Notre mouvement politique a participé à la Liste « Le temps des cerises » conduite par Bastien Faudot, dans une démarche de rassemblement des gauches et des écologistes critiques vis-à-vis des projets politiques du PS et de ses alliés.
Cette liste a permis pour un bon nombre de citoyen-nes engagé-es de vivre un moment d’élaboration politique et pratique enrichissant, au contact du terrain et dans une démarche participative. Cette liste et ses candidat-es ont courageusement parcouru le territoire et porté des valeurs de solidarité, de justice, d’égalité et d’écologie.
Le score réalisé le 20 juin 2021 est décevant, et s’inscrit dans un contexte de désespoir des classes populaires meurtries par les crises et qui se détournent du fait électoral, ne s’estimant plus représentées et ne trouvant pas la traduction politique de leurs colères et attentes. L’abstention record est un des symptômes de ces maux.
La situation pour le 2e tour des élections régionales en Bourgogne Franche Comté place en premier favori la liste conduite par MG Dufay et ses alliés communistes et écologistes, suivie par la liste du Rassemblement National.
MG Dufay a déclaré pendant sa campagne qu’elle était une femme de gauche et en a appelé au rassemblement de sa famille politique. Nous regrettons que ce discours se soit heurté à la gestion précédente de la Région (mise en concurrence du rail, politique économique qui ne protège pas suffisamment les emplois, ambition écologique limitée …).
Notre vigilance critique aurait pu dynamiser cette gauche au sein du Conseil régional : nous continuerons à nous exprimer depuis l’extérieur. Nous restons persuadés que nos valeurs et la confiance des citoyens ne s’accommodent pas d’arrangements avec les politiques de la concurrence et du libéralisme, largement développées par le macronisme.
Conscients de son poids modeste et aussi dans un total respect pour les électeurs-trices, Ensemble! Bourgogne Franche Comté ne donne pas de consigne de vote mais affiche sa position politique.
Malgré nos réserves et critiques vis-à-vis des choix de gestion libéraux et classiques de la majorité sortante et sans cautionner son projet politique dans son ensemble :
– nous voulons que l’extrême droite soit battue et réalise le plus petit score possible afin de limiter la nuisance anti démocratique que représentent ses élus dans une assemblée ; nous voulons que la droite traditionnelle et sa version macroniste libérale ne prennent pas le contrôle de la Région ;
– pour nous, la gestion de notre région par la liste « Pour un rassemblement de la gauche et des écologistes » se réclamant des valeurs de solidarité et d’écologie reste un point d’appui pour la reconstruction véritable d’un projet politique alternatif et porteur d’espoir, sous réserve que paroles et actes restent en accord.
Lors du premier tour des élections départementales dimanche 20 juin 2021, la participation a été extrêmement faible. Dans le département du Doubs aucun·e candidat·e n’a été élu·e au premier tour même quand les candidat·e·s ont obtenu plus de 50% des votes, puisqu’il faut avoir plus de 25% des inscrits pour l’être ce qui n’a jamais été le cas.
Dans 2 des 19 cantons du Doubs la gauche n’avait pas de candidat·e (Maiche et Morteau). Ailleurs les électeurs et électrices ont toujours répondu très positivement à l’unité des gauches et des écologistes en votant pour des candidat·e·s du rassemblement « Le Doubs Social Ecologique et Solidaire ». Malgré un ancrage à droite séculaire du conseil « général » puis « départemental » du Doubs, les candidatures de gauche et écologiques seront néanmoins présentes au second tour dans 14 des 17 cantons où elles se sont présentées. Il s’agit d’un beau résultat. Les candidats ayant le meilleur score sont de droite dans 9 cantons, de gauche et écologistes dans 6 cantons, du centre dans 2 cantons et du RN dans 2 cantons. Les candidats arrivés seconds sont de droite dans 6 cantons, de gauche dans 8 cantons, et du RN dans 5 cantons.
L’issue du second tour est incertaine. L’abstention restera-t-elle très élevée ? Comment se feront les reports de voix ?
Ces questions se posent en particulier dans le canton Doubs 7 Besançon 4 où sont candidat·e·s et remplaçant·e·s 1 PCF, 1 AGC ! et 2 membres d’Ensemble!
Avec 2833 voix (39,92% des suffrages exprimées), ce quadrinôme est arrivé très largement en tête. La droite unie (élus sortant de la majorité départementale) est loin derrière avec 24,55% des suffrages (1742 voix), soit un écart de plus de 1000 voix en notre faveur. Pourtant, rien n’est joué. Les sortants de la droite classique peuvent bénéficier de réserves importantes, peut-être du côté de La République en Marche (1305, 18,99%) et du Rassemblement National (1216, 17,14%), et pourraient être réélus.
