Lettre de Annie Ernaux, lue ce lundi 30 mars au matin à la radio :

 Annie Ernaux Cergy, le 30 mars 2020

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays : les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » – chanson, encore, d’Alain Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

Annie Ernaux

Bernard Lahire: «Un risque de déflagration pour les plus démunis»

Médiapart le 31 mars 2020 Par Faïza Zerouala

Le sociologue Bernard Lahire, professeur de sociologie et auteur du très remarqué Enfances de classe – De l’inégalité parmi les enfants, décrypte pour Mediapart les risques de l’école à la maison pour les plus fragiles.

Le sociologue Bernard Lahire, professeur de sociologie à l’École normale supérieure de Lyon et auteur du très remarqué Enfances de classe – De l’inégalité parmi les enfants (éditions du Seuil), radiographie des inégalités scolaires, n’est pas étonné que la « continuité pédagogique » voulue par ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer soit difficile.

Il explique à Mediapart pourquoi l’école à distance risque de créer des difficultés à ceux qui sont déjà les plus fragiles.

Pourquoi ce confinement a-t-il des conséquences particulières sur les enfants des familles les plus modestes ?

Bernard Lahire : Le problème énorme qui surgit en cas de confinement, c’est le fait que le repli sur la sphère familiale et domestique conduit à une accentuation des inégalités de départ. Car les enfants des familles défavorisées ne vivent bien souvent les apprentissages de type scolaire qu’à l’école : leurs parents ne sont pas très diplômés, ils ne sont pas habitués à transmettre pédagogiquement les savoirs scolaires, et une partie d’entre eux ne savent pas lire ou écrire.

Pour ces enfants, il n’y a qu’à l’école qu’ils entrent en interaction avec des adultes pouvant les faire entrer dans les savoirs scolaires. Même si l’école reproduit les inégalités de départ, cela reste un lieu de transmission où l’on apprend des choses et où sont parfois contrariées les logiques de reproduction.

Pourquoi l’école à distance ne suffit-elle pas ?

Même si ces enfants ont accès à Internet, ce qui est loin d’être le cas de tous, le lien avec l’école se distend s’ils n’ont pas de présence adulte encadrante, tutorante. Les enfants sont davantage happés par la réalité familiale avec toutes les difficultés sociales et culturelles qui lui sont propres. 

Pourquoi est-ce que cette situation semble-t-elle surprendre tout le monde ?

On semble redécouvrir les inégalités. Or ceux qui ne veulent pas voir les inégalités, malgré les nombreuses enquêtes statistiques ou les études de cas, n’en ont au fond rien à faire de cette réalité. Leur vision du monde est ainsi façonnée parce qu’ils sont du côté des puissants. Ils ne veulent rien voir de ce qui met au jour leurs privilèges. 

On comprend que les plus modestes vont pâtir de la situation, quand bien même l’école à la maison est difficile pour tous les parents.

Tous ceux qui sont « requis » actuellement, comme les soignants parmi lesquels il y a des aides-soignantes, des brancardiers, etc., et pas seulement des médecins et des infirmières, ou ceux qui travaillent dans les magasins d’alimentation ont en plus à gérer la question de l’éducation de leurs enfants.

S’il reste un père à la maison parce que la mère est caissière et doit aller travailler, la division sexuelle des tâches fait qu’il ne sera pas toujours très à l’aise dans toutes les tâches éducatives et de suivi scolaire. Il y aura donc une multitude d’effets négatifs qu’on ne mesurera que plusieurs mois après la sortie de crise. Cela peut provoquer une déflagration pour les plus démunis.

Quelles conséquences sur la scolarité des enfants voyez-vous à l’issue du confinement ?

C’est énorme pour un enfant de se voir privé d’un mois et demi d’école. Plus ils sont petits, pire c’est, car il existe des périodes critiques dans les apprentissages. Les premières années sont cruciales. Les bases de la construction sont en train de se construire.

En grande section de maternelle, par exemple, les petits commencent à entrer dans la lecture, surtout en cette période de l’année. Certains parents vont leur lire des histoires, leur faire faire des jeux pédagogiques, leur apprendre à lire, à écrire, à compter. Les plus démunis culturellement non. C’est terrible.

« Plus jamais ça ! »

« Plus jamais ça ! Préparons le ‘jour d’après' », 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), signent une tribune commune publiée, vendredi 27 mars, sur franceinfo.

