Nicolas Bultot, homme de conviction et d’action, est décédé

Nicolas Bultot, né le 23 août 1938 à Barcelone, est décédé le 21 mai 2023 à Tronche (38). Sa mère est une militante républicaine espagnole originaire des Asturies, son père un volontaire belge des Brigades internationales. il connaît très tôt les chemins de l’exil avec sa mère qui arrive en Franche-Comté vers 1940. Ses premières années, pendant la seconde guerre mondiale, sont particulièrement difficiles et il en restera marqué toute sa vie.

Dès qu’il est salarié de l’usine Rhodiaceta, Nicolas s’engage au Parti communiste et à la CGT. A la fin de la guerre d’Algérie, au cours d’un rassemblement de travailleurs étrangers, il a demandé 1mn de silence à la mémoire de toutes les victimes, c’est-à- dire aussi bien les soldats français que les Algériens. Cela a créé un scandale, et l’État français a demandé une 1ère fois son expulsion. Grâce à la mobilisation de la population de la CGT et du PC, il est resté en France. Il en est l’un des militants les plus actifs, participant à toutes les actions dont la grève de 1967. La Rhodiaceta produit sur Besançon du fil polyester et compte à son apogée en 1966 3 283 salariés, faisant d’elle la plus importante des grandes entreprises de la capitale comtoise, devant les usines d’horlogerie Lip et Kelton.

Les grèves de 1967 à la Rhodiaceta dans les régions bisontine et lyonnaise préfigurent la grève générale ouvrière de Mai 1968. Pendant ce mois de mai, tentant de lier les luttes ouvrières et étudiantes, Nicolas est l’un des rares responsables syndicaux du monde du travail à être venu à plusieurs reprises à la Faculté des Lettres, avec quelques camarades, assister aux assemblées générales étudiantes qui se tenaient tous les jours à l’amphi Donzelot. Mettant ses actes en accord avec ses idées il demande à être accompagné d’étudiants pour populariser et étendre la grève à Baume-les-Dames.

ll n’accepte pas la consigne de reprise du travail donnée par la CGT fin mai, estimant que le mouvement doit aller plus loin. Au cours de l’été qui suit, il est exclu du Parti communiste, puis démis de toutes ses fonctions syndicales. Cela le met dans une situation difficile car il est de nationalité espagnole, et son titre de séjour vient à échéance début 1969. Il risque le renvoi vers l’Espagne de Franco et l’expulsion signifiait automatiquement l’incarcération dans les geôles franquistes. Diverses organisations de gauche, regroupées dans le « Secours rouge » (mais sans le PCF, ni la CGT), le soutiennent et son titre de séjour est renouvelé en 1969, grâce aussi à son avocat Me Kohler.

Nicolas quitte la Rhodiaceta en 1974 et travaille dans une entreprise agroalimentaire, Juradou, de 75 à 83, et c’est à cette époque que sont mises en place les préretraites, l’augmentation des salaires uniformes, l’obtention de RTT et le passage à 38h alors que tout le monde était à 44h, une avancée importante pour l’époque.

Après plusieurs licenciements, à plus de 45 ans, armé de son certificat d’étude, il reprend des études et obtient un diplôme d’éducateur, puis un poste éducateur spécialisé en Haute-Saône.. Il continuera à militer syndicalement à la CFDT qui lui confie l’animation du travail syndical en direction des travailleurs immigrés, et en particulier dans les entreprises para-agricoles dans lesquelles ils sont nombreux.

Nicolas et son épouse Martine, médecin à Besançon dans le quartier populaire de « Planoise », adhèrent au PSU en 1971. Au début des années 1970, Nicolas est très actif localement dans l’importante section bisontine de ce parti et au niveau national dans la commission « entreprises ».

Pour orienter le Manifeste autogestionnaire du PSU vers un nouveau programme de transition il cosigne dans Tribune Socialiste n°554 du 18 novembre 1972 la contribution « Pour un programme marxiste ». Après le retrait des amendements du courant Rocard, le Manifeste autogestionnaire du PSU : « Contrôler aujourd’hui, pour décider demain » est adopté au congrès de Toulouse de décembre 1972 avec 80% des mandats, les 20% restant votant pour le texte « Vers le communisme » de la Gauche Ouvrière et Paysanne (GOP).