Le second tour est donc ouvert, malgré des conditions plutôt favorables.
La mobilisation en faveur des propositions et des valeurs de la gauche et de l’écologie peut assurer la victoire commune. A condition toutefois qu’il y ait une mobilisation.
Mobilisation à laquelle nous vous suggérons de participer dans les 14 cantons où la gauche et l’écologie seront présentes, en incitant celles et ceux que vous connaissez et qui n’ont pas voté le 20 juin, à se déplacer pour le faire le 27.
La victoire est possible et vous pouvez y contribuer. Votre implication peut faire pencher la balance du côté de l’espoir et du changement. Nous comptons sur vous
Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant. S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale.
Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres en ciblent en raison de leur activité militante.
Comme les signataires de l’appel pour les libertés et contre les idées mortifères de d’extrême droite (https://www.appelpourleslibertes.com), nous ressentons toutes et tous l’urgence de construire une réponse forte et unitaire qui dessine l’alliance des libertés, du travail et d’un avenir durable.
Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous avons décidé collectivement d’organiser le samedi 12 juin une première grande journée nationale de manifestation et de mobilisations qui se déclinera localement.
Cette journée fait partie des initiatives unitaires qui se multiplient. D’ores et déjà, nos organisations syndicales, politiques, associations, collectifs, signataires de l’appel, ont décidé de co-construire ce combat dans la durée.
Les premiers signataires :
Syndicats : CGT, FSU, Union syndicale Solidaires, Syndicat des Avocats De France, Syndicat de la Magistrature, UNEF (Union nationale des Étudiants de France), UNL (Union nationale des Lycéens), Fidl, MNL (Mouvement national Lycéen), FSE (Fédération Syndicale Etudiante, l’Alternative, Confédération Paysanne, USP (Union Syndicale de la Psychiatrie).
Associations et collectifs : Attac, LDH, FCPE, Fondation Copernic, Oxfam, Alternatiba, Amis de la terre, Résilience commune, DAL, CNL (Confédération nationale du Logement), Emancipation collective, Rencontre des justices, Coexister, CRAN, SOS Racisme, comité justice pour ibo QNQF (Quartiers nord, Quartiers forts Marseille) , Observatoire National contre l’extrême droite, Mrap, association ViSA, Femmes égalité, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif féministe Les Rosies, Les effronté.e.s, JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) , AFPS, Conseil démocratique Kurde France, FTCR, CRLDHT, UTAC, France Amérique Latine, La Jeune Garde (Lyon, Strasbourg et Paris).
Médias : Regards, L’Humanité, Politis, Contretemps, Le Media.
Organisations politiques : ENSEMBLE !, Génération.s, La France Insoumise, GDS, Nouveaux Démocrates, NPA, Place Publique, le Parti de Gauche, les jeunes écologistes, MJCF (Mouvement des Jeunes Communistes), UEC, PEPS, Jeunes Génération.s, Rassemblement Communiste, UCL (Union Communiste Libertaire).
Jardin des Vaîtes. Une lutte pour le vivant à Besançon Cet ouvrage, édité le 15 mars 2021, est issu du travail et de la réflexion collective de l’association « Les Jardins des Vaîtes ».Comme jadis à Besançon des travailleur·euses de l’horlogerie ont porté haut et fort le combat pour une vie digne dans une société égalitaire et autogérée, la mobilisation citoyenne pour protéger de la bétonisation la zone naturelle et cultivée des Vaîtes, en plein cœur de la ville, questionne notre relation au vivant et la place de l’humain dans son environnement, s’il ne veut pas disparaître avec lui. Elle dessine les formes d’organisation d’un « habiter autrement » la ville, qu’expérimentent aussi d’autres mouvements de résistance aux Grands Projets Inutiles et Imposés en France et dans le monde.
Préface de Gilles Clément et Corinne Morel-Darleux
Ces obsèques auront lieu vendredi 15 janvier à 13 H 30 au Crématorium de Saint-Claude. Tous ceux qui le souhaitent pourront y assister, à l’extérieur, où une sonorisation sera installée.
Jean-Jacques Boy nous a quittés dans la nuit de jeudi à vendredi 8 janvier. Dès ses années d’études à l’ENSMM, puis ingénieur dans cette école, il s’est engagé auprès des associations de solidarité avec le peuple palestinien et les peuples africains. Il est resté un militant infatigable de la solidarité internationale et de l’accueil des étrangers en France.
Sa dernière apparition en public était pont Battant en octobre dernier lorsque nous avons lancé des fleurs dans le Doubs en commémoration de la répression sauvage d’une manifestation pacifique des familles algériennes à PARIS, le 17 octobre 1961, répression par la police parisienne sous les ordres de Papon.