Face à « la crise du coronavirus » des organisations syndicales, associatives et environnementales réclament « de profonds changements de politiques », pour « se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde ».

En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des « décisions de rupture » et à placer « des services (…) en dehors des lois du marché ». Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde.

Dès à présent, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations celle des personnels de la santé et des soignant·e·s parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre, et ceci doit largement prévaloir sur les considérations économiques. Il s’agit de pallier en urgence à la baisse continue, depuis de trop nombreuses années, des moyens alloués à tous les établissements de santé, dont les hôpitaux publics et les Ehpad. De disposer du matériel, des lits et des personnels qui manquent : réouverture de lits, revalorisation des salaires et embauche massive, mise à disposition de tenues de protection efficaces et de tests, achat du matériel nécessaire, réquisition des établissements médicaux privés et des entreprises qui peuvent produire les biens essentiels à la santé, annulation des dettes des hôpitaux pour restaurer leurs marges de manœuvre budgétaires… Pour freiner la pandémie, le monde du travail doit être mobilisé uniquement pour la production de biens et de services répondant aux besoins essentiels de la population, les autres doivent être sans délai stoppées. La protection de la santé et de la sécurité des personnels doivent être assurées et le droit de retrait des salarié·e·s respecté.

Des mesures au nom de la justice sociale nécessaires

La réponse financière de l’État doit être d’abord orientée vers tou·te·s les salarié·e·s qui en ont besoin, quel que soit le secteur d’activité, et discutée avec les syndicats et représentant·e·s du personnel, au lieu de gonfler les salaires des dirigeant·e·s ou de servir des intérêts particuliers. Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs·euses et travailleurs·euses, il faut interdire tous les licenciements dans la période. Les politiques néolibérales ont affaibli considérablement les droits sociaux et le gouvernement ne doit pas profiter de cette crise pour aller encore plus loin, ainsi que le fait craindre le texte de loi d’urgence sanitaire.

Le néolibéralisme, en France et dans le monde, a approfondi les inégalités sociales et la crise du coronavirus s’abattra notamment sur les plus précaires.Les signataires de la tribune

Selon que l’on est plus ou moins pauvre, déjà malade ou non, plus ou moins âgé, les conditions de confinement, les risques de contagion, la possibilité d’être bien soigné ne sont pas les mêmes. Des mesures supplémentaires au nom de la justice sociale sont donc nécessaires : réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les très mal logés, y compris les demandeurs·euses d’asile en attente de réponse, rétablissement intégral des aides au logement, moratoire sur les factures impayées d’énergie, d’eau, de téléphone et d’internet pour les plus démunis. Des moyens d’urgence doivent être débloqués pour protéger les femmes et enfants victimes de violences familiales.

Les moyens dégagés par le gouvernement pour aider les entreprises doivent être dirigés en priorité vers les entreprises réellement en difficulté et notamment les indépendants, autoentrepreneurs, TPE et PME, dont les trésoreries sont les plus faibles. Et pour éviter que les salarié·e·s soient la variable d’ajustement, le versement des dividendes et le rachat d’actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, doivent être immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme.

Trop peu de leçons ont été tirées de la crise économique de 2008.Les signataires de la tribune

Des mesures fortes peuvent permettre, avant qu’il ne soit trop tard, de désarmer les marchés financiers : contrôle des capitaux et interdiction des opérations les plus spéculatives, taxe sur les transactions financières… De même sont nécessaires un contrôle social des banques, un encadrement beaucoup plus strict de leurs pratiques ou encore une séparation de leurs activités de dépôt et d’affaires.

Des aides de la BCE conditionnées à la reconversion sociale et écologique

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une nouvelle injection de 750 milliards d’euros sur les marchés financiers. Ce qui risque d’être à nouveau inefficace. La BCE et les banques publiques doivent prêter directement et dès à présent aux États et collectivités locales pour financer leurs déficits, en appliquant les taux d’intérêt actuels proches de zéro, ce qui limitera la spéculation sur les dettes publiques. Celles-ci vont fortement augmenter à la suite de la « crise du coronavirus ». Elles ne doivent pas être à l’origine de spéculations sur les marchés financiers et de futures politiques d’austérité budgétaire, comme ce fut le cas après 2008.

Cette crise ne peut une nouvelle fois être payée par les plus vulnérables.Les signataires de la tribune

Une réelle remise à plat des règles fiscales internationales afin de lutter efficacement contre l’évasion fiscale est nécessaire et les plus aisés devront être mis davantage à contribution, via une fiscalité du patrimoine et des revenus, ambitieuse et progressive.

Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l’emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d’un plan contraignant de respect des accords de Paris… Car l’enjeu n’est pas la relance d’une économie profondément insoutenable. Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes… 

Relocalisation de la production

La « crise du coronavirus » révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisée et un commerce international en flux tendu, qui nous empêchent de disposer en cas de choc de biens de première nécessité : masques, médicaments indispensables, etc. Des crises comme celle-ci se reproduiront. La relocalisation des activités, dans l’industrie, dans l’agriculture et les services, doit permettre d’instaurer une meilleure autonomie face aux marchés internationaux, de reprendre le contrôle sur les modes de production et d’enclencher une transition écologique et sociale des activités. 

La relocalisation n’est pas synonyme de repli sur soi et d’un nationalisme égoïste. Nous avons besoin d’une régulation internationale refondée sur la coopération et la réponse à la crise écologique, dans le cadre d’instances multilatérales et démocratiques, en rupture avec la mondialisation néolibérale et les tentatives hégémoniques des États les plus puissants. De ce point de vue, la « crise du coronavirus » dévoile à quel point la solidarité internationale et la coopération sont en panne : les pays européens ont été incapables de conduire une stratégie commune face à la pandémie. Au sein de l’Union européenne doit être mis en place à cet effet un budget européen bien plus conséquent que celui annoncé, pour aider les régions les plus touchées sur son territoire comme ailleurs dans le monde, dans les pays dont les systèmes de santé sont les plus vulnérables, notamment en Afrique.

Tout en respectant le plus strictement possible les mesures de confinement, les mobilisations citoyennes doivent dès à présent déployer des solidarités locales avec les plus touché·e·s, empêcher la tentation de ce gouvernement d’imposer des mesures de régression sociale et pousser les pouvoirs publics à une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise.

Plus jamais ça ! Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre « jour d’après ». Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

Municipales sur Le Havre et son agglo

Bonjour tous et toutes,

Je profite du report du second tour et que nous n’ayons plus le nez dans le guidon pour vous transférer les deux messages ci-dessous.
– le premier (de l’assistant de Jean-Paul Lecoq qui a pris en charge l’aspect organisationnel de la campagne depuis un an), qui résume bien les deux derniers jours écoulés depuis les résultats. Il explique entre autres pourquoi il n’y aura pas de fusion avec la liste verts/PS au second tour. D’abord parce que le PS n’était demandeur de rien (il a admis qu’ils avaient fait une connerie de s’allier avec les bobos) et parce que la fusion uniquement avec les verts était conditionnée de notre part à l’absence du couple Deck sur la liste (pour faire court : Deck=licencieur de salariés en contrat d’insertion, islamophobe convaincu et connu, accessoirement partouzeur avec sextapes en possession de gens, on ne sait pas trop qui, car cet abruti s’est fait voler les vidéos de ses ébats).
– le second est le communiqué du même Deck, qui ne doute de rien, et pose ses exigences. Nota : lorsqu’il dit il a rejeté certaines propositions […] ainsi que sur la laïcité.
c’est juste pour dire qu’il a exigé (sic) qu’en cas de fusion, il n’y ait plus de femmes voilées sur notre liste, alors qu’il y en a deux, qui n’ont pas beaucoup dû gêner nos 35,88% d’électeurs-trices.

L’analyse rapide que l’on peut faire de notre score est simple : une partie des gens a voté pour le programme et notre liste/campagne originale, une autre a voté contre Édouard Philippe. Notre programme, comportant un vaste volet écologiste plus ambitieux que la liste EELV/PS a attiré une partie des électeur-trice-s d’EELV, ceux et celles qui militent pour une écologie sociale, débarrassée du capitalisme. Ce qui reste des verts, leur score de 8,3%, est en grande partie soluble dans le libéralisme (tête de liste comprise) et il n’est pas sûr du tout que nous ayons pu récupérer ces voix lors du second tour. Par contre, c’est triste à dire, mais nous récupèrerons sans doute une partie des voix du RN, celles des gens qui ne votent RN qu’en protestation, et sans convictions arrêtées. Notons toutefois que le vote RN a été quand même divisé par deux depuis 2014.

