Mardi 21 Janvier: Rassemblement devant le rectorat de Besançon

Initiatives pour le retrait de la contre-réforme des retraites
Organisé par l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, avec la participation des Gilets Jaunes

– Rassemblement devant le rectorat de Besançon
Mardi 21 Janvier, 8h30, 10 rue de la convention (Porte noire) Besançon
à l’occasion du comité technique académique. Pour dénoncer la réforme des retraites à points, la réforme du bac et les suppressions de postesdans l’académie. Appel à l’ensemble des enseignants, lycéens et la population à soutenir cette action.

blocage des lycées

Action en commun élèves enseignants, opération de blocage

acte 1 : le lycée Jules Haag

Rendez-vous en masse ce vendredi 10 décembre à 7h15 devant ce lycée pour dire non :

– à la réforme des retraites

 – aux E3C (épreuves de janvier du nouveau bac aujourd’hui toujours pas cadrées par le ministère)

– au mépris envers les élèves, leur famille et les personnels de l’éducation nationale.

Toutes et tous ensemble contre ces réformes !À l’appel de l’UNL, Sud-Éducation, CGT Éducation, FSU et FO

En Franche-Comté, «je t’aime moi non plus» entre «gilets jaunes» et syndicats

 PAR GUILLAUME CLERC (FACTUEL.INFO)

Après les déchirements des débuts, la lutte contre la réforme des retraites sonne maintenant l’heure du rapprochement. Très marquée à Belfort, la convergence est encore timide à Besançon et presque inexistante à Vesoul. Malgré les divergences, « gilets jaunes » et syndicalistes savent la nécessité d’unir leurs forces

Samedi 7 décembre, sur une bretelle du rond-point du Leclerc à Andelnans, dans la périphérie sud de Belfort, c’est une première. Plusieurs groupes de « gilets jaunes » du coin ont convié les syndicalistes à se joindre à eux ce matin. Cet « appel à la convergence des luttes » a été relayé au micro par l’intersyndicale, pendant la manifestation du 5 décembre.

Deux jours après, le jaune domine largement autour du feu de palettes qui brûle au milieu de la zone commerciale. Et s’il n’y a que cinq ou six chasubles rouges de la CGT, plus un de la FSU, sur la cinquantaine de personnes présentes, le symbole reste fort.

« Je suis là pour la continuité du mouvement des gilets jaunes que j’ai suivi depuis le départ et pour défendre les retraites et la Sécurité sociale. J’y allais avec mon pin’s CGT et ça s’est toujours bien passé. Il fallait que l’on converge », s’enthousiasme Damien Geoffroy, qui arbore aujourd’hui fièrement sa chasuble rouge CGT PSA.

« Au début, il n’était pas question de syndicats ou de partis. Je comprends bien, mais nous avons tous le même intérêt à défendre notre système de Sécurité sociale, lance l’ouvrier, qui s’était déjà risqué à distribuer quelques tracts sur les ronds-points. Sur Montbéliard, on a toujours accueilli les gilets jaunes et ils ont toujours été là avec nous. Et nous, ça fait longtemps que l’on demande une augmentation des salaires. »

Sur le rond-point d'Andelnans vers Belfort, les gilets jaunes ont invité les syndicats le 7 décembre, après avoir lancé un appel à « la convergence des luttes ». © Guillaume ClercSur le rond-point d’Andelnans vers Belfort, les gilets jaunes ont invité les syndicats le 7 décembre, après avoir lancé un appel à « la convergence des luttes ». © Guillaume Clerc

« J’ai déjà manifesté en gilet jaune le 17 novembre en famille. J’ai refait ensuite quatre ou cinq manifs », explique pour sa part Bruno Lemière, délégué CGT à l’HNFC, l’hôpital Nord-Franche-Comté. Son collègue et camarade Luc Kahl rebondit : « Je me sens à ma place ici. Je ne me pose plus de questions. L’idée de base de la CGT, c’est que les travailleurs interviennent directement dans la vie politique. Dans leur entreprise et après de manière plus large. »

Jacques Meyer, ancien responsable syndical FO à Alstom aujourd’hui à la retraite, n’a lui pas souhaité afficher la couleur de son syndicat, par pudeur. « Je considère les gilets jaunes comme le peuple en train de secouer le cocotier par en bas, y compris les syndicalistes qui ne faisaient plus que des actions symboliques, dit-il. Ils ont eu le mérite de remettre les choses à leur place. Et c’est la raison pour laquelle ils ont été calomniés et réprimés comme pas permis. Maintenant, les syndicats sont obligés de se mettre en phase avec le peuple. »

« Ils nous ont observés, on les a observés et il a fallu s’apprivoiser », se remémore Pascale, qui se présente comme la « manager » des gilets jaunes de Trévenans. Elle qui n’avait jamais manifesté avant le 17 novembre 2018 a depuis participé aux réunions intersyndicales et grandement contribué à l’invitation des syndicats aujourd’hui, malgré sa méfiance initiale.