Dans un article d’un numéro double de Critique Socialiste consacré au vingtième anniversaire du PSU, Yvan Craipeau rappelle :

« […} pour la première fois, le parti disposait d’un corps de doctrine qui lui permettait d’intervenir en éclairant politiquement les positions autogestionnaires que venait de prendre la CFDT. J’avais fait des propositions pour appliquer la ligne du manifeste au lendemain des élections législatives de 1973. Nous en avions discuté avec les militants ouvriers du Doubs (NDLR : dont Nicolas Bultot). Ils avaient conclu à la possibilité d’engager dans la région un nouveau type de lutte. En fait elle ne s’engagea pas là où nous l’avions prévu, mais chez Lip, où la personnalité rayonnante de Charles Piaget lui donna le retentissement national que l’on sait ».

Nicolas et Martine Bultot vont participer à la constitution de la tendance B du PSU qui regroupe des militants du courant marxiste-révolutionnaire et les anciens militants de l’Alliance Marxiste-Révolutionnaire (AMR) qui ont officiellement rejoint le PSU en février 1975 après le départ des rocardiens sur la base d’un protocole d’accord. Il devient membre de la direction politique nationale du PSU à la suite du congrès de Strasbourg de janvier 1977 au titre de la Tendance B qui a réuni 20% des mandats.

En mai 1977, il participe à la constitution des Comités Communistes pour l’Autogestion (CCA). Le 4ème congrès des CCA en juin 1983 se tient à Besançon. Nicolas et Martine Bultot vont suivre le parcours militant et politique dans la continuité des CCA et de certains courants du PSU.

Avec Martine, il fait partie des fondateurs de l’Alternative autogestionnaire 25 vers 1982, mais cette tentative de recomposition et de dépassement politique, isolée géographiquement et sans ampleur suffisante ne perdurera pas dans sa dimension unitaire et large de départ. En 1988, Nicolas et Martine participent aux Comités Juquin. Aux élections municipales de mars 1989, quatre militants issus des comités Juquin, dont Martine Bultot entrent dans la municipalité d’union de la gauche dirigée par Robert Schwint (PS), sous l’étiquette « Nouvelle gauche ». Logiquement, Nicolas et les militants de la « Nouvelle gauche » rejoignent l’AREV (Alternative rouge et verte) dès sa création (novembre 1989). A son rôle d’animateur du groupe politique, Nicolas ajoute celui d’attaché politique auprès de son épouse, adjointe au Maire de Besançon, et des autres élus de l’AREV. En 1995, l’AREV est intégrée à la liste conduite par R. Schwint pour son dernier mandat. En 2001, la question des alliances municipales divise le groupe des Alternatifs (qui a succédé à l’AREV en 1998), Nicolas et Martine Bultot souhaitant maintenir l’alliance avec le PS dirigé par Jean-Louis Fousseret alors que d’autres camarades préféraient une alliance avec les Verts qui avaient le vent en poupe à l’époque. La position défendue par Nicolas fut majoritaire, mais le désaccord au sein du groupe laissa des traces qui amenèrent ultérieurement son éclatement, Nicolas et Martine fondant en 2007 un mouvement (« La Gauche alternative et écologique ») distinct des Alternatifs. Ce mouvement disparut en 2010. Après la création d’ENSEMBLE! (2013), L’Alternative Rouge et Verte, journal des Alternatifs de Franche-Comté, devint celui d’ENSEMBLE!

En 2011, Nicolas et Martine s’installent dans la région de Grenoble, près de leur fils. Martine a quitté ses fonctions d’élue le 31décembre 2010 (après avoir occupé pendant 22 ans un poste d’adjointe au maire) et souhaite tourner la page, « considérant que le projet de créer une force unifiée large, à gauche du PS, a peu de chance de voir le jour ». Plus tard, ils apportent leur soutien à la France Insoumise

Enfin, en dehors du syndicat et de la politique, dès qu’il avait un coin de terre, Nicolas y aménageait des terrasses pour cultiver des légumes, semer des fleurs, planter des arbres fruitiers. Il a planté plusieurs centaines d’arbres dans sa vie. Il était écologiste dans l’âme !

