Pourquoi j’adhère à la Ligue des droits de l’homme (LDH).

« Georges Ubbiali conseiller départemental Doubs Social Ecologique et Solidaire. »

Tout le monde a pu constater la répression démesurée qui a été mise en œuvre lors de la manifestation contre les mégabassines à Sainte Soline. Si l’on en croit les chiffres du ministère de l’Intérieur, plus de 3000 représentants des forces de l’ordre se sont affrontés à 6000 manifestants, soit un gendarme mobile ou CRS pour deux manifestant·es. Ces simples chiffres indiquent clairement la disproportion des forces en présence. Sans parler bien évidemment des équipements mis en œuvre, quads, plusieurs milliers de grenades de tout type, et des hectolitres de gaz lacrymogènes déversés sur les manifestants.

Gérald Darmanin a menacé de dissoudre les Soulèvements de la Terre, la coordination d’associations à l’origine de cette manifestation. La Ligue des droits de l’homme avait envoyé de nombreux observateurs sur place, pour rendre compte des activités des forces de l’ordre. Leur récit, croisé avec celui d’autres témoins, semble avoir échauffé le sang du Ministre qui envisage de supprimer les subventions à la LDH, pour activités séditieuses. S’attaquer à la LDH, par le biais de son porte-monnaie est tout simplement insupportable pout tout citoyen, démocrate et personne de progrès.

Il semble utile ici de rappeler dans quelles circonstances est née la LDH et la place qu’elle occupe depuis plus d’un siècle pour la défense et le respect des droits de l’homme. C’est à l’occasion de l’accusation mensongère portée contre le capitaine Dreyfus par les autorités militaires qu’en réaction des démocrates épris de justice et de vérité ont créé cette association, en 1898. La LDH a été le pilier de la mobilisation des dreyfusards, en défense de Dreyfus, contre toutes les manœuvres et mensonges de la gent galonnée, contre toutes les campagnes antisémites. Son combat a abouti à établir l’innocence de Dreyfus.

Quelques décennies plus tard, le président de la LDH, Victor Basch, sera assassiné par la Milice, les collaborateurs antisémites de l’occupant nazi. Depuis, la LDH est de tous les combats pour le respect des droits de l’homme, en France et dans le monde, contre le colonialisme, contre les sales guerres menées par la France, contre toutes les injustices et pour le respect des droits. En menaçant de lui couper les vivres, Darmanin fait revivre les pires heures d’une période menaçante pour les droits de chacun, pour le respect de la citoyenneté. D’ailleurs, les médias fascistoïdes (type CNews) et l’extrême droite ne s’y trompent pas en applaudissant aux proclamations du ministre de l’Intérieur.

En réaction à cette menace, il est nécessaire de montrer notre solidarité active avec la LDH. Au-delà de mon adhésion personnelle, il est urgent que le plus grand nombre exprime sa solidarité en multipliant les adhésions pour que l’action de la LDH puisse continuer de se déployer et faire échouer une tentative de faire taire une association qui se situe au cœur du mouvement démocratique et progressiste.

Georges Ubbiali, le 09 avril 2023

L’affaire de l’ADAT et les non-dits au département du Doubs.

Par Georges Ubbiali conseiller départemental Doubs Social Ecologique et Solidaire.

Rappelons en quelques mots l’historique de cette affaire de détournement de fonds publics au Conseil départemental du Doubs. Suite à une enquête journalistique de l’Est Républicain, publiée fin 2021, le directeur de l’ADAT (Agence Départementale d’Appui aux Territoires) était mis en accusation pour détournement de fonds. L’ADAT est un organisme satellite du département, financé par ce dernier, sommes auxquelles s’ajoutent des cotisations des communes membres.

Le jugement a été rendu vendredi 3 février 2023. Au total, 152 000 € d’argent public ont été détournés par l’ex-directeur de l’ADAT. Cette somme se décompose en plusieurs « larcins », falsification de documents publics permettant d’obtenir des primes (27 000 €), 22 000 d’achats personnels avec la carte professionnelle, falsification de bons de commande pour des achats personnels (4000 €), détournement de fonds de l’amicale du personnel (21 000 €) et enfin, cerise sur le gâteau, revente à son profit de véhicules de l’ADAT (dont une Alfa Romeo et une Citroën de luxe), pour un total de 77 000€.