« En janvier encore, il ne fallait pas me parler des syndicats. On les a repoussés parce qu’on ne voulait pas être avalés », explique-t-elle. Avant de changer : « On ne pouvait pas s’en passer. On a des choses à apprendre d’eux et eux de nous. Ils sont structurés et ont une expérience dans le militantisme que l’on n’a pas. Aujourd’hui, tout le monde prend conscience que nos intérêts sont communs. Il y a des réticences, mais on sait qu’on a pris la bonne décision. »

Depuis, des tractages réunissant syndicats et gilets jaunes ont eu lieu tous les samedis suivants sur le rond-point vers Belfort.

À Besançon, les choses sont loin d’être aussi simples. L’AG interprofessionnelle de lutte, ouverte à tous et qui s’est déclarée souveraine, a provoqué des débats houleux au sein de l’intersyndicale. FO et la CGT refusent de signer un communiqué appelant à s’y rendre après la manifestation du 10 décembre, contrairement à la FSU et à Solidaires.

Frédéric Vuillaume, syndiqué à FO et en tête de toutes les manifestations gilets jaunes de Besançon, veut faire le pont. « Les gilets jaunes sont précurseurs, c’est grâce à eux qu’il y a tout ça. Il faut arrêter de diviser les luttes », dit-il. Sa tirade est applaudie à l’AG du 9 décembre.

« C’est déplorable que l’on soit 8 000 à Besançon le jeudi et 500 le samedi, continue-t-il. On est en grève reconductible. Si on veut un rapport de force, il faut se sortir les doigts du cul. Oui ça fait chier d’aller le samedi, il ne fait pas toujours beau, mais c’est hyper important d’avoir une jonction entre le jeudi et le samedi. »

Opération péage gratuit conjointe le 12 décembre entre l'intersyndicale et les gilets jaunes à Besançon. © Guillaume ClercOpération péage gratuit conjointe le 12 décembre entre l’intersyndicale et les gilets jaunes à Besançon. © Guillaume Clerc

Le lendemain, 10 décembre, à la fin de la manifestation, des centaines de personnes entonnent le célèbre chant des gilets jaunes (« On est là, on est là… »), au rythme des musiciens du camion SUD, qui emmènera plus tard les manifestants à l’AG devant la faculté de lettres.

José Aviles, secrétaire départemental de la CGT, chante lui aussi le refrain au mégaphone, mais il est un peu plus loin et un peu seul. « Il y a une unité de la lutte dans les manifs, tout ce mélange est incroyable, admet-il. Mais regrouper tout ça, c’est compliqué. » Il justifie ses réticences vis-à-vis de cette AG, tout en rappelant que les syndiqués peuvent y aller à titre individuel : « On ne peut pas prendre la parole pour la CGT dans une AG ou engager le syndicat si on n’a pas décidé avant dans notre propre cadre. Nous avons un fonctionnement différent qu’il faut respecter, sinon il n’y a plus de légitimité. »

Ces relations compliquées n’empêchent pas des opérations communes, comme des opérations péages gratuits. « Ce sont eux qui ne voulaient pas de nous au début », rappelle Rachel Messousse, secrétaire générale de FO en Franche-Comté, ce 12 décembre sur l’entrée d’autoroute à Valentin. Elle aussi tient à conserver quelque distance vis-à-vis des gilets jaunes.

« Nous, on appelle aux AG dans les entreprises, là où le salarié produit la richesse et là où c’est important de généraliser la grève. Ils ont des revendications salariales légitimes, on ne va pas dire le contraire, mais on préfère rester sur un champ syndical. On va déjà commencer par les revendications communes, comme le retrait de la retraite par points, et on verra après pour le reste. »

« Les gilets jaunes découvrent la lutte, nous ça fait plus d’un siècle. Les niveaux politiques sont très divers et, pour une majorité, c’était leur première expérience de la rue », justifie aussi une retraitée CGT, qui a toutefois observé des changements : « La lutte fait évoluer les consciences, c’est pour ça qu’on ne peut pas les rejeter. Et si nous n’allons pas à leur contact, on ne pourra pas évoluer. »

