Jeudi 6 février :à 6h15 : Tractage devant Jules Haag et CP à 10h30 puis manif 10h30 depuis l’esplanade des droits de l’homme

Jeudi 6 février :à 6h15 : Tractage devant Jules Haag à destination des agents du Conseil Régional
à 10h30 : conférence de presse Esplanade des Droits de l’Homme autour de Victor Hugo, 4 minutes par OS

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10h30: départ de la manif, de la statue de Victor Hugo

à 14h : Dépot de plainte des 4 OS contre la répression de la manif du vendredi 31
à 14h : AG éducation à Hop-hop-hop

Retraites : « La réforme de trop d’Emmanuel Macron ? »

Chronique

auteur

Françoise Fressoz

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », analyse les difficultés du président de la République à faire passer son projet de nouveau système de calcul des pensions.

Publié sur le site du journal « Le Monde » le 28 janvier 2020 à 02h47 – Mis à jour le 29 janvier 2020 à 12h22 Temps de Lecture 4 min.

Chronique. Dans une tribune publiée dans Le Monde (daté du 22 janvier), l’essayiste Giuliano da Empoli, ancien conseiller politique de Matteo Renzi, met en garde Emmanuel Macron contre « la réforme de trop », celle qui permettrait aux « mécontents de tout bord, de l’extrême gauche à l’extrême droite, de dépasser leurs divisions pour s’unir contre le chef de l’Etat ». Tout en soulignant les différences entre les deux pays, l’auteur dresse un parallèle intéressant entre l’ancien président du conseil italien et le président français.

Issus l’un et l’autre du centre gauche, ils ont voulu non pas réformer, mais « transformer » leur pays. A cette fin, ils ont mené les réformes au pas de charge, dans l’espoir de contenir la montée de la vague populiste. En recensant les raisons qui ont fait échouer l’Italien, da Empoli souligne en réalité les trois fragilités actuelles du Français : Emmanuel Macron apparaît à la fois seul, mal-aimé et incompris, ce qui ne le met pas en meilleure posture pour prétendre à sa succession.

Certes, la formation qu’il a fait naître pour emporter l’élection présidentielle de 2017 lui assure une majorité stable à l’Assemblée nationale. Elle ne lui est en revanche d’aucun secours pour incarner et relayer son projet, faute de personnalités suffisamment fortes ou implantées. Dans le dernier sondage Elabe pour BFM-TV, publié le 22 janvier, le président continue d’être jugé dynamique (61 %), mais une majorité de Français lui reprochent aussi d’être autoritaire(72 %) et arrogant (70 %).

Le marqueur d’une ambition

Son message de 2017, qui était placé sous le signe de la quête de l’égalité réelle, s’est dévitalisé au point de susciter un fort rejet à gauche et au centre gauche, un sérieux doute. Or, « si le centre s’affaiblit trop, les extrêmes peuvent en instant devenir le centre », pointe l’ancien conseiller de Renzi. « De nouveaux leaders peuvent émerger, ou d’anciens leaders précédemment jugés trop extrêmes peuvent soudainement devenir acceptables. »

Le risque de « la réforme de trop » a été sérieusement évalué au moment où le gouvernement s’est lancé dans la transformation systémique du régime des retraites. De fortes réticences se sont alors exprimées dans la majorité et au sein du gouvernement. Emmanuel Macron a tranché : la réforme se fera car elle figurait dans ses engagements de campagne et deviendrait, par sa difficulté même, le marqueur de son ambition transformatrice.

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Le chef de l’Etat ne sous-estimait pas la fronde qu’elle pouvait susciter, mais il pensait pouvoir s’en préserver en poussant en avant le premier ministre, qui retrouvait ainsi son rôle traditionnel de fusible. Le calcul n’a cependant qu’imparfaitement réussi. Edouard Philippe a, certes, solidifié ce qui constitue désormais la base du macronisme : les sympathisants La République en marche (LRM) auxquels s’adjoint une part non négligeable du centre droit. Il n’est, en revanche, pas parvenu à protéger le président de la République, qui fait l’objet d’un feu roulant de critiques autour de son prétendu « autoritarisme ».

Le moment dans lequel s’opère la réforme des retraites explique en grande partie les difficultés rencontrées. A mi-mandat, le chef de l’Etat ne peut faire fi de ce qui s’est passé en amont. Il est comptable des petites phrases qui, au début du quinquennat, ont détérioré sa relation avec les Français. Comptable aussi des difficiles relations qu’il entretient depuis 2017 avec les partenaires sociaux. Comptable, enfin, de la violence qui s’est développée lors du mouvement des « gilets jaunes » et qui a deux incidences fortes. Sur le plan social, elle pousse à la radicalité. Sur le plan politique, elle met au défi la police de continuer à incarner l’ordre républicain. Si, globalement, l’image des forces de l’ordre reste préservée dans l’opinion, elle se détériore fortement auprès des jeunes, particulièrement sensibilisés aux violences policières.

Procès en démocratie

En marge de la réforme des retraites, qui continue de souffrir d’un double déficit d’explication et d’évaluation, s’est ainsi développée une grave dispute autour de la démocratie. Dans l’avion qui le ramenait de Jérusalem, jeudi 23 janvier, Emmanuel Macron, interrogé par un journaliste de Radio J,a dénoncé « le discours politique extraordinairement coupable de certains responsables de l’opposition qui laissent entendre qu’une certaine forme de dictature s’est installée. » Le chef de l’Etat visait l’extrême gauche, la France insoumise et certains syndicalistes de SUD et de la CGT, après une semaine de résistance à la réforme des retraites marquée par des coupures sauvages d’électricité, des affrontements sporadiques avec les forces de l’ordre et des slogans radicaux du type : « Louis XVI, Louis XVI, on l’a décapité ! Macron, Macron, on veut recommencer ! »

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Rappelant que, dans une démocratie représentative, le peuple souverain est représenté par « des élus qui portent sa voix » et auxquels « le respect » est dû, il s’est entendu rétorquer que « la démocratie, aujourd’hui en France, ne permet pas à la majorité de s’exprimer » (Manon Aubry, La France insoumise),etque « la violence est du côté du pouvoir » (Jean-Luc Mélenchon). Aux voix de la gauche radicale s’est ajoutée celle de Ségolène Royal, l’ex-ambassadrice des pôles, récemment démise de ses fonctions, qui a dénoncé un « régime autoritaire, un pouvoir qui n’en fait qu’à sa tête, qui assiste à la souffrance des citoyens sans réagir ».

Ce procès en démocratie intervient alors que l’exécutif ne parvient toujours pas à mettre l’opinion publique clairement de son côté dans la réforme des retraites. Il constitue, pour le président de la République, le signal le plus alarmant de la période car la représentation d’un peuple oppressé par une minorité de nantis constitue le moteur même du populisme. S’il ne parvient pas à le contrer, la réforme des retraites risque bel et bien de devenir « la réforme de trop ».

Jeudi 6 février: manifestation inter professionnelle BESANÇON

Un nouvel appel interpro national à la grève est lancé pour jeudi prochain 6 février. Manif RDV à 10h30.

Attention au lieu : esplanade des droits de l’homme.

Thème de la manif : contre l’allongement de la durée de travail : « métro-boulot-caveau ». On se déguise en travailleuses et travailleurs trop âgé.es et à la fin, devant la pref, on s’écroule, morts d’épuisement au travail.

Parcours de la manif : esplanade des droits de l’homme, impôts, commissariat, conseil départemental, rue Lecourbe, rue Ronchaux, rectorat, conseil régional, rue des Martelots, rue de la bibliothèque, Grande rue, rue de la pref, pref.