mardi 24 mars, 6H gare Viotte, 7H feux de Beure : tractage d’appel à la mobilisation du 31 mars
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Vendredi 13 mars, 19h, BESANCON: Débat pour les élections municipales
Débat pour les élections municipales
Vendredi 13 mars, 19h, Besançon
Organisé par Radio BIP/Media25 et Factuel.Info
Jeudi 12 mars, 18h30: Fac de Lettres BESANCON: Conférence : Barbe bleue interrogé
Conférence : Barbe bleue interrogé
par Edith Lombardi (Solidarité Femmes Besançon)
Jeudi 12 mars, 18h30, amphi Cloché, Fac de Lettres, 32 rue Mégevand, Besançon
Organisé par Solidarité Femmes
Les contes de la famille de Barbe Bleue sont divers et se retrouvent dans diverses cultures. L’un d’eux, noté par les frères Grimm, a pour titre l’Oiseau d’ourdi. Cette version, issue du milieu populaire, met en avant le courage, l’intelligence et la solidarité qui vont permettre aux filles victimes d’échapper aux prédateurs. La conférencière dira ce conte et s’appuiera sur ce récit pour détailler les processus qui constituent la violence conjugale et les issues à cette violence.
Entrée libre, places limitées
Pétition pour l’hôpital de Dole
Pétition pour l’hôpital de Dole
À la suite d’une rencontre avec plusieurs médecins de l’hôpital Pasteur, le conseil d’administration du comité de défense des Hôpitaux publics de Dole a décidé de lancer une pétition pour le maintien de la chirurgie conventionnelle à l’hôpital de Dole.Cette pétition est disponible sur internet, sur le site de change.org :https://www.change.org/p/mme-buzyn-pour-le-maintien-de-la-chirurgie-conventionnelle-%C3%A0-l-h%C3%B4pital-pasteur-de-dole-jura
Nous vous incitons à la signer, à la diffuser, et à lui donner ainsi un écho très large à la hauteur des enjeux.
Compte-rendu de la mission d’information d’Ensemble! en Algérie
Une soirée réussieCompte-rendu de la mission d’information d’Ensemble! en AlgérieNos camarades Danielle Carasco (Lyon) et Jacques Fontaine (Bourg-en-Bresse), qui ont fait partie de la délégation d’Ensemble! envoyée en mission en Algérie (à Alger et Béjaia) pour nouer des contacts avec les acteurs du hirak (mouvement) étaient dans nos murs le 13 février. Une quarantaine de camarades et amis emplissaient à 18h la salle Bidault (Kursaal) pour prendre connaissance de leurs témoignages et échanger avec eux.Danielle centra son exposé sur le mouvement en général. Sa description enthousiaste de la mobilisation massive qui descend vers les rues du centre-ville chaque vendredi était accompagnée de photos très éclairantes qui illustraient les propos de notre camarade. Elle dit aussi son admiration devant l’inventivité dont témoigne ce mouvement et mit enfin et surtout l’accent, avec beaucoup d’émotion, sur la présence et le rôle des femmes (le carré femmes).Ce fut le tour de Jacques. Il lui revenait de situer le hirak dans son contexte historique, à la fois lointain et proche. Lointain parce qu’en fait tout remonte à la guerre d’indépendance. En effet, tandis que le congrès de la Soummam (août 1956) avait établi la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et celle du politique sur le militaire, les circonstances avaient ruiné ces décisions. D’où, après la proclamation de l’indépendance, une guerre civile qui opposa une partie de la résistance intérieure à l’armée des frontières et vit cette dernière s’imposer. Ce fut le début d’une domination sans partage des militaires. Une confiscation du pouvoir par une « mafia » que les Algériens nomment « le Système ».Jacques en fait l’historique depuis la guerre d’indépendance. De Ben Bella (1963-1965) à Boumediene (1965-1978), de Bendjedid (1979-1988), puis Zeroual (1994-1999) à Bouteflika (1999-2019) et l’élection de Tebboune, sans oublier la décennie noire (« les années de plomb ») (1991-2002) de la guerre civile contre les islamistes il décrit les mutations, mais in fine la permanence du « système». Il insiste enfin sur la singularité du hirak, mouvement résolument non violent dans un pays qui a été, de la colonisation à la guerre civile algérienne, sans cesse en butte à la violence.Au fond ce que réclame le peuple algérien – il le dit lors des manifestations de chaque vendredi – c’est « une nouvelle indépendance ». Non plus à l’égard du colonisateur mais une indépendance à conquérir contre ceux qui ont confisqué le pouvoir depuis plus d’un demi-siècle. Voilà ce qui ressortait des propos de nos camarades. Ils suscitèrent un dialogue nourri avec une salle dans laquelle témoins algériens et Français informés et proches de l’Algérie intervinrent avec à la fois passion et justesse.