« C’est un peu comme les nouveaux syndiqués, on ne leur demande pas d’avoir une conscience politique dès le premier jour », ajoute son compagnon, qui dresse un rapide comparatif sociologique : « Ce sont des salariés, peut-être encore plus précaires que ceux de la CGT. Nous sommes plutôt urbains, eux sont plus en campagne, en intérim, chez les sous-traitants. Nous avons perdu ces gens-là, on n’a plus de contacts. Cela explique pourquoi nous n’avions pas tout à fait les mêmes revendications. Ils s’en prenaient plus au gouvernement qu’au patronat, car il y a aussi des petits patrons avec eux. »

« Il ne peut pas y avoir de rapprochement tant qu’ils ne respectent pas les règles »

Place de la Révolution, à Besançon, où l’intersyndicale appelle à un rassemblement le samedi 14 décembre à 14 heures, l’heure et le lieu où les gilets jaunes se donnent rendez-vous depuis plus d’un an, on échange sur le nombre de camions de CRS, on discute des agios pour 69 euros de découvert, du prochain krach boursier et de l’investissement dans l’or.

Pour ce groupe de gilets jaunes, les syndicats ne sont pas encore les bienvenus. On entend encore beaucoup de défiance : « Ils ne mènent pas le même combat que nous, ils ne sortent que quand ils sont appelés » ; « Ils ont trop de lignes de conduite et se font dicter leurs parcours par la police » « C’est à eux de montrer les preuves qu’ils nous soutiennent »

Pour plusieurs raisons, l’un d’entre eux souhaite toutefois se syndiquer. « Je me fais démonter depuis qu’ils m’ont vu sur France 3, explique-t-il. Il n’y a aucun syndiqué dans ma boîte. On a affaire à des actionnaires et on n’a pas eu d’augmentations depuis dix ans. Sur 90 personnes, je suis le seul à gueuler ou à refuser de bosser 15 jours d’affilée. Ils n’ont pas le droit, mais tu es saqué sinon. »

Il explique ne pas avoir « peur de perdre [s]on boulot » et veut se syndiquer, « pas que pour [s]e protéger, mais aussi pour connaître les lois ».

Sur la place, il n’y a pas de camions de syndicats ni de sono. « Regarde la gueule de l’intersyndicale », lance un gilet jaune. « On voit quand même des nouvelles têtes. On se connaît tous ici et je vois au moins un quart de têtes que je ne connais pas », tempère un autre.

Ce jour-là, le soutien syndical est tout de même resté bien timide. Il y a quelques drapeaux du SNUipp, de la FSU, de SUD-Retraités, moins d’une dizaine de chasubles FO, et la CGT, qui est presque invisible, est pourtant bien présente. Au micro, une seule prise de parole syndicale (une représentante du SNUipp).

Frédéric Vuillaume, l'un des chefs de file des gilets jaunes bisontins, porte samedi 14 décembre sa chasuble FO, le syndicat dont il est membre, dans la manifestation des gilets jaunes qui a débuté après le rassemblement appelé par l'intersyndicale. © Guillaume ClercFrédéric Vuillaume, l’un des chefs de file des gilets jaunes bisontins, porte samedi 14 décembre sa chasuble FO, le syndicat dont il est membre, dans la manifestation des gilets jaunes qui a débuté après le rassemblement appelé par l’intersyndicale. © Guillaume Clerc

« Je suis étonné que ça ne matche pas encore », se désespère un militant SUD-Retraités. « Au début, ils refusaient que le mouvement soit récupéré par les syndicats, mais il y avait beaucoup de syndiqués dans les gilets jaunes, dit-il. Au bout d’un moment, les ronds-points se sont radicalisés à gauche et se sont engagés dans une critique globale du système. Il n’était pas question de climat au début, mais maintenant beaucoup y sont sensibles. » « Ni optimiste ni pessimiste », il a « quand même l’impression que ça converge ».

Sur le parvis de la gare Viotte à Besançon, mardi 17 décembre, au début d’une autre grande manifestation, une militante CGT finit par se lasser. « Les gilets jaunes ne savent faire que chanter et tourner en rond jusqu’à 18 h 30, et après ils rentrent chez eux. » Elle n’a pas encore tout à fait digéré la méfiance vis-à-vis des syndicats mais se dit « gilet jaune et gilet rouge quoi qu’il arrive », espérant que la suite de la mobilisation sera « constructive ».

Au moment de la dispersion, et non loin du face-à-face entre manifestants et gendarmes mobiles, des douaniers encartés à Solidaires regrettent de ne pas avoir su créer plus tôt des ponts avec « un mouvement de colère fiscale qui part du peuple », alors qu’eux-mêmes ont « mené une réflexion sur la fiscalité et la fraude fiscale ».