Il avait été à l’initiative de cette cérémonie annuelle il y a une vingtaine d’années.
Je témoigne ici en tant que président de Radio Bip sur le rôle décisif joué par Jean-Jacques dans les premiers pas de la radio pirate Radio 25 depuis 1977, puis dans la création de Radio BIP en 1981.
Le mouvement des radios libres à l’époque espérait un maillage du territoire national par des radiso associatives non commerciales qui donneraient la parole à tous les acteurs locaux de la vie démocratique et contrebalanceraient les informations aseptisées des radios publiques.
Ce mouvement des radios libres non commerciales existe encore aujourd’hui, même si la scène radiophonique a surtout été envahie par des radios commerciales qui nous servent un brouet peu ragoutant à l’image des médias dominants possédés en France par des milliardaires.
Jean-Jacques a été un président exemplaire de Radio Bip pendant les premières années de la Radio.
Il a participé à l’époque à l’élaboration de notre charte qui protège notre indépendance éditoriale et définit nos buts : donner la parole aux acteurs locaux associatifs et syndicaux, être une radio de terrain qui rend compte des mobilisations populaires autrement que par des communiqués ou des compte-rendus bien trop brefs.
Jean-Jacques a animé plusieurs émissions phare de la radio, en particulier « Graffiti sur les murs du silence », qui à l’époque était centrée sur les informations internationales, particulièrment de Palestine, d’Afrique et du Proche-Orient.
Après qu’il se soit éloigné de la radio pour se consacrer à ses activités au sein du Cisia, du CDDLE, de l’Association Germaine Tillion, de Palestine amitié et d’autres encore, l’émission « Graffiti sur les murs du silence » est devenue une émission de commentaire de l’actualité sociale et politique, aussi bien locale que nationale ou internationale.
Entre 2015 et 2020 Jean-Jacques a animé l’émission mensuelle « Des ponts pas des murs » pour rendre compte des activités du Comité de Défense des Droits et des Libertés des Étrangers (CDDLE).
Tous ceux qui l’ont connu de près ont admiré sa gentillesse et son militantisme.
Il avait donné le nom d’Abraham Serfaty à la salle de la radio consacrée aux réunions et aux spectacles. Nous donnerons le nom de Jean-Jacques Boy à notre studio d’émissions, dans lequel il a été si souvent présent.
*hommage de Palestine Amitiés
Aux adhérents de Palestine-Amitié
Nous avons la très grande tristesse de vous faire part du décès de notre ami, Jean-Jacques BOY. Il était de tous les combats pour défendre les droit de ceux qui en étaient privés, pour rétablir la justice entre les hommes.Il fut membre actif dans notre association avant que la maladie le terrasse car la cause palestinienne lui tenait à cœur : faire connaitre la situation des Palestiniens, était son engagement.Ces obsèques auront lieu vendredi 15 janvier à 13 H 30 au Crématorium de Saint-Claude. Tous ceux qui le souhaitent pourront y assister, à l’extérieur, où une sonorisation sera installée.
transcription de l’hommage dit lors des obsèques de JJ Boy par Noëlle Ledeure
Jean-Jacques,
nous ne t’appelions pas seulement Jean-Jacques, pour nous, tu étais aussi JJ, prononcé Djidji parfois, en insistant sur la première syllabe, avec une pointe d’accent méridional dans le sourire, et immédiatement, le tien resplendissait.
En Palestine, tu étais Abu Sara, le papa de Sarah, ainsi que te nommaient affectueusement nos amis des camps de réfugiés d’Aqbat Jabr ou de Deisheh.
Pour certains d’entre nous, tu étais un camarade de syndicat, d’abord à la FSU, puis, passé à Sud Éducation Franche-Comté dont les orientations internationalistes et solidaires correspondaient mieux aux tiennes, tu as pris les responsabilités de la trésorerie pendant de longues années. Élu et constamment réélu par tes collègues au Comité technique de l’ENSMM, tu t’y présentais comme tête de liste commune SUD-FSU. Des Ponts, pas des Murs, y compris au travail…
Depuis longtemps déjà, en effet, tu te préoccupais de solidarité internationale avec les victimes de persécutions et de l’accueil des réfugiés sur le sol de notre pays : dès 1994-95, dans le sillage de Pierre Bourdieu, tu avais créé à Besançon le CISIA, Comité International de Solidarité avec les Intellectuels Algériens victimes de la furie meurtrière des Islamistes intégristes. La France refusait de leur délivrer des visas pour qu’ils puissent se réfugier de l’autre côté de la Méditerranée ; c’était intolérable pour toi. Il te fallait agir.