Le journal « La casse de l’oncle Atome
Le journal « La casse de l’oncle Atome
L’association Stop Nucléaire Besançon (stopnuke25@gmail.com) nous a fait parvenir le dernier numéro de son journal d’information « La casse de l’oncle Atome » en lien sur sa page Facebook :
Retraites : «Le nouveau système sera plus redistributif». Le point de vue d’une députée LREM
Pour la députée LREM Catherine Fabre, la réforme sera plus juste pour les femmes, aux pensions souvent plus basses.
Catherine Fabre est députée LREM de la 2e circonscription de Gironde.
Pourquoi, selon vous, les femmes seront gagnantes dans le système proposé par le gouvernement ?
Les femmes seront gagnantes parce que le nouveau système des retraites sera beaucoup plus redistributif en faveur des basses pensions. Et l’on sait que les personnes qui ont des carrières hachées et des pensions faibles sont souvent des femmes. 20 % d’entre elles doivent attendre 67 ans pour liquider leur retraite et avoir un taux plein. Nous travaillons à réparer ces inégalités. Dans le projet de loi, la nouvelle redistribution prévoit que 25 % de celles et ceux qui ont les pensions les plus faibles verront leur retraite augmenter de 30 %. Tous les efforts que l’on fait également pour que les points de début de carrière valent autant que ceux de fin de carrière vont profiter aux femmes. Le projet de loi prévoit aussi des majorations des pensions à partir du premier enfant, car on considère que cela peut peser sur la carrière. Ainsi qu’une augmentation de 5 % par enfant et, par défaut, ce droit va de fait aux femmes, sauf si on demande l’inverse. Jusqu’à présent ce n’était pas prévu dans la loi. Et on va même plus loin car les députés travaillent pour aller vers un plancher minimum sur ces 5 %. Pour les pensions les plus faibles, les premier et deuxième déciles, ces 5 % seront donc rehaussés. On pousse aussi pour que les parents isolés voient leurs droits augmenter. On a vraiment cherché à aider l’ensemble des femmes.
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Vous dites qu’elles auront de meilleures pensions, mais elles ne pourront plus bénéficier de trimestres pour partir plus tôt. Or, aujourd’hui, en plus d’avoir des pensions plus basses que les hommes, elles partent aussi plus tard…
Ces trimestres, c’est du temps qui permet de valider le fait d’avoir un taux plein ou pas. Mais il y a plein de femmes qui ont leur taux plein sans avoir besoin de ces trimestres. Et à l’inverse, il y en a qui doivent attendre 67 ans. Il y a plusieurs cas de figure. Demain, si vous êtes une femme avec un enfant, dans le nouveau système, vous obtenez une majoration de 5 %. Le fait d’avoir un enfant rapporte de l’argent pour 100 % des femmes. Le système des trimestres, lui, ne rapportait pas d’argent mais aidait les femmes à acquérir leur taux plein. Pour un certain nombre, ce n’était pas utile et ça ne donnait pas de supplément d’argent. Dans le nouveau système, ce supplément, si vous voulez le troquer contre du temps, vous pouvez. Le système est beaucoup plus libre.
Quelles propositions feriez-vous pour réduire les inégalités de salaire et de carrière, et celles entre femmes et hommes à la retraite ?