Nicolas a milité toute sa vie au service des autres, des plus démunis. Il a gardé ses convictions de révolté. Il disait en forme de plaisanterie qu’il appréciait beaucoup l’insurrection de la Commune de Paris en 1871, parce que « ceux-là avait fait une chanson pour lui ». Cette chanson « Elle n’est pas morte ! » d’Eugène Pottier (l’auteur de L’Internationale) a pour refrain «Tout ça n’empêche pas Nicolas que la Commune n’est pas morte ! ».

Jacques Fontaine, Jean-Paul Bruckert, Daniella Chaillet, Jacques Ménigoz… et la participation de Martine Bultot.

Lip, Lip, Lip hourra. Billet de l’élu départemental.

De très nombreuses commémorations sont prévues pour le cinquantième anniversaire sur le conflit LIP, en 1973. C’est à la bibliothèque des Tilleuls (Palente, à côté de la MJC) qu’un des premiers évènements a lieu, sous la forme d’une exposition photo. Profitant de ma dernière semaine de vacances, fin août, je m’y suis rendu. Comment se présente cette exposition ?

Disons le d’entrée, c’est une exposition modeste : une trentaine de photographies, réalisée par Bernard Faille, qui était le reporter-photo de l’Est Républicain à l’époque et qui suivait le conflit. La quasi-totalité des photos a d’ailleurs été publiée dans ce quotidien. Ces photos sont dissiméniées dans deux endroits, l’espace de travail (où l’on peut voir des photos depuis l’extérieur) et l’espace jeunesse. L’essentiel des tirages sont datés de la période août-sept. 73. Quelques-unes, portant sur l’occupation des bureaux et de l’usine, un tractage rue de Belfort ou une réunion syndicale sont d’avril ou mai 73. On voit également une séquence de vente des montres (deux photos) du mois de juin.  Les CRS occupent une place très importante, les travailleurs de Lip ayant été délogés de l’usine occupée le 14 août 73. Une photo, assez ironique à distance, représente l’école Jean Zay (dans laquelle les ouvriers ont trouvé refuge), transformée en nouvelle usine Lip, ou a lieu la rentrée scolaire en sept. 73.

On peut regretter qu’en dehors d’un petit tract disponible, il n’y ait pas un panneau pour rappeler à grands traits l’histoire de la séquence illustrée par les photos.

Malgré le caractère limité de l’exposition, je ne peux que recommander d’y aller faire un tour, tant certaines photos méritent le détour. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit des ouvrier.es se répartir une « paie ouvrière », photo d’Août 73, fruit de leur lutte.

Bien que cette exposition se termine en octobre, il n’est pas la peine d’attendre qu’elle soit finie pour s’y rendre.

Le 12 sept. s’ouvrira aux Archives départementales (rue Marc Bloch, à Planoise) une autre exposition, qui elle durera jusqu’au 12 avril 2024. Je m’y rendrai bien entendu et j’aurai sans doute l’occasion de vous en toucher un mot. Bonne rentrée à tous et toutes en attendant.
George Ubbiali

La flamme olympique dans le Doubs

On le sait désormais, la flamme olympique passera par le département du Doubs en 2024.
Coût : 180 000 € versés à la société qui gère cette manifestation. Cependant, au delà de la somme versée au prestataire, il faut ajouter les frais engagés pour la réalisation de la manifestation (utilisation du personnel, pose de panneaux, gestion de la sécurité…), soit au minimum une somme équivalente ; ce qui pousse l’olympisme au sommet des valeurs sûres du bénéfice.
Lors de la session du 26 juin, chaque élu a reçu dans un seyant petit sachet le badge dont la photographie est ici. Chacun pourra constater que ce qui est surtout mis en avant (la moitié centrale de la surface), c’est la banque sponsor (« partenaire premium » en langue indigène) qui occupe l’essentiel de l’espace, le symbole des JO étant relégué aux bords du badge. Qu’à cela ne tienne, les conseillers de la majorité exhibaient fièrement leur badge, comme quoi la droite et la banque font bon ménage au détriment du sport et des valeurs avec lesquelles on nous bassine.