Ces vols à l’encontre de la collectivité publique ont été détectés en 2020, alors que Daniel Benazeraf était en fonction depuis 2017, un temps relativement long qui interroge pour le moins. C’est d’ailleurs pourquoi, alerté par la presse, le groupe minoritaire au CD25 avait déposé en janvier 2022 une demande de MIE (Mission d’Information et d’Evaluation) pour éclairer les implications de cette situation. Une MIE correspond, au niveau départemental, aux commissions parlementaires qui existent au niveau de l’Assemblée Nationale. Examinée dans une séance extraordinaire, cette demande de MIE a été refusée par la majorité (LR) du conseil départemental, enterrant ainsi toutes possibilités de faire la lumière sur la possibilité de cette « truande » grandeur nature (le groupe DSES avait envoyé un document à ce sujet aux maires du Doubs en mars 2022).

En effet, quelques questions assez basiques demeurent, à ce stade, inexpliquées. Evoquons en quelques-unes :

  • L’obtention de primes est soumise à la contre-signature de Christine Bouquin, la présidente du conseil départemental. Ajoutons, que le paiement de ladite prime est ensuite vérifié par le Trésorier Payeur Général du département. Comment la falsification de tels document a-t-elle été possible pendant plusieurs années successives ?
  • Sans même parler de falsification, les primes de l’ex-directeur, se situaient au maximum de son grade, pour diriger un service d’une vingtaine de personnes. Selon les informations disponibles, son salaire dépassait celui d’un préfet.
  • Enfin, depuis quand un fonctionnaire peut-il décider de faire acheter une Alfa-Roméo pour son service, sans parler d’autres véhicules de luxe ? Et, encore mieux, de revendre une partie de ces véhicules à ses propres employés ?

Ces questions, justifiées par l’usage de l’argent du contribuable n’ont pu être posées publiquement. Pourtant, le procureur a pu lui-même se déclarer surpris par l’absence totale de contrôle de la part du département. Il ne doit pas être le seul à être surpris, car en lisant le compte rendu de l’audience au tribunal, le lecteur apprend que pour expliquer ses infractions, Daniel Benazeraf (l’ex-directeur) a évoqué une « sorte de vengeance » à l’égard de la présidente du Département. Sachant que Daniel Benazeraf a commencé sa carrière comme directeur de cabinet à la mairie de Charquemont, au temps où Christine Bouquin en était la maire (élue une première fois en 1995), on est en droit de s’interroger sur la nature de leurs relations.

Ce qui est sûr, c’est qu’entre gens de droite, les règlements de compte à OK Corral se font par le biais (et au détriment) de l’argent public. Une certaine philosophie publique en émane, qui en dit long sur leur conception de la gestion des affaires communes.

Si une mission d’information sur ce sujet est en cours au sein de l’ADAT, on ne peut que regretter le rétrécissement de cette mission, par rapport à une MIE au niveau du département. Y-aurait- il des informations ou des pratiques à cacher au sein de l’institution ?

MACRON CONTINUE À NOUS MÉPRISER , NOUS CONTINUONS À NOUS MOBILISER

Macron disait hier rejeter « la foule qui est dans la rue », il l’a encore montré lors de son entretien télévisé de ce mercredi. Il n’y avait aucune illusion à se faire sur ce que pourrait annoncer le président de la République. Macron est passé maître dans l’art de parler pour ne rien dire. Rien ne change et il maintient le cap de sa feuille de route réactionnaire et de plus en plus autoritaire au service du capital. Alors que la mobilisation contre sa contre-réforme des retraites se poursuit puissamment après le 49-3, il persiste à vouloir nous l’imposer de force. Sa seule réponse au mouvement social, c’est la promesse d’un renforcement de la répression avec les réquisitions et l’usage de la force policière pour faire lever les blocages.

