LaLettre d’Ensemble! du 17 mars 2021

La Commune n’est pas morte

Les anniversaires ont souvent un sens politique fort. Celui du déclenchement de la Commune de Paris, a pour nous une signification particulière. Et le débat qui se déroule à propos de l’hypothèse de sa célébration est très politique, en ces temps où il est de bon ton de répéter que les notions de droite et de gauche sont dépassées. L’historien Pierre Nora, qui vient de la gauche, mais s’en éloigne toujours plus, déclare à France Inter qu’il est opportun de célébrer Napoléon, mort en 1821, mais pas la Commune, qui est pour lui un événement daté, dernière révolution ouvrière du XIXème siècle. Elle le fut certes, mais ses 72 jours qui ébranlèrent Paris furent aussi la première des révolutions sociales des temps à venir. Refusant, le 18 mars 1871, de rendre les canons aux Prussiens qui assiégeaient Paris, les ouvriers et artisans parisiens chassèrent le gouvernement bourgeois de Thiers et entreprirent de profondes transformations sociales et politiques. Elisant au suffrage universel un Conseil général dont le tiers était composé d’ouvriers, la population parisienne réalisait, comme le dira Karl Marx, « la forme enfin trouvée de l’émancipation du travail ». En quelques semaines, la Commune prit des mesures sociales urgentes : remise des loyers impayés, suppression du travail de nuit des boulangers, réquisition de logements vides … Elle reconnut l’union libre, interdit la prostitution et mit en place un début d’égalité salariale hommes-femmes. Elle proclama la séparation de l’Eglise et de l’Etat et décida de la révocabilité des élus. Le tout, sous la menace de l’armée versaillaise et la pression des assiégeants prussiens, alliés pour la circonstance. Elle finit par succomber lors de la dernière semaine, sanglante, de mai 1871. Les milliers de morts jonchant alors le pavé parisien témoignaient que la bourgeoisie avait eu très peur. Pour ces raisons, nous célébrons la Commune de Paris, moment où le peuple prit en main les affaires, comme aujourd’hui celles et ceux qui luttent entendent le faire. Moment où les femmes se dressèrent pour leurs droits comme elles le font aujourd’hui. Symbole de défaite aussi, comme le mouvement ouvrier en connut tant. Mais, moins de 10 ans après, il renaissait encore plus fort. Et c’est en juin 1871, caché pour éviter la répression qu’un communard, Eugène Pottier, écrivait les paroles de l’Internationale. La Commune n’était pas morte, elle est toujours vivante dans la mémoire de celles et ceux qui veulent changer le monde.

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dimanche 21 mars à 11h00 sur l’esplanade de la Cité des Arts de Besançon, et Agora quotidienne

COMMUNIQUÉ

Nous, acteur.trice.s culturel.le.s du territoire de Franche-Comté et membres de la Coordination des Intermittent.e.s et Précaires de Franche-Comté, appelons nos publics à soutenir notre mobilisation et nos revendications, le dimanche 21 mars à 11h00 sur l’esplanade de la Cité des Arts de Besançon, autour des points suivants :

·         Nous demandons le renouvellement indispensable de l’année blanche pour les intermittent.e.s du spectacle, et que des crédits soient urgemment mobilisés afin de soutenir directement l’activité des artistes, technicien.ne.s, auteur.trice.s, plasticien.ne.s (…) toutes disciplines et statuts confondus.

·         Que soit mis en place, dans nos secteurs d’activité, un accompagnement prioritaire et urgent, de la jeunesse en formation et de la nouvelle génération coupées en plein envol et sans visibilité sur l’avenir.

·         Nous demandons, la réouverture la plus rapide possible de nos lieux au public sur la base d’un protocole de reprise d’activité graduée.

·         Nous demandons la mise en place de mesures sectorielles d’accompagnement tant que la reprise d’activité ne sera pas totale et sans limitation de jauge.

Et Agora quotidienne,
A 14h, CDN, esplanade J.L.Lagarce, avenue Droz, Besançon
Organisé par la CIP

Par ailleurs, nous soutenons les demandes exprimées par les collectifs occupant les lieux culturels, visant à suspendre tout projet de réforme des conditions d’accès à l’assurance chômage dans un contexte où les plus fragilisés de nos concitoyens sont déjà les grandes victimes de la crise économique que nous traversons.