Les mauvais signes du conseil départemental

Le 26 juin, très longue session (9 h 30 – 21 h 30) du conseil départemental (une session « normale » + une commission permanente). De nombreuses décisions ont été prises, se traduisant par des votes tout aussi nombreux. Parmi les multiples dossiers traités, celui du retour aux 90 km sur plus de 1000 km de routes départementales.

Cette question avait fait l’objet d’un premier examen en septembre 2022. A l’occasion de cette session, il avait été décidé de procéder à des études, avant de prendre une décision définitive. C’est à l’examen du résultat de ces études qu’a été consacrée une partie des débats de la session. Deux aspects ont été mis en exergue : la question de l’accidentologie et celle de l’augmentation des gaz à effets de serre. En effet, si on passe de 80 à 90 km, le nombre d’accidents risque d’augmenter de manière substantielle et la nature des accidents aggravés. Sur cet aspect, la majorité a insisté sur le fait que l’étude ne permettait pas de discerner une augmentation substantielle de l’accidentologie. Raisonnement pour le moins étrange, car le passage de 90 km/h à 80km/h par le gouvernement (en 2018) avait été motivée par ce thème de la réduction des accidents. Selon la présidente, il s’agit bien plutôt de « fluidifier le trafic » et d’assurer l’égalité territoriale (sous-entendu, il faut que dans les campagnes, les automobilistes puissent rouler plus vite). Bien entendu, le fait que le Jura et la Haute Saône aient également rétabli le 90 km/h est un élément favorable à la « continuité territoriale ». Mais le fait qu’en Suisse voisine, la limite soit à 80 km/h sur les départementales n’est pas pris en compte.

Quant à la pollution, pas de souci. Les 0,15% de gaz à effet de serre (soit quand même 2000 tonnes) générés par le retour à 90 km/h, ce n’est pas un souci puisque le département a souscrit un contrat avec un prestataire pour compenser ce surcroît. Si l’information sur la nature exacte de cette compensation demeure un peu allusive à ce stade, la bonne conscience écologique est soulagée, puisque, la loi le permet, on « va compenser ». Ite missa est, la voiture va pouvoir reconquérir ses droits sur plus de 1000 km de routes départementales. Les conseillers d’opposition du groupe Doubs Social Ecologique et Social (DSES) ont voté contre ce retour à l’exception d’un seul.

27 mai. Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie

Comme tous les ans, à Besançon la marche des trans, pédés et gouines s’est déroulée à l’occasion de la journée mondiale. Ceux et celles qu’on rassemble sous l’appellation LGBTQIA+[1], toutes les minorités sexuelles, se sont donné.es rendez vous d’abord au Parc Micaud à Besançon, avant de défiler dans les rues de la ville. J’y étais. Et pourtant je ne me reconnais dans aucune des caractérisations LGBT… Personne Cis[2] assumée, je revendique pourtant ma solidarité avec toutes celles qui luttent contre les préjugés tenaces qui continuent d’habiter nombre d’esprits et irriguent l’espace public, au moins dans de nombreux pays. Il faut rappeler que l’homosexualité continue d’être interdite dans de nombreux pays, souvent régis par ailleurs par des principes religieux.

Au niveau international, un grand pas a été franchi dans la revendication de l’égalité des droits quand, en 1990, l’OMS (Organisation mondiale de la santé), a cessé de considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. En France, l’homosexualité a été dépénalisée en 1982 et malgré une résistance farouche des courant les plus obscurantistes, familialistes (et souvent religieux, l’un ne va pas sans l’autre), la reconnaissance du mariage pour tous a marqué un véritable tournant. Depuis 2013, ce sont les sentiments réciproques, l’amour et l’affection, qui fondent le mariage (et la famille par la même) et non plus la différence des sexes. Il est clair que le mariage pour tous ne demande qu’à s’élargir au niveau européen, et au-delà. Mais désormais, dans l’hexagone, la loi reconnait ce droit à chacun.e, quelle que soit son orientation sexuelle, au grand dam de l’extrême-droite et des esprits traditionnalistes. Si la loi est désormais du côté de l’amour, il n’en reste pas moins que certains esprits sont parfois plus lents à évoluer. Que ce soit dans les représentations dépréciatives, dans l’humour de bistro ou de fin de banquet, mais aussi dans les agressions dont sont victimes un nombre toujours trop important de personnes gays, trans, etc.