« Le mouvement des gilets jaunes repolitise les gens, insistent-ils. Certains ont revisionné le film La Sociale et redécouvrent l’histoire de la Sécurité sociale qu’ils avaient oubliée. »

À Vesoul, en revanche, on est loin d’un début d’embryon d’union. Le 20 décembre sur le rond-point, chacun reste de son côté et peine à se mélanger.

« Ce n’est pas notre culture, ce sont des électrons libres, ils ne déclarent rien. Nous on organise un service d’ordre et eux font leurs trucs un peu anarchiquement », dit un cégétiste qui travaille dans le médico-social, tout de même satisfait de voir les gilets jaunes converger sur la question des retraites. Les syndicalistes ne savent même pas à qui s’adresser pour parlementer auprès des gilets jaunes qui, eux, ne veulent pas désigner de représentants.

« En Haute-Saône, il n’y a aucune intersyndicale commune avec les gilets jaunes. Ils sont acceptés dans les manifs, mais souvent ils les plombent et nous la font à l’envers, affirme Annick Didier, secrétaire générale de l’Union départementale 70. On n’a pas aimé quand ils ont voulu partir en tête de cortège et il y a même eu une agression lors de la manif du 5 décembre. Ils ne voulaient pas respecter la fin du blocage et ont commencé à sortir un automobiliste qui voulait passer. Une militante a pris un coup de poing dans les seins et je me suis fait traiter de salope, de connasse, de syndicaliste de merde. »

Et même si « ça se passe relativement bien dans l’ensemble », elle reste catégorique : « Il ne peut pas y avoir de rapprochement tant qu’ils ne respectent pas les règles. »

« Ce ne sont pas les gilets jaunes qui vont voir le directeur quand il y a un problème dans l’entreprise, mais nous, les syndicalistes », appuie de son côté Sébastien Galmiche, le responsable départemental de FO.

Il relativise toutefois le malaise : « Les revendications sont quasiment les mêmes que celles des syndicats depuis 20 ans. Ils ont toujours rejoint nos actions, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi il n’y a pas un plus gros rapprochement. Ils nous ont reproché de ne pas tenir le mouvement sur la semaine, mais on est salariés, on perd de l’argent. Eux, ils tiennent parce qu’il y a beaucoup de retraités et de personnes sans emploi, même s’il n’y a pas que ça. »

Le 20 décembre à Vesoul, l'intersyndicale avait appelé à un blocage de rond-point et à une petite manifestation. Malgré des relations plutôt très mauvaises ici, les gilets jaunes se sont joints à cette action mais ne se mélangent pas beaucoup avec les syndicalistes. © Guillaume ClercLe 20 décembre à Vesoul, l’intersyndicale avait appelé à un blocage de rond-point et à une petite manifestation. Malgré des relations plutôt très mauvaises ici, les gilets jaunes se sont joints à cette action mais ne se mélangent pas beaucoup avec les syndicalistes. © Guillaume Clerc

Sur le rond-point de la Vaugine, à côté d’une banderole « Reprenons nos droits, stop à la dictature » qui barre une voie de circulation, les gilets jaunes regroupés revendiquent de ne pas déclarer leurs actions, pour « ne pas être convoqués par les gendarmes ». Ils sont venus depuis le rond-point qu’ils continuent d’occuper un peu plus loin.

Ils aimeraient bien avoir plus de relations avec les syndicats, mais constatent l’absence de communication. « On ne leur dit rien et ils ne nous disent rien. » Ils ne connaissent pas vraiment le programme du jour décidé par l’intersyndicale et autorisé par la préfecture, un blocage du rond-point et un départ en cortège.

La convergence est difficile, mais la « reine des batailles » menée contre la réforme des retraites, et qui semble partie pour durer, rend désormais possibles les conditions d’un rapprochement. Les gilets jaunes ont pour une large part pris conscience du fait que la question des cotisations sociales et de la répartition des richesses est plus porteuse qu’une révolte contre les taxes.Après un an de lutte, beaucoup ont vu comme « une bénédiction » le 5 décembre. « Ils viennent prendre le relais au bon moment », entend-on ainsi. Côté syndicats, après « la claque » reçue le 17 novembre 2018, tous constatent et admettent que l’opiniâtreté des gilets jaunes a gonflé les chiffres des dernières manifestations. Avec la pression de la base, il se pourrait bien que la convergence survienne enfin.