Bonne lecture,
Gilles

Bonsoir à toutes et à tous,

La nuit dernière ayant été courte et la journée plus que chargée, confuse à bien des égards et incertaine quant à ses conclusions, je prends l’initiative d’en faire un résumé que chaque délégué.e du Collectif et colistier pourra compléter à volonté… D’autant que nos espaces de confinement respectifs sont désormais propices aux échanges dématérialisés !

Et tout d’abord, puisque cette séquence avait débuté hier soir de si belle manière, encore un grand grand merci à toutes et à tous pour votre engagement, votre énergie, le coeur que vous avez mis dans cette première partie de campagne. Le résultat historique obtenu hier par notre liste dans un contexte des plus compliqués, est déjà une grande victoire. Une belle reconnaissance du travail déjà accompli. Il est porteur d’espoir qu’il nous faudra traduire au second tour fin juin, en préservant entre nous l’unité indispensable à la réussite de notre projet collectif.

Car ce soir, vous le savez, ce second tour est reporté en juin et, contrairement à ce que nous avions pu anticiper des discussions nationales qui se sont déroulées dans la journée, sans le dépôt de la liste demain. Notre liste pour le second tour devra par conséquent être déposée selon un calendrier qui sera prochainement révélé, et probablement en juin.

Techniquement, cette liste du 2e tour ne peut comporter que des candidats présents au 1er tour sur notre liste et éventuellement sur la liste EELV/PS.

L’autre liste présente au 1er tour…

Politiquement, la question d’une éventuelle fusion a animé une bonne partie de la fin de soirée et du début de nuit en présence de la quasi totalité des colistiers et des délégué.e.s du Collectif de campagne qui ne sont pas candidat.e.s, puis elle s’est prolongée toute la matinée en présence de celles et de ceux qui ont pu se rendre disponibles.

Les conditions d’une possible fusion (je dis possible car nous l’avons tous constaté hier soir, le désir de fusion n’a pas fait l’objet d’un consensus entre nous, loin de là) ne pouvait se discuter dès lors que 3 conditions non négociables étaient acceptés par l’autre liste ET par son tête de liste qui en cette qualité doit donner son accord :

– signature préalable de la charte des candidats « Un Havre citoyen » qui intègre notamment la déclaration de principe de notre démarche et l’association Maire/Président de l’agglomération

– pas de présence du couple Deck sur la nouvelle liste pour des raisons d’incompatibilité avec les valeurs portées par notre campagne et notre liste

– application éventuelle du score de cette liste uniquement sur le tiers politique de notre liste, soit 4 sièges max, dans le respect de l’ordre actuel de la composition de notre liste.

Ces conditions pour ouvrir la discussion sur une éventuelle fusion n’étaient toujours pas réunies à 10h, heure déterminée pour permettre à notre liste de se réunir pour statuer, ni à 12h heure butoir par rapport à notre obligation de déposer chez l’imprimeur l’affiche et la circulaire du second tour. Absence de réponse sur ces préalables à la discussion malgré deux relances effectuées dans les matinées.

Conformément à ce qui avait donc été fixée hier dans la nuit, les délégués et colistiers présents ce matin ont déclaré « clos » la période de possible discussion.

Une demi heure après, Stéphane Madelaine délégué par Jean-Paul pour répondre à l’appel (enfin) d’Alexis Deck s’est fait entendre dire que ce dernier demeurerait présent sur la liste en cas de fusion.

Fidèle à lui même, le sieur Deck s’est ensuite répandu en mensonges auprès du secrétaire de section du PS, puis dans la presse sur la teneur de son échange avec Stéphane…

J’ajoute sur ce premier chapitre que :

– les premiers retours de Jean-Paul dans la matinée, des messages et appels téléphoniques qu’il a reçu laissaient clairement entendre un soutien apporté à notre liste par des ténors nationaux, socialistes inclus et probablement EELV également.

– qu’au delà de la situation des Decks, la présence sur une liste fusionnée du secrétaire de section du PS pose problème à une partie des organisations politiques présentes sur notre liste et à des délégués du Comité citoyen. Cet aspect n’a cependant pas été exposé en dehors de notre réunion interne puisque la discussion avec les représentants de cette liste n’a pu avoir lieu ce matin comme exposé précédemment.