La suite logique de cette bataille politique et juridique pour défendre les droits des Algériens à venir et obtenir l’asile en France, c’est le CDDLE : tu crées, avec des militants de plusieurs organisations et associations, le Collectif de Défense des Droits et Libertés des Etrangers en 1997, dans le but de combattre les lois racistes et d’aider les personnes étrangères à faire valoir leurs droits face à l’Administration d’État. Ceux qui fuyaient la Bosnie et le Kosovo après les guerres des Balkans, par exemple, pourront ainsi trouver un appui à leur difficile parcours pour obtenir un titre de séjour.
Le CDDLE, pour toi, c’est un parcours de vie et tu en es resté le président, le militant assidu, malgré toutes les limites que t’imposait la maladie. Nous voulons t’en remercier et te dire notre admiration de ne jamais avoir abandonné ce Collectif qui a tendu la main et soutenu tant de personnes dans leurs difficultés à vivre ici et à y trouver leur place.
Je pense en particulier à Siva, le vendeur de roses Indien, que tu as défendu et dont tu as tenté d’empêcher l’expulsion avec toute l’énergie et la détermination qui te caractérisaient.
Dans le sillage du CDDLE, c’est aussi le RESF, Réseau Éducation Sans Frontières, que tu contribueras à animer localement pour défendre la régularisation des familles dont les enfants sont scolarisés : parrainages mixtes citoyens/élus locaux et manifestations mettront en avant la problématique des familles en danger d’expulsion.
Les Cercles de Silence, qui ont longtemps réuni jusqu’à plus de 100 personnes chaque premier samedi du mois à Besançon, sont aussi ton œuvre pour « changer la politique migratoire en France et en Europe », « changer le regard sur les migrants ».
Pendant tout ce temps, la mémoire du martyre des Algériens en France ne te lâche pas. 17 octobre 1961, massacre perpétré à Paris par les sbires du préfet Papon contre des centaines de travailleurs immigrés descendus des banlieues pour dire pacifiquement leur volonté d’Indépendance. Au début des années 2000, tu seras l’un des initiateurs du rassemblement annuel bisontin, sur le pont Battant, chaque 17 octobre, pour honorer leur mémoire et pour que notre République d’aujourd’hui n’oublie pas sur quels crimes d’État elle est assise. Qu’on n’oublie pas non plus « l’autre 8 mai 1945 » à Sétif, à Guelma, à Kherrata, dans le Constantinois, les massacres perpétrés par l’armée française et des milices sur des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants.
Ton Algérie, c’est encore celle des Aurès, celle des Chaouis si chère à Germaine Tillion, l’ethnologue, la Résistante, et à Claude Cornu, le soldat-appelé qui refusa de porter les armes et préféra faire la classe aux enfants. L’association A la Rencontre de Germaine Tillion allait naître de ton amitié pour Djemaâ Djoghlal, fille des Aurès, et qui fut, selon ton expression « l’âme du CISIA ».
Dans ton esprit, il y a place aussi pour d’autres causes justes : sur une autre rive de la Méditerranée, la Palestine et son peuple enfermé derrière des barbelés et aujourd’hui des centaines de kilomètres de Mur. Tu as fait le voyage dès 1983, bien avant les accords d’Oslo qui enterreront le droit au retour des Réfugiés palestiniens sur leurs terres d’avant 1948 et entérinent la séparation de Gaza l’emprisonnée de la Cisjordanie hérissée de colonies israéliennes. D’abord militant à l’AFPS, Association France-Palestine Solidarité, fondée en 2001, tu rejoindras l’association Palestine-Amitié, à sa création en 2010, dont tu seras un membre actif (ses affiches de l’époque sont signées de ta main).Tu regrettais ne pouvoir t’y investir plus, mais tu as refait le voyage vers Jéricho, Jérusalem, Bethlehem et Hébron, en 2010, puis en 2011 avec Sarah, à qui tu as insufflé une belle passion pour la Palestine libre !
Car toutes tes convictions, tu savais les diffuser et les partager, homme de media que tu étais. Ta porteuse de voix à toi a d’abord été Radio 25, fondée en 1977 avec quelques autres partisans des « radios libres » (comprenez interdites d’émettre librement, et donc pourchassées par la police de Giscard) ; vous aviez 20 ans ou un peu plus, vous n’en pouviez plus de l’ORTF – voix de son maître, tu maîtrisais la technique, solide formation à l’ENSMM oblige, Françoise faisait le guet, votre enthousiasme faisait le reste.
L’impertinente radio pirate deviendra Radio Bip en 1981, quand Mitterrand légalisera les radios « libres ».