Quant au reste, c’est du pur enfumage qui prépare la poursuite de la casse sociale, écologique et démocratique. Comment, après avoir fait voter la baisse des droits à l’assurance chômage, avoir le culot d’invoquer les travailleurs et travailleuses de « première » et « deuxième ligne » tout en préparant une nouvelle « loi travail » dirigée, en particulier, contre les allocataires du RSA qui « ne travaillent jamais », une nouvelle fois stigmatisé·s et rappelé·es à leurs « devoirs » ? Comment oser parler des conditions et du sens du travail, après avoir supprimé les critères de pénibilité et balayé d’un revers de la main toute mise à contribution des actionnaires ? Comment avoir promis un plan d’égalité entre les femmes et les hommes, alors que la réforme de l’assurance chômage et celle des retraites accentuent les inégalités ? Comment oser revendiquer un engagement écologique, alors qu’il vient de faire voter une loi d’accélération du nucléaire, que l’interdiction des pesticides est constamment repoussée ?… Quant à celles et ceux qui espéraient un report – voire un retrait – du projet de loi Darmanin contre les migrant·es, elles et ils repasseront. On va assister à un savant découpage des mesures anti-migrant·es, avec autant de lois sectorielles, pour mieux faire passer la pilule.

Macron a annoncé une intensification de la lutte contre notre camp social. Il joue le jeu de la division au sein de la population en visant à nous opposer les un·es aux autres plus violemment encore. Face à autant d’arrogance et de mépris, il n’y a pas d’autre choix que de construire un mouvement populaire et unitaire pour une lutte de longue durée.

Refus d’une mission d’information et d’évaluation par la majorité de droite du Conseil Départemental.

« Georges Ubbiali conseiller départemental Doubs Social Ecologique et Solidaire. »

Lundi 20 mars, tandis que tout le monde attendait anxieusement le résultat du vote sur la motion de censure au Parlement, avec mes collègues du groupe Doubs Social Ecologique et Solidaire (DSES), je siégeais au Conseil Départemental. Nous avions déposé en décembre dernier une demande de Mission d’information et d’évaluation (MIE) sur la politique de l’eau du CD 25 et les pollutions. Le résultat a été le refus par la majorité (Les Républicains, celle qui préfère voter Macron au Parlement) d’accorder la création d’une MIE. Après avoir assommé la quasi-totalité des élus, y compris ceux de son propre camp qui découvraient en même temps que tout le monde une documentation finalisée le matin même (dixit la Présidente), le groupe minoritaire n’a disposé que d’un temps de parole limité pour défendre ses propositions. Il faut dire que nos propos pouvaient apparaître comme un peu décalés d’oser évoquer les limites de la politique de l’eau, la mortalité piscicole, les rivières polluées, le modèle agricole productiviste… En effet il n’a pas fallu moins que les interventions de 4 vice-présidents (Olivier Billot, Philippe Alpy, Didier Leroux et Beatrix Loizon) qui ont lu, de manière soporifique comme certains nous ont habitué, une ode au monde merveilleux de la gestion de l’eau par la majorité départementale. Rien n’y a manqué, tableaux à foison, schémas, textes fournis, photos et même, eh oui, la majorité ne se refuse rien, des clips documentaires sur les «merveilleuses réalisations du département». Face à cette avalanche, noyant le poisson, je me suis senti légitimé de commencer mon intervention par quelques strophes de la chanson, «Tout va très bien, Madame la Marquise, tout va très bien, sauf un tout petit rien…», tant la surdité de la majorité était patente. Mon propos portait sur le témoignage des truites malades et mortes à Goumois où je me suis rendu en décembre dernier à l’invitation de la société de pêche locale. A cette réalité d’une potentielle extinction des truites sauvages, la présidente a répondu par l’exhumation de ses souvenirs puisque 10 ans plus tôt, elle avait participé au rassemblement où les truites, déjà, s’amoncelaient dans les brouettes. On ne pourrait évoquer plus belle illustration de la cécité politique. « Ah les algues vertes en Bretagne… Ah là là, mais que de malheur. Il faut réfléchir (ça ne fait jamais que 30 au bas mot que la réflexion s’ajoute à l’inaction, alors que les causes sont parfaitement identifiées)a. Remplacez algues vertes par truites fario et vous disposerez de l’appréciation de la majorité du problème de la pollution des rivières
Décidément, malgré le beau soleil de ce lundi dernier, triste journée au conseil départemental, comme au Parlement.