« La » PAULETTE

C’est une  « payse », Paulette GUINCHARD, c’est Zaza. Oui, dire que Paulette était proche des gens, c’est un euphémisme, elle les a incarnés, soignés et plus tard défendus avec une force puisée dans ses racines, dans la noblesse de ses racines terriennes. Les vrais gens l’ont toujours reconnue « des leurs ». C’est dans les hautes sphères, selon l’expression consacrée, qu’elle a porté la parole des vieux sans revenus décents pour survivre. A l’Assemblée Nationale, elle subit la risée de certains députés du fait de son accent franc-comtois ! auraient-ils agi ainsi face à un homme ? Mais Zaza parlait à tout le monde, souriante, aimable des qualités vraies qui ne trompent pas.

L’acte posé, entre autres, par la secrétaire d’État qu’elle fut, c’est l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) pour que les vieux ne vieillissent pas et ne meurent pas dans la misère ; j’ajoute maintenant, et puissent mourir dans la dignité en limitant la souffrance. Ça cause ! et un peu plus actuellement car avec la pandémie pendant le premier confinement, les morts dans les EPHAD étaient de suite évacués dans des sacs plastiques et « L’adieu interdit » cf. le livre de Marie de Hennezel. Où va t-on ? Pas de rites funéraires et par là même, deuil presque impossible.

Paulette fut contrainte, avec un courage incommensurable, de demander à nos voisins suisses -c’est vrai que l’on sait les trouver dans certaines situations difficiles nos voisins helvètes… – d’être assistée dans sa mort. Quelle admiration pour moi ! Quel exemple… Je sais on va dire ce n’est pas le moment de parler de cela mais il est quand le moment ? Travaillons pour lever ce tabou en France de la mort assistée médicalement lorsque la personne le souhaite ardemment. Paulette je ne crois pas te trahir là.

Souvenirs… Souvenirs ponctués par une virgule de Madeleine Proust, son sourire, son regard acéré et bien sûr son accent.

Un voile de Proudhon, sa fibre sociale, son esprit novateur, son mutualisme car ne l’oublions pas Pierre-Joseph Proudhon était de Chasnans.

Et bien sûr « notre » Gustave Courbet, son engagement, sa fierté, sa détermination et la Commune de Paris… lui qui a parcouru la vallée de la Loue, lui qui est né sur le plateau de Flagey.

Moi qui suis fille du plateau de la même génération que Zaza, je pense pouvoir me permettre ces raccourcis historiques et jongler avec ces similitudes.

Paulette, par tes convictions tu as fait honneur au Peuple de ta région.

Besançon, le 11 mars 2021

Daniella CHAILLET

« La Paulette », une fille du peuple

Paulette Guinchard , « la Paulette » ou « Zaza », s’est donné la mort en Suisse le 4 mars 2021 par suicide assisté. Elle qui abhorrait les périphrases aurait détesté qu’on dise « elle a choisi de quitter la vie ». Son choix de mourir dans la dignité est certes un choix personnel – elle était affectée depuis des années d’une maladie génétique de plus en plus invalidante – mais c’est en même temps, alors même qu’un débat sur cette question se fraye un chemin, un acte politique, car ce faisant elle souligne la cruelle absence de législation de ce type dans notre pays.

« Seule ministre qui sait traire les vaches », disait-elle, née à Reugney, village du Haut Doubs, entre Ornans et Levier, elle avait très tôt, dès ses années d’étudiante à Besançon, milité à gauche. Comme un certain nombre d’entre nous elle avait adhéré dès ses vingt ans au PSU (Parti Socialiste Unifié) et s’était signalée, dans les années 1973-1974, par son soutien au MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception). Mais à la différence de celles et ceux qui, prolongeant la tradition de ce parti à travers les Alternatifs, se retrouvent aujourd’hui à Ensemble!, elle adhère au PS en 1986.

Elle poursuit dès lors une carrière politique entamée en 1983, locale d’abord (conseillère municipale, adjointe, conseillère régionale), puis nationale (députée), ce qui la conduira à la vice-présidence de l’Assemblée. De manière symbolique elle la présidera lors de la Journée internationale des femmes. Renouant dès lors le fil rouge de toute sa vie, l’attention portée aux « vieux » comme elle disait, elle accède enfin au secrétariat d’État aux personnes âgées. « Paulette », qui en tant qu’infirmière en psychiatrie, avait très tôt été attentive à leur accompagnement, fait adopter en juillet 2001 l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), un texte qui leur permettant de rester chez elles ou de financer une partie de leur maison de retraite, change radicalement leur condition. Elle continuera dans cette voie en devenant Présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et de la Fondation de gérontologie.