A propos de Tonton, lui aussi est mort un 7 janvier, 25 ans avant toi. Ironie de l’Histoire…
Mais ce long curriculum ne résout pas la question qui demeure, Jean-Jacques : où puisais-tu cette formidable énergie qui, chez toi, transformait une cause en combat ?
Que ce soit le Maroc des opposants à Hassan II, l’Irlande du Nord et ses militants Républicains martyrisés par l’occupant anglais, l’Algérie combattant pour sa liberté ou contre l’effacement de la mémoire, la Palestine et son droit à la terre, le droit des étrangers à construire leur vie ici et à y trouver asile, rien de ce qui portait atteinte à la fraternité des êtres humains et à leur dignité ne te laissait indifférent.
Et cette constance de ton engagement, tu ne la concevais pas en dehors d’un cadre collectif, tu cherchais toujours à la conjuguer avec ceux qui partageaient ton indignation, ta révolte, par-delà les clivages partisans. C’est ce qui fait que nous sommes si nombreuses et nombreux à t’avoir rencontré et apprécié, si nombreuses et nombreux à avoir voulu partager ce moment de recueillement et d’hommage aujourd’hui, autour de Françoise et Sarah, les femmes de ta vie, « mes danseuses », comme tu disais.
Nous le partageons aussi avec ton père, trop éloigné pour se trouver ici, et ton frère.
A toutes et tous, la famille, les amis, nous voulons dire ce que Jean-Jacques nous a donné, sa disponibilité, sa bonté, sa force de vie, son extraordinaire capacité à porter les combats ; JJ, c’était un laboureur, un tisserand, un semeur de graines, un passeur patient, bienveillant, humble. Et un sourire, un éclat de rire qui résonneront longtemps dans nos têtes.
Salut et fraternité, JJ,
ton esprit espiègle continue de nous accompagner, en particulier dans ce Collectif qui est aussi ton œuvre et que tu nous laisses en partage : Solmiré.
Chanson naïve, du poète palestinien Mahmoud Darwich, traduit par le poète marocain Abdellatif Laâbi, que Jean-Jacques avait invité à Besançon dans le cadre du CISIA
Ici, sur les pentes des collines, face au couchant Et à la béance du temps, Près des vergers à l’ombre coupée, Tels les prisonniers, Tels les chômeurs, Nous cultivons l’espoir A quoi servirait le printemps clément S’il ne tenait compagnie aux morts, s’il n’accomplissait, Après eux, la joie de vivre et l’éclat de l’oubli ?
Policiers et gendarmes ont-ils le droit de regarder ce qu’il y a dans mon cabas ? Est-ce à eux d’évaluer ce qui est ou non de première nécessité ? Ont-ils le droit de me raccompagner chez moi ?
Ils sont chargés de veiller au bon respect des mesures de limitation de nos déplacements : sur l’ensemble de la France, policiers et gendarmes ont déjà dressé quelque 359 000 procès verbaux pour non respect du confinement, a annoncé ce mercredi 1er avril le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.
Mais dans le même temps, des témoignages ubuesques fleurissent sur les réseaux sociaux, dénonçant des contrôles jugés abusifs. Bien qu’appelés à faire preuve de « discernement », certains membres des forces de l’ordre profiteraient-ils du flou généré par cette situation nouvelle pour abuser de leur autorité ? Tour d’horizon de ce qui leur est permis de faire, et de ce qui ne l’est pas.
Policiers et gendarmes ont-ils le droit de regarder ce qu’il y a dans mon cabas/sac/chariot ?
Comme le rappelle l’Observatoire parisien des libertés publiques dans un document très étayé, un policier ou un gendarme n’a pas le droit de vous fouiller d’office, ni même d’inspecter vos affaires : pour contourner cet obstacle, les forces de l’ordre vous demanderont donc d’ouvrir vous-même votre sac, ou de sortir les objets contenus dans vos poches.
Dans la situation où vous venez de faire des courses par exemple, vous êtes alors tenu de présenter le contenu de vos sacs, « afin de justifier votre achats de produits de première nécessité », nous explique-t-on sur le tchatspécialement mis en place par la police nationale le temps de la crise sanitaire.
Est-ce à eux d’évaluer ce qui est ou non de première nécessité ?
Cette observation amène à une autre question : qu’est-ce qu’un produit de « première nécessité » ?