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Observatoire de la mobilisation contre la réforme des retraites Réalisé par Harris Interactive

4e Vague d’enquête – Mobilisation contre la réforme des retraitesVoir l’email dans votre navigateur

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Observatoire de la mobilisation contre la réforme des retraites
Réalisé par  Harris Interactive pour    RTL et AEF info



Paris, le 12 décembre 2019,



Quels sont les principaux enseignements ?
 Si la création d’un régime universel génère l’inquiétude de 63% des Français, celle-ci est moindre qu’il y a une semaine (-7 points) ; 
Au rang des acteurs, 42% des Français accordent leur confiance aux organisations syndicales (stable), alors que 35% regardent positivement le gouvernement (+5 points en 4 jours, + 10 en une semaine), 34% le Président de la République (+9 en une semaine) et 30% les organisations patronales (+1 en 4 jours) ; 
Sur 8 mesures emblématiques, 5 sont accueillies favorablement par au moins un Français sur deux: le principe de prise en compte du compte pénibilité (75% estiment qu’il s’agit d’une bonne chose), la garantie de retraite d’au moins 1 000€ par mois (67%), la mise en place d’un système de retraites universel mettant fin aux régimes spéciaux (54%), la création d’exceptions (50%) et encore le maintien du système par répartition (49%). Les jugements sont mesurés concernant l’entrée en vigueur de ce nouveau système après 2025 pour les personnes nées à partir de 1975 (38% des Français considèrent qu’il s’agit d’une bonne chose, 37% d’une mauvaise), la gestion paritaire (respectivement 35% et 36%). Reste un point de tension : 47% des Français sont, quelques heures après l’annonce, critiques à l’égard de l’âge d’équilibre à 64 ans, 34% pensant qu’il s’agit d’une bonne chose ; 
Pour autant, le nouveau système de retraites n’apparait ni juste (45% le qualifiant de la sorte), ni garantissant l’avenir du système de retraites (44%), ni même aisément compréhensible (43%) aux yeux d’une majorité de Français ; 
Aucune catégorie de population n’apparait comme « gagnante » de la réforme. Ni les travailleurs indépendants (bonne chose pour eux aux yeux de 40% des personnes interrogées), ni la société française dans son ensemble (39% bonne chose), ni les salariés d’entreprises privées (35%) ou publiques (29%), nia fortiori, les fonctionnaires (25%) ; 
Indépendamment du jugement sur la réforme, comment réagissent les Français à l’égard de la mobilisation ? Le soutien est majoritaire mais baisse et même assez nettement (9 points de moins) : 59% des Français indiquent soutenir le mouvement
Notons que l’électorat présidentiel d’Emmanuel Macron adopte, plus que par le passé, des attitudes positives à l’égard de la réforme. Notons, surtout, que l’électorat de François Fillon se positionne de plus en plus en faveur de la réforme et de ses acteurs. Et qu’il s’agit d’une évolution notable. 
Après l’intervention d’Edouard Philippe, on relève ainsi la baisse notable du soutien à l’égard de la mobilisation de la part des électeurs d’Emmanuel Macron (33% de soutien, -8 points) mais surtout de François Fillon (31%, -22). Générationnellement, ce sont surtout les personnes âgées de 55 ans et plus qui voient leur opinion nettement évoluer: 46% se déclarent en soutien. Ils étaient 16 points de plus en fin de semaine dernière. 
Sur le fond du projet, notons qu’en début de mouvement seuls 37% des électeurs de François Fillon indiquaient être confiants lorsqu’ils y pensaient. Aujourd’hui 55% pensent de la sorte. Et même lorsqu’on interroge sur le personnel politique, le gouvernement – porté par Edouard Philippe – bénéficie d’un regard plus positif chez les électeurs de François Fillon: 36% lui accordaient leur confiance le 4 décembre dernier. Ils sont 48% aujourd’hui. Ces mêmes électeurs estiment pour plus d’un sur deux cette réforme juste (65%), facilement compréhensible (54%) et surtout susceptible de garantir l’avenir du système (60%). 
Enfin, observons que la structuration du jugement semble ne pas être liée à la gêne occasionnée par la grève dans les transports en commun. 62% des utilisateurs quotidiens se déclarent en effet en soutien.

le 11 décembre: Pourquoi la Palestine ?

Conférence/interview d’Elias SANBAR par Edwy PLENELMercredi 11 décembre 2019, 20h, CDN, avenue Edouard Droz, esplanade Jean Luc Lagarce, Besançon
Organisé par Palestine-Amitié
Le thème sera : Pourquoi la Palestine ?
Elias Sanbar est historien, essayiste et poète, ambassadeur de la Palestine auprès de l’UNESCO. Edwy Plenel est cofondateur et directeur de Mediapart.