Personnalité reconnue à gauche, elle avait eu l’occasion de faire un très beau discours en 1999 lors de la remise par Georges Séguy de la Légion d’Honneur à Robert Charles, figure du Parti communiste du Haut-Doubs et de Franche-Comté. Et ce devant un parterre de militants venus de tous les horizons. Soucieuse depuis toujours de la cause des femmes, c’est elle aussi qui remit en 2012 l’Ordre du Mérite à Édith Mougin, Présidente de Solidarité Femmes de Besançon, association dans la création de laquelle elle s’était impliquée.

Le respect souvent affectueux qu’elle a suscité dépasse et de loin, la question des appartenances et des différends parfois sérieux que nous avions avec elle (en dernier lieu sur les récentes élections municipales à Besançon, où elle a soutenu Alauzet (ex EELV) malgré son choix de soutenir LREM). « Fille du peuple » – ses parents étaient agriculteurs et elle a milité à la JAC (Jeunesse Agricole Catholique) – elle fut moquée pour son accent mais, regard clair et pénétrant, parole douce mais ferme, écoute attentive et empreinte d’une empathie profonde, convictions chevillées au cœur, Paulette fut certes une femme politique qui, modestement mais durablement, outre une attention précoce et persistante à l’écologie, aura marqué de son sceau le destin des personnes âgées. Mais elle fut aussi plus simplement une belle personne !

Adieu « Paulette » !

Ensemble ! (collectif 25)

Mardi 2 mars à 19h -21h, sur facebook et zoom: Webinaire public « Contrat d’engagement républicain, la liberté associative et syndicale menacée. « 

Contrat d’engagement républicain, la liberté associative et syndicale menacée. Webinaire public.
Mardi 2 mars à 19h -21h, sur facebook et zoom

Organisé par le collectif contre le projet de loi confortant les principes de la République composé des organisations et associations suivantes :
LDH, CGT, FSU, Solidaires, SAF, SM, UNEF, Planning Familial, Libre Pensée, MRAP, SOS Racisme, Attac, Fondation Copernic, Memorial 98, Gisti, Fasti, FTCR, CRLDHT
« Contrat d’engagement républicain, la liberté associative et syndicale menacée »
Ouverture, animation et clôture : Malik Salemkour Président de la LDH

Interventions : Frédérique Pfrunder, déléguée générale du Mouvement associatif, Bénédicte Hermelin, directrice générale de France Nature environnement, Nathalie Verdeil secrétaire confédérale de la CGT, Stéphane Tassel, secrétaire national de la FSU, Sarah Durocher, co-présidente du Planning familial, Christian Eyschen, secrétaire général de la Libre pensée.
Sur Facebook : http://fb.me/e/IeoOYmzx
Sur 
Zoom : http://us02web.zoom.us/j/81476461000

Du 08 mars au 13 mars 2021 « SPORT DONNE DES ELLES »

À l’occasion de la Journée Internationale des droits de la femme, l’ASPTT Fédération Omnisports ouvre les portes de ses clubs en France et dans les DROM-COM à vous toutes pour découvrir et vous initier gratuitement à de nombreuses activités sportives !

Rejoignez le mouvement et inscrivez-vous vite !

Du 08 mars au 13 mars 2021 « SPORT DONNE DES ELLES » Inscription au préalable sur : https://lesportdonnedeselles.asptt.com/lsdde-club/asptt-besancon/

organisé par l’ASPTT de Besançon:

ASPTT BESANCON 12-14 Rue de Trépillot – BP 1015
25000 Besançon

Mardi 9 mars, mercredi 10 mars 2021, 9h-12h, Collège Camus, Besançon: Animation et sensibilisation de jeunes à l’égalité filles-garçons

Animation et sensibilisation de jeunes à l’égalité filles-garçons
Mardi 9 mars, mercredi 10 mars 2021, 9h-12h, Collège Camus, Besançon
Organisé par l’association Léo Lagrange Démocratie & Courage en collaboration avec Solidarité Femmes et le CIDFF

Le 09 mars et 10 mars 2021 de 9h à 12h Collège Camus à Besançon ANIMATION ET SENSIBILISATION

+ le lien vers le site de l’association Léo Lagrange de Besançon https://sortir.besancon.fr/event/animation-et-sensibilisation-au-college-camus/2021-03-09/

+ le lien vers la fédération régionale des centres d’information du droit des femmes et des familles https://bourgognefranchecomte-fr.cidff.info/actualites/p-9