Le décret publié au Journal officiel ne précise pas ce point. Nous avons donc de nouveau posé la question sur le tchat de la police nationale. Voici la réponse obtenue :
« La vérification des denrées alimentaires et la désignation des biens de première nécessité sont des critères subjectifs et incontrôlables. Il suffit de présenter son attestation correspondant au motif de la sortie temporaire du confinement et de l’achat de denrées »
« L’irruption de cette pandémie, qui est un trauma à l’échelle mondiale, a ouvert une période marquée par trois caractéristiques :
• L’incertitude : selon Janine Puget, psychanalyste argentine, nos vies sont régies par ce qu’elle nomme le « principe d’incertitude […] qui inclut l’imprévisible comme prévisible ». Ce principe qui, pour elle, caractérise les liens dans la mesure où toute rencontre reste imprévisible est aujourd’hui le trait caractéristique de ce moment historique. Il nous faut donc faire avec le manque de certitudes : tous nos savoirs sont impuissants pour éviter cette incertitude qui suscite de l’angoisse pour tous – enfants, adolescents et adultes. Apprendre à tolérer la peur et l’incertitude est un des enjeux de l’éducation à l’heure du confinement.
• La perte et le manque : paraphrasant toujours J. Puget, il nous semble qu’il faut faire aussi avec ce sentiment que le monde que nous avons perdu ne nous reviendra plus, sans savoir ce que nous allons perdre. Nous devons faire face à un excès de pertes : il s’agit bien sûr de la perte des malades qui disparaissent et que nous ne reverrons plus, ceux dont le nombre rythme les nouvelles quotidiennes. Parmi ces pertes, nous comptons aussi une partie de nos libertés et l’ordinaire de nos vies. Nos vies quotidiennes d’aujourd’hui sont radicalement différentes et marquées par une forme inattendue du manque.
• La discontinuité est le troisième trait caractéristique de cet événement qui introduit une rupture historique entre passé et présent. La discontinuité concerne aussi les liens que chacun a établis avec les autres, comme le propose J. Puget, mais les modalités de la discontinuité sont modifiées. Dans le champ éducatif, la mise en place massive d’enseignements à distance, pour assurer la continuité pédagogique, transforme les liens éducatifs. Les élèves ont vécu une rupture des liens avec leurs enseignants et avec les autres élèves de leurs classes. Il en est de même à tous les degrés du système éducatif. L’absence d’une coprésence en groupe est un autre élément de discontinuité. D’ordinaire, les élèves et les étudiants apprennent en situation groupale. Avec l’enseignement à distance tel qu’il s’est mis en place dans l’urgence, chacun est seul devant son écran, en dehors d’un groupe. »
« Plus jamais ça ! Préparons le ‘jour d’après' », 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), signent une tribune commune publiée, vendredi 27 mars, sur franceinfo.
Face à « la crise du coronavirus » des organisations syndicales, associatives et environnementales réclament « de profonds changements de politiques », pour « se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde ».
En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des « décisions de rupture » et à placer « des services (…) en dehors des lois du marché ». Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde.
Dès à présent, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations celle des personnels de la santé et des soignant·e·s parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre, et ceci doit largement prévaloir sur les considérations économiques. Il s’agit de pallier en urgence à la baisse continue, depuis de trop nombreuses années, des moyens alloués à tous les établissements de santé, dont les hôpitaux publics et les Ehpad. De disposer du matériel, des lits et des personnels qui manquent : réouverture de lits, revalorisation des salaires et embauche massive, mise à disposition de tenues de protection efficaces et de tests, achat du matériel nécessaire, réquisition des établissements médicaux privés et des entreprises qui peuvent produire les biens essentiels à la santé, annulation des dettes des hôpitaux pour restaurer leurs marges de manœuvre budgétaires… Pour freiner la pandémie, le monde du travail doit être mobilisé uniquement pour la production de biens et de services répondant aux besoins essentiels de la population, les autres doivent être sans délai stoppées. La protection de la santé et de la sécurité des personnels doivent être assurées et le droit de retrait des salarié·e·s respecté.
Des mesures au nom de la justice sociale nécessaires
La réponse financière de l’État doit être d’abord orientée vers tou·te·s les salarié·e·s qui en ont besoin, quel que soit le secteur d’activité, et discutée avec les syndicats et représentant·e·s du personnel, au lieu de gonfler les salaires des dirigeant·e·s ou de servir des intérêts particuliers. Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs·euses et travailleurs·euses, il faut interdire tous les licenciements dans la période. Les politiques néolibérales ont affaibli considérablement les droits sociaux et le gouvernement ne doit pas profiter de cette crise pour aller encore plus loin, ainsi que le fait craindre le texte de loi d’urgence sanitaire.
