La santé est notre affaire
Des dizaines de milliers de soignants et d’usagers ont manifesté ces dernières semaines prolongeant la mobilisation commune et solidaire de plus d’une année dans les hôpitaux et dans la population. Pour recevoir en urgence les moyens enlevés par des règles comptables au nom de politiques d’austérité , et reprendre la main sur leur métier en lien avec les patients.
Chacun·e a pu mesurer les effets destructeurs des réductions drastiques d’effectifs soignants et de lits de réanimation, dont la conséquence a été l’épuisement des personnels, la dégradation des conditions d’accès aux soins et la disparition de moyens de prévention (masques, tests, gel hydro-alcoolique) de santé publique et le quasi-abandon des EHPAD et de la psychiatrie pendant le pic de l’épidémie.
Ce sont ces mêmes restructurations incessantes et leurs fermetures de services de proximité qui ont continué à s’appliquer et sont en perspective comme la fermeture planifiée de 15 lits dans le service de Soins de Suite et de Rééducation (SSR) au CHU de Besançon sur le site de l’Hôpital Saint Jacques.
Le « Ségur de la santé » ne débouche pas sur des mesures à la hauteur des enjeux (Voir ci dessous).
La mobilisation va se prolonger, notamment par le rassemblement de ce jour.
Les objectifs des soignants
• la revalorisation générale de 300 euros au minimum des salaires de tous les
personnels et reconnaissance des qualifications des professionnel·le·s.
• un plan de formation pluridisciplinaire et un plan recrutement de personnel.
• des moyens financiers significatifs pour les établissements, ce qui passe par une augmentation substantielle des budgets 2020 et 2021 et l’arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits.
• de réelles mesures qui garantissent l’accès, la proximité et l’égalité de la prise en charge pour la population sur tout le territoire.
• la protection des données de santé et le refus de leur diffusion à dessecteurs marchands qui porte atteinte aux libertés de confidentialité individuelles, comme le « traçage » actuel.
C’est à nous, usager.es et salarié.es de décider et de gérer.
La santé est notre affaire et ce dans tous les domaines : dans les hôpitaux, les EHPAD, les entreprises, les écoles, les transports… par une conception de la santé qui ne se réduise pas à l’absence de maladie mais permette à chacun·e d’agir sur son environnement, notamment par une politique de prévention et le développement de centres de santé publics de proximité. La perspective est la reconquête d’une sécurité sociale solidaire financée par les cotisations sociales, salaire socialisé étendu à une taxe sur les patrimoines, et répondant à des besoins définis en commun
Ségur de la santé, le combat continue !
Le Ségur de la santé était mal engagé : la fédération SUD Santé-Sociaux avait claqué la porte ; la négociation sur les rémunérations avec les médecins avait tourné court. Le 16 juin a vu une mobilisation d’ampleur des personnels et de la population en défense du service public hospitalier et pour les revendications. Des manifestations et des rassemblements dans plus de 250 villes. La colère n’est pas retombée. Dès le lendemain, le gouvernement, par la voix du ministre de la santé Olivier Véran, a annoncé qu’il mettait sur la table 7,5 milliards d’euros. « Totalement insuffisant » ont répondu syndicats et collectifs. Surtout que Véran a annoncé sans autre précision que cette somme concernerait les personnels hospitaliers, le médico-social, notamment les EHPAD, avec leurs 450 000 salariés, mais aussi le secteur privé ! Sur la gouvernance hospitalière, les restructurations en cours, les embauches, la réouverture de services et de lits : rien ou insuffisant ! Première leçon à en tirer : seul le rapport de force face à ce pouvoir désavoué aux municipales pourra imposer les revendications et mettre un coup d’arrêt à sa politique de recul social.
Deuxième leçon : il faut renforcer et développer le combat commun usagers – soignant·es.
Qui est Jean Castex, le nouveau premier ministre
Il était l’un des promoteurs de la tarification à l’acte et de la restructuration du système hospitalier entre 2005 et 2007 quand il était directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère de la Santé (DHOS), Xavier Bertrand étant ministre de la santé. C’est lui qui a été à la manoeuvre pour introduire la notion d’objectifs dans l’hôpital et une rationalisation des coûts.