On a déjà l’index de l’égalité qui a été mis en place par Muriel Pénicaud et que je trouve très bien. L’idée, c’est de dire qu’au-delà du principe, il faut des actes. Aujourd’hui, on mesure les inégalités dans les entreprises. Et à partir d’une certaine date, si elles n’ont pas corrigé les écarts de salaires, elles seront sanctionnées. Il y a une volonté forte du gouvernement de combler ces inégalités. A l’avenir, on peut aussi agir sur les stéréotypes de métiers ou encore développer le soutien au niveau des crèches.
Retraites : «Cette réforme n’était pas nécessaire». Point de vue d’une sénatrice PS
Selon la sénatrice PS Laurence Rossignol, les femmes seront pénalisées par le projet de l’exécutif.
Laurence Rossignol est sénatrice PS de l’Oise et ex-ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.
Pourquoi, selon vous, les femmes seront perdantes dans le futur système de retraites ?
Quand le gouvernement dit «les femmes grandes gagnantes de la réforme», c’est quand même à la limite de la fake news. Mais c’est assez conforme à ce que fait ce gouvernement : il vend ce qu’il n’y a pas. Ce qui compose la retraite des femmes, c’est d’une part le produit des carrières, et d’autre part les droits familiaux sans lesquels les pensions des femmes seraient encore plus faibles. Puisque c’est une réforme comptable et que les droits familiaux coûtent cher, ils ont été identifiés comme un poste de dépenses à réduire. Or ces droits sont indispensables à la retraite des femmes : en 2040, elles arriveront en retraite avec – 20 % d’écart salarial. Prenons un autre exemple : la pension de 1 000 euros garantie. Ça aussi, c’est comme un contrat d’assurance, il faut lire les petites lignes. Car on constate que ce dispositif n’est prévu que pour les femmes à carrière complète. Et on sait que les carrières des femmes sont souvent hachées.
Des majorations dès le premier enfant, des «points» accordés durant les congés maternité… N’est-ce pas tout de même une manière d’aider les femmes ?
Non, pas si vous regardez dans le détail. Le gouvernement dit que dès le premier enfant, on obtient 5 % supplémentaires et on choisit sur quelle pension ils sont affectés. Mais en l’état des écarts entre les pensions des hommes et des femmes, il est évident qu’ils vont affecter ces 5 % sur la plus grosse des pensions, le plus souvent celle de l’homme. Et ce malgré tout ce que peut dire l’étude d’impact, selon laquelle dans 90 % des cas la femme prendra les 5 %. Au moment d’arriver à la retraite, les gens comptent, et 30 euros en plus ou en moins, ça peut jouer. Dans le système actuel, un enfant rapporte des trimestres qui sont versés directement aux mères. Demain, selon le calcul, ce sera à celui du couple qui sera choisi. On donne en option quelque chose qui est à l’heure actuelle un droit propre donné aux femmes. Les droits des femmes sont donc réduits.
Quelles propositions feriez-vous pour réduire les inégalités de salaire et de carrière entre femmes et hommes à la retraite ?
Toutes les avancées qui pourraient être mises en avant ne compensent pas l’allongement de la carrière. Les femmes ont des métiers à pénibilité peu reconnue. Les aides-soignantes partent par exemple à 57 ans aujourd’hui et ne pourront plus partir à la retraite à cet âge. Les femmes sont doublement pénalisées mais ne trouvent pas de compensation. Cette réforme n’était pas nécessaire, on pouvait améliorer l’existant. Je propose l’introduction de critères de pénibilité qui soient corrélés aux métiers peu qualifiés et féminins. On peut aussi mobiliser la solidarité nationale sur les minimums de pension, sur la prise en compte des carrières hachées, et augmenter les minimums contributifs. Dans la réforme, le mode de calcul proposé pour la pension de réversion (deux tiers du montant total des revenus du couple) est en revanche une solution intéressante.
Réforme des retraites : Les femmes gagnantes ou perdantes (info FSU)
Le projet de loi sur la réforme des retraites arrive ce lundi à l’Assemblée. Si la majorité assure que les femmes seront «gagnantes», l’opposition estime, elle, qu’elles seront pénalisées par le nouveau système.