Le néolibéralisme, en France et dans le monde, a approfondi les inégalités sociales et la crise du coronavirus s’abattra notamment sur les plus précaires.Les signataires de la tribune
Selon que l’on est plus ou moins pauvre, déjà malade ou non, plus ou moins âgé, les conditions de confinement, les risques de contagion, la possibilité d’être bien soigné ne sont pas les mêmes. Des mesures supplémentaires au nom de la justice sociale sont donc nécessaires : réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les très mal logés, y compris les demandeurs·euses d’asile en attente de réponse, rétablissement intégral des aides au logement, moratoire sur les factures impayées d’énergie, d’eau, de téléphone et d’internet pour les plus démunis. Des moyens d’urgence doivent être débloqués pour protéger les femmes et enfants victimes de violences familiales.
Les moyens dégagés par le gouvernement pour aider les entreprises doivent être dirigés en priorité vers les entreprises réellement en difficulté et notamment les indépendants, autoentrepreneurs, TPE et PME, dont les trésoreries sont les plus faibles. Et pour éviter que les salarié·e·s soient la variable d’ajustement, le versement des dividendes et le rachat d’actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, doivent être immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme.
Trop peu de leçons ont été tirées de la crise économique de 2008.Les signataires de la tribune
Des mesures fortes peuvent permettre, avant qu’il ne soit trop tard, de désarmer les marchés financiers : contrôle des capitaux et interdiction des opérations les plus spéculatives, taxe sur les transactions financières… De même sont nécessaires un contrôle social des banques, un encadrement beaucoup plus strict de leurs pratiques ou encore une séparation de leurs activités de dépôt et d’affaires.
Des aides de la BCE conditionnées à la reconversion sociale et écologique
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une nouvelle injection de 750 milliards d’euros sur les marchés financiers. Ce qui risque d’être à nouveau inefficace. La BCE et les banques publiques doivent prêter directement et dès à présent aux États et collectivités locales pour financer leurs déficits, en appliquant les taux d’intérêt actuels proches de zéro, ce qui limitera la spéculation sur les dettes publiques. Celles-ci vont fortement augmenter à la suite de la « crise du coronavirus ». Elles ne doivent pas être à l’origine de spéculations sur les marchés financiers et de futures politiques d’austérité budgétaire, comme ce fut le cas après 2008.
Cette crise ne peut une nouvelle fois être payée par les plus vulnérables.Les signataires de la tribune
Une réelle remise à plat des règles fiscales internationales afin de lutter efficacement contre l’évasion fiscale est nécessaire et les plus aisés devront être mis davantage à contribution, via une fiscalité du patrimoine et des revenus, ambitieuse et progressive.
Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l’emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d’un plan contraignant de respect des accords de Paris… Car l’enjeu n’est pas la relance d’une économie profondément insoutenable. Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes…
Relocalisation de la production
La « crise du coronavirus » révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisée et un commerce international en flux tendu, qui nous empêchent de disposer en cas de choc de biens de première nécessité : masques, médicaments indispensables, etc. Des crises comme celle-ci se reproduiront. La relocalisation des activités, dans l’industrie, dans l’agriculture et les services, doit permettre d’instaurer une meilleure autonomie face aux marchés internationaux, de reprendre le contrôle sur les modes de production et d’enclencher une transition écologique et sociale des activités.
La relocalisation n’est pas synonyme de repli sur soi et d’un nationalisme égoïste. Nous avons besoin d’une régulation internationale refondée sur la coopération et la réponse à la crise écologique, dans le cadre d’instances multilatérales et démocratiques, en rupture avec la mondialisation néolibérale et les tentatives hégémoniques des États les plus puissants. De ce point de vue, la « crise du coronavirus » dévoile à quel point la solidarité internationale et la coopération sont en panne : les pays européens ont été incapables de conduire une stratégie commune face à la pandémie. Au sein de l’Union européenne doit être mis en place à cet effet un budget européen bien plus conséquent que celui annoncé, pour aider les régions les plus touchées sur son territoire comme ailleurs dans le monde, dans les pays dont les systèmes de santé sont les plus vulnérables, notamment en Afrique.
Tout en respectant le plus strictement possible les mesures de confinement, les mobilisations citoyennes doivent dès à présent déployer des solidarités locales avec les plus touché·e·s, empêcher la tentation de ce gouvernement d’imposer des mesures de régression sociale et pousser les pouvoirs publics à une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise.
Plus jamais ça ! Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre « jour d’après ». Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.
Ce week-end, le premier tour des élections municipales risque d’avoir des allures contradictoires. Selon un sondage Ifop, 28% des Français seraient prêts à ne pas se déplacer pour cause de coronavirus, ce qui pourrait modifier les coordonnées du scrutin. Alors, à quoi peut-on s’attendre ?