Si les élus de la majorité municipale étaient bien représentés dans le cortège, la maire ayant même pris la parole avant le défilé, coloré et joyeux, il était de la responsabilité des élus de gauche au sens large de marquer cet évènement de leur présence. J’étais présent l’an passé, j’ai défilé sous le soleil aujourd’hui, je serai à ce rendez-vous l’an prochain pour l’égalité des droits, de tous et toutes.

Photo : Concert et danse à la gare d’eau de Besançon, arrivée de la marche.


[1] Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Trans, Queers, Intersexes, Asexuels. Le + comme toutes les autres définitions « queer »

[2] Cis, est l’abréviation de cisgenre, qui renvoie à l’adéquation entre son sexe biologique et son genre.

Conférence sur le « travail pressé » de Serge Volkoff et Corinne Gaudart.

Plus d’une soixantaine d’auditeur/trices étaient réunis lundi 22 mai pour écouter les analyses de Serge Volkoff et Corinne Gaudart, ergonomes, invités par Génération.s et Ensemble ! mages. Spécialistes des conditions de travail, ces derniers ont récemment publié un nouvel ouvrage (Le travail pressé. Pour une écologie des temps de travail, Les petits matins), mettant l’accent sur les pressions des nouvelles organisations du travail sur les travailleurs (flux tendus, lean management, extension du travail de nuit, fragmentation des temps…). Volontairement pédagogique, leur exposé a permis de rentrer dans plusieurs secteurs professionnels (aussi bien l’automobile que dans les services comme la Sécurité sociale), afin de comprendre la manière dont les salariés sont soumis à « la hâte ». En effet, partout dans le monde, et singulièrement depuis les années 2000, l’intensification du travail s’accentue. Il faut produire plus en moins de temps, partout, toujours. Le chronométrage, loin d’avoir disparu, trouve une nouvelle actualité, dans des secteurs qui ne connaissait pas encore le minutage précis du temps de réalisation des tâches. Ailleurs, ce sont des « temps de process » (le temps fourni pour réaliser une tâche) qui sont de plus en plus contraints, limités, contraignant les salariés à ne pas pouvoir réaliser correctement leur travail. Le travail réel, celui qu’effectuent effectivement les travailleurs, est dénié au profit de normes et standards décalés par rapport aux gestes et pratiques nécessaires pour réaliser les tâches. D’où la persistance (pour ne pas dire l’augmentation) des accidents du travail, la montée dans le secteur du service du « burn out » (sentiment d’être totalement épuisé par le travail à réaliser)…. Soutenu par de nombreux exemples, extraits des enquêtes qu’ils ont mené depuis de nombreuses années, le portrait du monde de la production et des conditions de réalisation du travail, est loin du portrait enchanté que les employeurs ou les dirigeants politiques expriment quand ils proclament la nécessité de « respecter la valeur travail » ou de « travailler plus pour gagner plus ». Parfaitement complémentaire dans leurs propos, l’exposé a permis l’existence d’un riche débat avec les participant.es. Des commentaires (sur l’absence de la perspective du revenu universel ou sur la place réduite consacrée aux analyses syndicales) ainsi que des interrogations ont été émises. Ainsi, la fonction de la rémunération dans l’acceptation de conditions de travail dégradées ou intensifiées ; l’existence de formes organisationnelles moins prédatrices (ex. l’économie sociale et solidaire) ; les résistances des salariés…) constituent autant de thèmes sur lesquels des échanges ont eu lieu. En tous les cas, les absent.es peuvent toujours se reporter au livre pour compléter leur information, même s’il sera désormais plus difficile de se le faire dédicacer.