Elles sont rares, les batailles politiques où partisans et opposants ont des lectures aussi différentes d’un texte de loi. Quel sera le sort des femmes dans la refonte des régimes actuels de retraite en un système universel par points ? Le projet de loi sur la réforme des retraites sera examiné à partir de cet après-midi à l’Assemblée. Et les avis restent diamétralement opposés. «Les femmes sont les vraies gagnantes !» assurent les ministres et les députés LREM. «Les femmes seront les grandes perdantes !» rétorquent au contraire les députés socialistes, communistes et insoumis, avec tous les manifestants qui défilent depuis début décembre contre le futur système. Selon eux, ce dernier va pénaliser les plus faibles, à commencer par les femmes.
Le sujet est tellement sensible pour le gouvernement que vendredi, au ministère des Solidarités, il a mis en scène «une séance de travail» organisée par quatre ministres avec des députés de la majorité pour réaffirmer que les «mesures pour la retraite des femmes» sont «une priorité». Les deux camps s’accordent au moins sur un constat : en l’état actuel des choses, les retraites des femmes sont bien inférieures à celles des hommes, et ces dernières partent souvent plus tard. Selon un récent rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les femmes percevaient, en 2017, une retraite «de droit direct» inférieure de 42 % en moyenne à celle des hommes. C’est, certes, huit points de mieux qu’en 2004, mais l’écart est considérable. Quand un homme touchait en moyenne 1 798 euros brut par mois, une femme avait droit, elle, à 1 356 euros.
A l’article 1 de son projet de loi, le gouvernement promet d’assigner au futur système universel «un objectif de solidarité […] notamment par la résorption des écarts de retraites entre les femmes et les hommes». Dans son étude d’impact, l’exécutif estime que les pensions des femmes, pour la génération 1980-1990, augmenteraient de 6 à 13 % avec les nouvelles règles. Les opposants et opposantes alertent au contraire sur un «miroir grossissant des inégalités salariales». Remise à plat des différents arguments de chaque camp.
Le calcul des points sur toute la carrière
Aujourd’hui, pour calculer une pension, on retient les vingt-cinq meilleures années pour un salarié du privé et les six derniers mois de traitement pour un fonctionnaire. Demain, pour les actifs concernés par le futur système universel (soit les générations nées à partir de 1975), chaque euro cotisé générera des «points» lorsqu’ils commenceront à cotiser selon les nouvelles règles dès 2025.
Ce qu’en disent les opposants. Avec la prise en compte désormais des bonnes mais aussi des mauvaises années, cette nouvelle règle pénalisera mécaniquement les actifs aux carrières hachées et incomplètes. Donc majoritairement les femmes. «Dès lors qu’elles sont les grands bataillons des chômeurs, des travailleurs à temps partiel […] des carrières qui sont interrompues en raison des enfants, je ne vois pas comment elles peuvent se sortir de ce régime à points», a défendu en commission spéciale la députée (LFI) de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain.
Ce que répondent les partisans. Ils s’appuient sur plusieurs études qui ont démontré, de façon contre-intuitive, qu’un régime universel à points, à condition de garder la même enveloppe de dépenses consacrées aux retraites (13 à 14 % du PIB) et en indexant les futurs points non plus sur l’inflation mais sur les salaires, aurait un «effet redistributif» vers les plus précaires. Donc en majorité des femmes. Une note de l’Institut des politiques publiques (IPP) publiée en juin 2019 soulignait que cette règle des vingt-cinq meilleures années «avantage relativement plus les carrières ascendantes par rapport aux carrières moins dynamiques». Et que pour une personne qui aura eu une «carrière heurtée», on ira chercher, pour constituer la future pension, «des cotisations versées en début de carrière» donc «comptabilisées à un niveau plus faible» car indexées sur l’inflation et non les salaires. Reste à savoir si l’indicateur finalement choisi (revenu d’activité moyen par tête) sera vraiment dynamique… Par ailleurs, le gouvernement insiste sur un autre changement qui favorisera les plus précaires : «Chaque rémunération fera l’objet de cotisations qui permettront d’acquérir des points, quelle que soit la rémunération, y compris lorsqu’elle est inférieure à celle exigée aujourd’hui pour valider un trimestre (150 heures smic), est-il rappelé dans l’étude d’impact du projet de loi. Le nouveau système sera plus favorable que le système actuel pour les rémunérations les plus faibles et pour les femmes plus nombreuses dans ces situations.» Enfin, il s’engage à ce qu’un «assuré durablement à temps partiel, par exemple à 80 % du smic toute sa carrière», perçoive un «minimum de pension « complet » lors de son départ à la retraite».