Une raclée électorale pour la macronie est à portée de main. Il est frappant de voir que le « nouveau monde » se révèle pour de qu’il est, un alliage de vieilles recettes et d’ancrage à droite toute. Il est notable que ce soit souvent des maires LR qui ont hérité du label LREM. La tour d’ivoire dans laquelle s’est retranché le pouvoir en place n’est pas un repli convaincant pour renouveler avec la confiance des électeurs. Fait symptomatique, Édouard Philippe, pourtant ancien maire du Havre, est en difficulté dans son ancien bastion face à Jean-Paul Lecoq, candidat communiste prêt à lui ravir la mairie en conduisant une liste de large rassemblement. Après le 49.3, le Premier ministre dévisse dans les sondages. Quant à Paris, la campagne d’Agnès Buzyn n’atteste pas d’une grande forme dans cette ville où le potentiel LREM est pourtant très fort… Bien que réjouissante, cette possible claque électorale pourrait être gâchée par le score du Rassemblement National. La formation d’extrême-droite, élections après élections, cultive son implantation locale et menace de s’appuyer sur davantage d’élus municipaux. Une majorité de la population (56%) pense désormais que son arrivée au pouvoir est possible. Les prophéties auto-réalisatrices des années précédentes nous avaient déjà embarqués dans un deuxième tour quasi obligatoire face à Marine Le Pen. Cette ascension dit l’urgence à bâtir une alternative émancipatrice face au duopole Macron/Le Pen.
Malgré les nombreuses expériences de rassemblement au sein de la gauche et des écologistes, c’est l’éclatement qui domine. Les combinaisons sont si multiples qu’il est bien difficile de s’y repérer. Il n’y a pas lisibilité nationale, les résultats seront d’ailleurs plus longs et plus difficiles à analyser. Réjouissons-nous que la composante citoyenne soit à l’honneur dans cette élection. Elle confirme l’immense demande d’implication qui ne cesse de s’exprimer dans notre société, sous fond pourtant d’une terrible crise de confiance dans nos institutions. Malheureusement, chaque formation politique à gauche a tout de même voulu miser avant tout sur un succès personnel dimanche, comme si cela éclairerait automatiquement le champs politique pour 2022, l’épreuve municipale passée. EELV espère une vague verte et n’a, pour l’essentiel, accepté de rassemblement que derrière une candidature de sa propre formation. Le PS croit pouvoir sortir de ses décombres à l’occasion de cette élection locale où il compte un nombre significatif de sortants. À l’inverse, la FI n’a pas de maillage municipal constitué : elle ne peut donc, presque mécaniquement, sortir que renforcée en nombre d’élus– ne doutons pas que les insoumis sauront valoriser leur percée. Enfin, les communistes doivent relever le défi de conserver leurs derniers bastions historiques pour escompter ne pas plonger plus avant dans le déclin. De Génération.s à Place publique, d’Ensemble à la Gauche Républicaine et Socialiste, il reste encore de petites organisations qui, en général, sont venues prêter main forte à des configurations unitaires. Bien malin qui peut y voir clair dans ce paysage atomisé…
La période de l’après-municipale sera ainsi cruciale pour notre camp social. Le double défi qui s’impose scellera la possibilité en 2022 d’en finir avec Macron et son ticket gagnant qu’est Marine Le Pen. Conjurer l’avènement des égos et le spectre de la division ne sera pas une tâche facile, et reposera autant sur la capacité de se rassembler que de faire émerger un projet commun sur lequel peut reposer une telle tentative. L’ébullition sociale et écologique du pays nous rappelle chaque jour l’immense potentiel d’une option radicale de transformation que nous portons à gauche mais de façon encore trop dispersée. Nous n’avons plus le droit à l’erreur, avant la ligne droite de la présidentielle. Un tournant est à négocier, serrons à gauche ! Vertement !
Ensemble! (Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire) constate la présence de plusieurs listes de gauche pour l’élection municipale à Besançon. Au moment où de nombreux mouvements sociaux montrent une implication citoyenne importante, Ensemble! rappelle que l’objectif doit être une démocratie authentique au service d’objectifs sociaux et écologiques bénéficiant en premier lieu à celles et ceux qui vivent du fruit de leur travail et pas à celles et ceux qui « parasitent » la société. L’élection municipale est l’échéance électorale qui permet de s’impliquer en politique au plus près des préoccupations des citoyen·ne·s. Des membres d’Ensemble ! se sont impliqués, soutiennent ou font campagne pour les listes conduites par Anne Vignot ou Claire Arnoux. Dans cette configuration de concurrence à gauche Ensemble! appelle les électrices et électeurs à se mobiliser contre les listes qui se situent à droite (afin qu’elles n’aient aucune perspective de gagner la ville) et à voter le 15 mars pour les listes de gauche (Besançon par Nature, Besançon Verte et Solidaire et Faire entendre le camp des travailleurs).