Notre campagne…

Compte tenu du contexte sanitaire, très rapidement ce matin les délégués présents et colistiers, en plein accord avec Jean-Paul, ont décidé de suspendre la campagne de terrain, y compris la conférence de presse prévue mercredi et le meeting du soir, pour développer une télécampagne (campagne à partir des réseaux sociaux, de la presse, du téléphone, de courriers etc etc…). Un communiqué de presse a été rédigé et diffusé dans la matinée. Puis il a été complété par un communiqué plus long, rédigé sur le temps du midi et intégrant le remerciement aux électeurs et l’appel à la mobilisation pour le second tour. Des difficultés de fonctionnement des framalistes ont perturbé la diffusion de ces deux communiqués. Si vous ne les avez pas eu, vous pouvez les retrouver sur le Facebook « Un Havre Citoyen » https://www.facebook.com/unhavrecitoyen/ et je pense que Stéphane va le reprendre sur le site de campagne.

Ce soir, compte tenu des annonces présidentielles puis gouvernementales, un dernier communiqué a été rédigé pour annoncer la suspension de notre campagne.

Et, sur le plan humain, il va falloir organiser les conditions de nos échanges (et décisions). Et je vois guère que les courriels et appels téléphoniques pour continuer à avancer dans l’immédiat…

Voilà, j’ai essayé d’être le plus complet possible…

Merci encore pour ce que vous avez fait et plus encore pour ce qu’il nous reste à faire !

Que chacun.e prenne bien soin de lui-même et des autres..

Municipales sur Caen et l’agglo

Ensemble soutenait 4 listes sur l’agglo, nous étions à l’origine d’un travail en commun sur les 3 axes pour la communauté : les résultats sont mitigés

Caen :

Ville de tradition modérée où la gauche n’a ey qu’une fois la mairie : 5 listes à gauche avec une liste EELV plutôt centriste mais avec le PCF qui a fait une campagne purement écolo avec beaucoup de moyens financiers. La droite LR et ses alliés traditionnels + LREM a réussi à passer ua 1er tour. EELV ne fait pas le score attendu par ses dirigeant qui pensaient bénéficier de l’impression d’ouverture avec le soutien du PC et de cap21. Le PS , malgré une cmapgne de gauche pour les transports gratuits- passe sous la barre des 10 % contre 26 % en 2014 pour la liste de l’ancien maire PS.

Nous avions fait le choix de soutenir -malgré le départ du PC- la liste ciibervilletoyenne « Caen en commun » dont nous partageons la démarche depuis plus d’un an : le résultat est encourageant « en dépassant les 5 % ( comparable à celui de 2014 ) et bat le RN de quelques voix au terme d’une dynamique de campagne impulsée par une nouvelle génération militante. Caen en commun continue avec un élu ( Caen et agglo) comme mouvement citoyen avec le projet d’un regroupement citoyen sur l’agglo : logement ( y compris les migrants ) , transports gratuits…

FI avait refus une liste commune avec la liste citoyenne persuadés que la dynamique Mélenchon allait leur permettre de s’imposer à gauche de la gauche : Le résultat est calamiteux, ils n’ont pas été crédibles comme liste citoyenne et sont apparus comme dans une démarche partidaire : le résultat avec presque 20 fois moins de voix que Mélenchon et un pourcentage de 2,65 % ( Mélenchon 23). LO fait du LO avec 1,12 %

Mondeville

Ville socialiste depusi longtemps, la maire sortante PS a rejoint LREM avec une partie de la section socialiste : elle est réélue au premier tour avec 57 % des voix ; Ensemble soutenait une liste citoyenne qui est arrivée seconde avec 23 % ; une troisième liste regroupait dérrière un ancien macronnien PRG , une autre partie du PS, cap 21 et EELV 11 % . le RN a une seule élue avec 9 %

Hérouville St Clair ( 2ème ville du Calvados )

C’est une ville de gauche mais dont la mairie est à droite depuis 2 mandats suite à une division de la gauche. Malgré une liste citoyenne et unitaire la gauche fait avec 30 % un mauvais résultat. La maire sortant (droite) l’emporte avec 60 % ( et 67 % dans le quartier le plus populaire). Pas de liste RN : c’est la ville la plus mélangée du Calvados mais le FN n’y a jamais fait de score

Ifs

Le maire sortant droite -qui a conquis la mairie la dernière fois par surprise à cause du PS local qui a joué la division contre une liste citoyenne – manque de peu la réélection au premier tour ( 48%). La déception est grande pour la liste citoyenne et unitaire avec l’ancien maire que nous soutenions qui ne fait que que 33 %. Le PS fait 18 % , la gauche est minoritaire dans une ville traditionnellement de gauche

Blainville sur Orne

La liste « action citoyenne pour Blainville » unitaire bat le maire sortant ex-PS et macron-compatible allié au PS de 19 voix.