L’âge d’équilibre
Dans le futur système (et même dès 2022 en fonction de ce que décideront les partenaires sociaux), il faudra travailler jusqu’à une certaine borne (64, 65 ans ou plus) pour avoir sa retraite à taux plein. En choisissant de partir avant, on subit une décote de 5 % par an. Si on part après, on a droit à un bonus de 5 %. Aujourd’hui, les générations concernées par le système universel sont censées cotiser 172 trimestres pour obtenir le taux plein ou bien, s’ils ne les ont pas, aller jusqu’à 67 ans pour ne pas subir de décote sur leurs pensions.
Ce qu’en disent les partisans. Que beaucoup de femmes n’auront plus, justement, à attendre 67 ans pour liquider leur pension. Selon l’étude d’impact du gouvernement, «28 % des femmes avanceraient leur départ» dans le futur régime. «Il s’agit pour l’essentiel de femmes aux carrières incomplètes, contraintes dans le système actuel d’attendre l’âge d’annulation de la décote pour prétendre à une pension à taux plein et donc au minimum de pension», peut-on lire. Et «parmi celles qui avancent leur départ à la retraite, plus des deux tiers bénéficieraient d’une augmentation significative de leur pension (supérieure à 5 %).» En revanche, selon le même document, «25 % des femmes différeraient leur départ à la retraite», d’environ six mois en moyenne pour la génération 1990. «Pour les femmes concernées, la pension après réforme serait en conséquence plus élevée que dans le système actuel», précise le gouvernement.
Ce que répondent les opposants. Que ces projections ne tiennent pas… Car l’imposante étude d’impact du gouvernement se base sur un âge d’équilibre fixé à… 65 ans. Or, puisque le système devra rester équilibré et qu’il n’est pas question de toucher aux taux de cotisation ou au niveau des pensions, il risque d’évoluer en fonction de l’espérance de vie et d’être fixé, comme l’a calculé Libération, à 66 ans pour la génération 1987, ou encore 67 ans pour la génération 1999. Par ailleurs, ces mêmes opposants pointent aussi les perdantes : ces femmes, sans grande qualification qui ont commencé à travailler à 20 ans, auront tout fait pour ne pas se retrouver au chômage et qui, alors qu’elles auraient pu partir à 62 ou 63 ans, devront attendre 64 voire 67 ans pour partir avec un taux plein.
Les droits familiaux
Pour les femmes, faire des enfants handicape souvent une carrière et donc la future pension de retraite. Aujourd’hui, une naissance offre, pour une salariée du privé, huit trimestres de cotisation (quatre au titre de la maternité et quatre au titre de l’éducation que les parents peuvent désormais se partager). Dans le public, c’est la moitié. Et à partir de trois enfants, la pension est majorée de 10 % pour chaque parent. Demain, le nouveau système prévoit l’obtention de points pour le congé maternité ou un congé parental. Mais aussi une majoration de pension pour chaque enfant, dès la première naissance et avec un petit bonus quand on arrive à trois : 5 % pour le premier, 10 % pour le deuxième, 17 % pour le troisième, 22 % pour le quatrième.