Georges Ubbiali. « Conseiller départemental Doubs Social Ecologique et Solidaire. »

Faut il lire Vu du Doubs ?

Le département dispose d’un  journal trimestriel, Vu du Doubs (VDD), composés d’articles à caractère publicitaire sur les réalisations toujours plus positives de la majorité départementale. Ce journal est distribué dans les boîtes aux lettres des habitant.es du département, le plus souvent avec la publicité authentique, ce qui fait qu’il passe directement de la boite aux lettres à la poubelle jaune. Notons quand même que c’est le seul endroit où le groupe minoritaire le Doubs social écologique et solidaire (DSES) dispose d’une petite tribune où un point de vue contradictoire peut s’exprimer. Rien que pour ça, ça vaut la peine d’au moins feuilleter Vu du Doubs, jusqu’aux dernières pages.

Dans chaque numéro est mis en avant une ou plusieurs actions du département, avec la photo et un court commentaire (300 signes) de l’élu.e du canton dans lequel l’action s’est déroulée. J’étais le dernier élu à ne pas avoir eu encore l’opportunité de figurer dans VDD. C’est désormais chose faite, avec le numéro 270, à propos de l’atelier justice des archives départementales (AD). Les archives ont organisés des ateliers en direction du public scolaire pour découvrir la richesse des fonds. Un court commentaire de l’élu accompagne l’article. Généralement, les rédacteurs de VDD proposent aux élu.es d’écrire le texte, qui reçoit leur approbation. Pour ma part, j’ai écrit le court commentaire ci-dessous :

« Les archives conservent le patrimoine écrit du Département. Une masse documentaire qui n’est pas un “poids mort”, mais une matière vivante à partir de laquelle les historiens travaillent. Mais les archives sont également valorisées auprès d’autres publics, comme les collégiens. Le service éducatif des archives a ainsi organisé un atelier sur la manière dont la justice fonctionne. Une initiative formatrice et citoyenne. »

Vous conviendrez aisément, que le commentaire est des plus brefs. Rendez vous dans deux ans pour ma prochaine prestation ?

Georges Ubbiali

Pour le retrait du projet Macron–Borne, on n’arrêtera pas !

                Le Conseil Constitutionnel a validé la plus grande partie du projet de contre-réforme des retraites et, en particulier, le report de l’âge de départ à 64 ans, dont le rejet est au cœur de la mobilisation de ces trois derniers mois. C’est là une décision politique de soutien à Macron, qui va pouvoir promulguer sa loi réactionnaire.

                Le Conseil constitutionnel a, qui plus est, censuré le Référendum d’Initiative Partagée (RIP), qui pouvait permettre l’expression de la volonté populaire. Un autre projet de RIP a été déposé par la NUPES sur lequel le Conseil constitutionnel ne rendra son avis que le 3 mai.

La question démocratique demeure entière : Macron-Borne n’ont pas voulu écouter l’avis de l’immense majorité des Français·es qui s’opposait à leur contre-réforme ni la voix de celles et ceux qui étaient dans la rue par millions. Ni l’un ni l’autre n’ont osé aller jusqu’au vote des député·es. Et le Conseil constitutionnel n’a pas jugé que le « caractère inhabituel » de l’accumulation de procédures visant à restreindre les débats suffisait à invalider le projet de Macron et de son gouvernement.

                Cela ne marque pas la fin de la bataille pour celles et ceux qui se sont mobilisée·es depuis trois mois pour leur avenir et celui de leurs enfants. Nous allons continuer, avec l’Intersyndicale, à refuser cette contre-réforme des retraites par tous les moyens à notre disposition. Le 1er mai doit être une énorme journée de mobilisation unitaire contre tous les projets réactionnaires (retraites, chômage, immigration) de Macron-Borne-Darmanin et de leur monde ! Dès maintenant, dans la grève, dans la rue, par des blocages, agissons pour le retrait du texte sur les retraites. Et exigeons que la parole soit enfin donnée au peuple pour qu’il puisse dire ce que veut la majorité de ce pays : ne pas reporter à 64 ans l’âge du départ à la retraite.