C’est une bonne nouvelle avec la réélection de la liste PC à Giberville (100 %, le FN a disparu) et à Dives sur mer 66 %

L’épreuve municipale, un tournant à négocier ( C Autain et E Faucillon)

Ce week-end, le premier tour des élections municipales risque d’avoir des allures contradictoires. Selon un sondage Ifop, 28% des Français seraient prêts à ne pas se déplacer pour cause de coronavirus, ce qui pourrait modifier les coordonnées du scrutin. Alors, à quoi peut-on s’attendre ?

Une raclée électorale pour la macronie est à portée de main. Il est frappant de voir que le « nouveau monde » se révèle pour de qu’il est, un alliage de vieilles recettes et d’ancrage à droite toute. Il est notable que ce soit souvent des maires LR qui ont hérité du label LREM. La tour d’ivoire dans laquelle s’est retranché le pouvoir en place n’est pas un repli convaincant pour renouveler avec la confiance des électeurs. Fait symptomatique, Édouard Philippe, pourtant ancien maire du Havre, est en difficulté dans son ancien bastion face à Jean-Paul Lecoq, candidat communiste prêt à lui ravir la mairie en conduisant une liste de large rassemblement. Après le 49.3, le Premier ministre dévisse dans les sondages. Quant à Paris, la campagne d’Agnès Buzyn n’atteste pas d’une grande forme dans cette ville où le potentiel LREM est pourtant très fort… Bien que réjouissante, cette possible claque électorale pourrait être gâchée par le score du Rassemblement National. La formation d’extrême-droite, élections après élections, cultive son implantation locale et menace de s’appuyer sur davantage d’élus municipaux. Une majorité de la population (56%) pense désormais que son arrivée au pouvoir est possible. Les prophéties auto-réalisatrices des années précédentes nous avaient déjà embarqués dans un deuxième tour quasi obligatoire face à Marine Le Pen. Cette ascension dit l’urgence à bâtir une alternative émancipatrice face au duopole Macron/Le Pen.

Malgré les nombreuses expériences de rassemblement au sein de la gauche et des écologistes, c’est l’éclatement qui domine. Les combinaisons sont si multiples qu’il est bien difficile de s’y repérer. Il n’y a pas lisibilité nationale, les résultats seront d’ailleurs plus longs et plus difficiles à analyser. Réjouissons-nous que la composante citoyenne soit à l’honneur dans cette élection. Elle confirme l’immense demande d’implication qui ne cesse de s’exprimer dans notre société, sous fond pourtant d’une terrible crise de confiance dans nos institutions. Malheureusement, chaque formation politique à gauche a tout de même voulu miser avant tout sur un succès personnel dimanche, comme si cela éclairerait automatiquement le champs politique pour 2022, l’épreuve municipale passée. EELV espère une vague verte et n’a, pour l’essentiel, accepté de rassemblement que derrière une candidature de sa propre formation. Le PS croit pouvoir sortir de ses décombres à l’occasion de cette élection locale où il compte un nombre significatif de sortants. À l’inverse, la FI n’a pas de maillage municipal constitué : elle ne peut donc, presque mécaniquement, sortir que renforcée en nombre d’élus– ne doutons pas que les insoumis sauront valoriser leur percée. Enfin, les communistes doivent relever le défi de conserver leurs derniers bastions historiques pour escompter ne pas plonger plus avant dans le déclin. De Génération.s à Place publique, d’Ensemble à la Gauche Républicaine et Socialiste, il reste encore de petites organisations qui, en général, sont venues prêter main forte à des configurations unitaires. Bien malin qui peut y voir clair dans ce paysage atomisé…

La période de l’après-municipale sera ainsi cruciale pour notre camp social. Le double défi qui s’impose scellera la possibilité en 2022 d’en finir avec Macron et son ticket gagnant qu’est Marine Le Pen. Conjurer l’avènement des égos et le spectre de la division ne sera pas une tâche facile, et reposera autant sur la capacité de se rassembler que de faire émerger un projet commun sur lequel peut reposer une telle tentative. L’ébullition sociale et écologique du pays nous rappelle chaque jour l’immense potentiel d’une option radicale de transformation que nous portons à gauche mais de façon encore trop dispersée. Nous n’avons plus le droit à l’erreur, avant la ligne droite de la présidentielle. Un tournant est à négocier, serrons à gauche ! Vertement !