Le groupe Doubs Social Ecologique et Solidaire (DSES) a déposé une demande de Mission d’information et d’évaluation (MIE)

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La MIE est une procédure légale, qui permet de créer une commission ad hoc dont l’objectif est d’approfondir un dossier géré par le Conseil départemental (CD). Cette possibilité est ouverte à tous les groupes représentés au CD. Le dépôt d’une MIE est limité à une demande par an.

En décembre 2022, notre groupe a déposé une MIE sur la politique de l’eau du département, dans les délais requis. La majorité, par la voix de sa présidente, dispose d’un délai légal de 3 mois maximum pour soumettre la demande au vote. Jugeant sans doute que le problème de l’eau dans le Doubs n’était pas absolument prioritaire, Christine Bouquin a utilisé le temps maximum et mis la demande de MIE à l’ordre du jour de la séance du 20 mars prochain.

Il n’est pas besoin d’épiloguer longuement pour insister sur l’urgence de la question de l’eau, les dernières semaines ont été suffisamment explicites en la matière avec le déficit de pluie et l’état de sécheresse avancé dans le pays, et particulièrement dans le Doubs. Mais l’actualité de l’eau se manifeste également sous d’autres formes dans le département. Pollution des rivières, pollutions variées et multiples, annulation de la saison de la pêche dans certains cours d’eau, problèmes récurrents des stations d’épuration…. (cf. le courrier que le groupe DSES a envoyé pour justifier sa demande de MIE).

A ce jour, tout indique que la majorité « Les Républicains » du département se dirige vers un refus de la MIE que nous avons déposée. Bien sûr, on peut rester positif et se dire que l’intelligence finira par l’emporter tant les enjeux sont majeurs. Mais les premiers signes recueillis ne vont pas dans ce sens.

Alors, il est nécessaire de faire savoir à la majorité qu’il est vital (le mot n’est pas trop fort) pour l’avenir de l’eau dans le département que nous puissions réaliser une évaluation de la dégradation des cours d’eau. Il serait d’ailleurs tout à fait positif que les acteurs environnementalistes, les pêcheurs et tous les citoyens sensibilisés à cette perspective, se retrouvent pour assister à la séance du lundi 20 mars (jour du printemps) à 14 h, au Conseil Départemental, avenue de la Gare d’eau, Besançon. Les séances sont publiques. Il suffit de se munir de sa carte d’identité.

Georges Ubbiali, Conseiller Départemental du Doubs, canton D7B4.

Exposition PLURI’ELLES

Vendredi 3 mars, vernissage de l’exposition PLURI’ELLES organisée par Solidarités Femmes à l’occasion du 8 mars au Foyer des Oiseaux, rue des Cras à Besançon.
Présentée par sa présidente, l’exposition de peintures rassemble une dizaine d’artistes féminines. Cette présence unique de femmes n’est pas le fruit d’une volonté d’exclure des artistes masculins, mais un état de fait. Malgré des tentatives de contact, aucun homme n’a répondu présent.
En tous les cas, les participant·es à ce sympathique moment ont pu regarder des tableaux de facture très différente. L’accent a été mis sur des photos de tableaux et dessins d’une femme kosovare, actuellement emprisonnée au Kosovo. Elle vivait à Besançon et elle avait été prise en charge par l’association avec ses deux enfants. Elle a subi les violences répétées de son mari et a fini par le tuer. Elle a voulu rentrer au pays avec ses enfants près de sa famille, la justice kosovare l’a rattrapée et ne lui pas accordée la légitime défense. Elle est emprisonnée. Solidarités Femmes continue de la suivre à distance notamment en lui envoyant des livres en français afin qu’elle ne perde pas la pratique de la langue.

La vocation de cette exposition est clairement militante, ainsi que l’a expliqué Daniele Laporte la coordinatrice du projet. Personnellement, j’ai découvert le style non figuratif de Marie Josèphe Martelet qui m’a beaucoup impressionné par sa maîtrise technique et son évocation de la figure féminine. Une expo à découvrir et à faire connaître. Une première expérience à renouveler avec un accent plus marqué sur l’aspect proprement artistique des œuvres retenues. 

G.U