de son gouvernement.

                Cela ne marque pas la fin de la bataille pour celles et ceux qui se sont mobilisée·es depuis trois mois pour leur avenir et celui de leurs enfants. Nous allons continuer, avec l’Intersyndicale, à refuser cette contre-réforme des retraites par tous les moyens à notre disposition. Le 1er mai doit être une énorme journée de mobilisation unitaire contre tous les projets réactionnaires (retraites, chômage, immigration) de Macron-Borne-Darmanin et de leur monde ! Dès maintenant, dans la grève, dans la rue, par des blocages, agissons pour le retrait du texte sur les retraites. Et exigeons que la parole soit enfin donnée au peuple pour qu’il puisse dire ce que veut la majorité de ce pays : ne pas reporter à 64 ans l’âge du départ à la retraite.