15 mars BESANCON: Rendez vous au soir du premier tour

Vous avez pris connaissance de la position d’Ensemble! pour le premier tour des élections municipales à Besançon.

Pour ma part je voterai pour la liste Besançon Verte et Solidaire.

Comment en est on arrivé à la présentation concurrente de cette liste avec celle de la gauche plurielle, Besançon par Nature ?

Il n’est pas inutile d’y revenir, d’y réfléchir et d’essayer d’envisager l’avenir. D’un point de vue électoral, et ça commence par le second tour qui se jouera le 22 mars, mais également du point de vue des perspectives sociales, du prolongement politique et même organisationnel, en ces temps de restriction des libertés suite aux décisions gouvernementales face aux mouvements sociaux et (plus ou moins sincères) face à l’épidémie virale qui s’étend.

Quel avenir pour le système ? Quel avenir pour celles et ceux qui le combattent ?

Bref, quelle situation d’avant second tour aurons nous demain soir et comment s’impliquer, militer, pour changer le monde.

TouTEs ensemble on a plus d’idées que seulE.

On pourrait boire un coup et grignoter, dimanche 15 mars, après la soirée électorale du Kursaal qui est maintenue, au local, 2 rue du Porteau.

A bientôt j’espère.

Gaby

Ensemble! dans la diversité

Quelques info sur les camarades proches d’Ensemble! et leurs différents positionnements sur les listes électorales municipales regroupées par départements au travers la correspondance de certaines EAL

Dans le cas de Montreuil, le logo d’E ! est sur la liste « Montreuil une chance » avec la FI

A Ivry, FI fait une alliance avec le PS contre la liste à laquelle E! participe avec le PCF ?

Le mer. 11 mars 2020 à 10:45, Philippe a écrit :
Bonjour ,Petite rectification : ENSEMBLE GARD ( non soumis ?) tient des réunions mensuelles au cours desquelles des décisions ( de soutien , de logo , d’actions etc.. ) ont été prises consensuellement ( avec les militant.e.s présent.e.s ou qui ont pu faire parvenir leurs positions préalablement sur l’odj proposé pour ces réunions )…. évidemment , ce qui n’est pas dit ne peut être entendu !Philippe

Le 11 mars 2020 à 09:43, Ingrid H a écrit :

Comme quoi ça peut valoir le coup de croiser les infos avant….

Le mercredi 11 mars 2020, Joël a écrit :

Et précision pour Nîmes: la cde qui figure sur la liste PC s’est attribuée Le logo de E! sans discussion ni information de E! et Insoumis.