Ce qu’en disent les opposants. Que la première naissance majore la future retraite, très bien. Mais en permettant la répartition de ces bonus au sein du couple, le risque est grand de voir les plus grosses pensions en bénéficier… donc les hommes. Pour éviter cela, le gouvernement propose d’accorder d’office 2,5 % aux femmes au titre de la maternité. Les députés de l’opposition critiquent aussi la disparition des trimestres accordés. Car ces derniers permettaient aux femmes de rattraper (un peu) les hommes. Ces majorations de durée d’assurance leur permettent aujourd’hui d’atteindre leur taux plein plus vite et donc de pouvoir partir plus tôt. Demain, il y aura certes des points maternité qui garantiraient une meilleure pension, mais il faudra atteindre l’âge d’équilibre pour ne pas être pénalisée. Enfin, les parents de trois enfants pourraient aussi y perdre : là où, aujourd’hui, ils ont 10 % chacun, demain ce sera 17 % à se répartir au sein du couple.
Ce que répondent les partisans. Le haut-commissariat chargé de la réforme des retraites fait remarquer qu’actuellement ce bonus de 10 % dès le troisième enfant bénéficie «davantage aux hommes qu’aux femmes, ce qui accentue ainsi les inégalités entre les deux sexes». Par ailleurs, selon l’étude d’impact, revaloriser les pensions dès la première naissance aidera les familles monoparentales. La majorité répète qu’en cas de désaccord dans le couple, ces bonus seront accordés automatiquement à la mère, que les familles nombreuses «ne seront pas pour autant défavorisées» puisque pour 5 enfants, par exemple, le coup de pouce sera de 25 %. Enfin, les couples à cheval sur l’ancien et le nouveau système cumuleront des avantages dans les deux systèmes : trimestres accordés dans l’ancien et 5 % par enfant dans le futur. Bingo.
Les pensions de réversion
Ce terrain était le plus miné. Le gouvernement a été accusé de vouloir supprimer ces pensions qui permettent aux veuves de profiter d’une partie de la retraite de leur mari décédé. Car dans le total des retraites versées aux femmes, les pensions de réversion représentent au total près de 20 %.
Ce qu’en disent les partisans. Ils y voient la preuve des bienfaits du nouveau système universel. Demain, les règles en matière de réversion seront «les mêmes pour tous». Dans son étude d’impact, le gouvernement explique ainsi que «les règles […] doivent être harmonisées afin que l’accès à cette garantie et son montant ne dépendent plus du statut du conjoint». Désormais, il s’agira de maintenir «un niveau de vie constant pour la personne veuve», en conservant 70 % des droits à retraite dont bénéficiait le couple avant le décès. La pension, accessible à partir de 55 ans, sera versée sans condition de ressources. «Le nouveau système opère une redistribution favorable vers les veufs et les veuves dont la part des retraites au sein du foyer est faible, notamment les femmes», estime l’étude d’impact.
Ce que répondent les opposants. Jusqu’à présent, ils pointaient le fait que les femmes devraient attendre 62 ou 64 ans pour toucher cette pension de réversion. Le gouvernement ayant finalement maintenu l’âge d’accès à 55 ans, on les entend moins sur cette question. En revanche, ils s’inquiètent des couples divorcés. Pour l’instant, le projet de loi renvoie le sujet à une future ordonnance. Dans son rapport, Delevoye prévoyait un solde de tout compte au moment du divorce. Est-ce à comprendre que l’homme offrirait une partie de ses points à sa femme ? Qu’il devra régler une somme correspondant à une partie de sa future retraite ? Compliqué… On peut craindre qu’au moment de la séparation, la femme ne soit pénalisée. Surtout si elle n’a pas les moyens de se payer un bon avocat. Là-dessus au moins, partisans et opposants devraient être d’accord.
Jeudi 20 Février, 18h00: Rassemblement devant le Rectorat
Rassemblement devant le Rectorat Jeudi 20 Février, 18 h, rue de la Convention, Besançon.
Organisé par la FSU
Le recteur reçoit en audience l’intersyndicale qui demande l’arrêt de la procédure disciplinaire à l’encontre de Noël Bucher, professeur au lycée Duhamel de Dole, mis à pied pour participation à une action militante.