JD. 06 09 39 91 06

> Le 11 mars 2020 à 07:33, Joël D a écrit :
>
> À Nîmes comme certains le savent il faut compter une cde sur une liste PC, Gs et une cde de E! Et Insoumis sur une liste EELV, LFI, PS,GE etc…
>
> JD. 06 09 39 91 06
>
>> Le 11 mars 2020 à 01:56, Monique M a écrit :
>>
>> Sur Montrouge, c’est un peu plus compliqué : un militant « sympathisant » d’Ensemble, mais que nous n’avons jamais vu à aucune réunion d’Ensemble, et dont nous n’avons jamais discuté la candidature…
>>
>>>> Le 10 mars 20 à 20:51, Roland M a écrit :
>>>
>>> Bonsoir.
>>>
>>> Sans que cela soit totalement exhaustif
>>> quelques indications sur la présence de camarades
>>> d’ENSEMBLE lors de ces élections municipales.
>>>
>>> Sur les 39 communes de + 100 000 habitants
>>> nous sommes présents dans 21 .
>>>
>>> TOULOUSE ( 31 )  – NICE ( 06 ) – PARIS ( 75 ) – TOURS ( 37 ) – LYON ( 69 ) –
>>> VILLEURBANNE ( 69 ) – CLERMONT-FERRAND ( 63 ) – LE MANS ( 72 ) –
>>> GRENOBLE ( 38 ) – LIMOGES ( 87 ) – AMIENS ( 80 ) – SAINT DENIS ( 93 ) –
>>> MONTPELLIER ( 34 ) – MARSEILLE ( 13 ) – MONTREUIL ( 93 ) –
>>> LE HAVRE ( 76 ) – CAEN ( 14 ) – AIX EN PROVENCE ( 13 ) –
>>> BREST ( 29 ) – NIMES ( 30 ) – BESANCON ( 25 ) –
>>>
>>> + LYON METROPOLE
>>>
>>> Sur les 86 communes de + 50 000 habitants
>>> nous sommes présents dans 17
>>> et dans 5 en soutien.
>>>
>>> IVRY ( 94 ) – CRETEIL ( 94 ) – EVRY ( 91 ) – VILLENEUVE D’ASCQ ( 59 ) –
>>> NOISY LE GRAND ( 93 ) – CERGY ( 95 ) – PAU ( 64 ) – CLICHY ( 92 ) –
>>> CLAMART ( 92 ) – ANTIBES ( 06 ) – CHAMPIGNY SUR MARNE ( 94 )
>>> FONTENAY SOUS BOIS ( 94 ) SEVRAN ( 93 ) – BONDY ( 93 ) –
>>>
>>> AUBERVILLIERS ( 93 ) – QUIMPER ( 29 ) – LA SEYNE SUR MER ( 83 ) –
>>> ISSY LES MOULINEAUX ( 92 ) – TOURCOING ( 59 ) –
>>>
>>> Pars ailleurs il faut signaler la présence de camarades dans plusieurs
>>> communes de + de 30 000 habitants.
>>>
>>> SAINT OUEN ( 93 ) – MONTROUGE ( 92 ) – ALBI ( 81 ) – MARTIGUES ( 13 ) –
>>> VAULX EN VELIN ( 69 ) – GENNEVILLIERS ( 92 ) – CARCASSONNE ( 11 ) –
>>> AUBAGNE ( 13 ) – SETE ( 34 ) – CALUIRE EN CUIRE ( 69 ) – TALENCE ( 33 ) –
>>> CASTRES ( 81 ) – REZE ( 44 ) – TARBES ( 65 ) – ALES ( 30 ) – BAGNEUX ( 92 ) –
>>> COLOMIERS ( 31 ) – BAGNOLET ( 93 ) – ECHIROLLES ( 38 ) – MARIGNANE ( 13 ) –
>>> VILENEUVE SAINT GEORGES ( 94 ) – PONTOISE ( 95 ) – RILLEUX LA PAPE ( 69 ) –
>>>
>>> Une petite vingtaine de camarades sont présents sur des listes dans des communes
>>> de + 9 000 habitants.
>>>
>>> Amicalement.
>>> Roland.

Un monde instable et imprévisible à l’heure du coronavirus

mercredi 11 mars 2020, par Christophe Aguiton https://france.attac.org/7306

Jamais, depuis 1945, le monde n’avait connu une situation aussi chaotique et instable dans un enchevêtrement de crises aussi diverses que majeures : climat et environnement, migrations, guerres et tensions géopolitiques, montée des autoritarismes, ralentissement du commerce mondial, soulèvements populaires sur tous les continents, endettements et marchés financiers hors contrôle, et enfin la crise sanitaire du coronavirus… Si ces crises sont interdépendantes – comment penser les questions migratoires sans penser au climat, aux conflits et aux guerres – il nous faut choisir un angle et, aujourd’hui, l’épidémie du coronavirus est un bon indicateur des fragilités de la situation internationale et des tendances potentielles qu’elle révèle.

Du grec « Krisis », la crise, en français, est avant tout une rupture, une discontinuité qui peut ouvrir sur de nouvelles opportunités. L’épidémie actuelle répond parfaitement à cette définition et elle porte en elle les germes des pires et des plus souhaitables évolutions possibles.

La situation chinoise nous montre à quel point une situation d’urgence peut être utilisée pour accentuer le contrôle de la population. Des milliers d’internautes chinois ont ainsi été exclus des réseaux sociaux pour « propagation de fausses nouvelles » et toute la population est aujourd’hui tracée par des applications sur mobile qui partagent avec la police, les sociétés de transport et même les centres commerciaux, l’état de votre risque sanitaire et le détail de vos derniers déplacements. En Europe nous n’en sommes pas là, mais, sans parler des nombreuses atteintes aux libertés fondamentales dues aux obligations de confinement, il est clair que les gouvernements en place tentent d’utiliser la focalisation des médias et du public sur le coronavirus pour reprendre la main sur les opinions et le contrôle du calendrier. Mais si ces mesures coercitives sont acceptées par les populations pendant le pic de l’épidémie, il est fort probable qu’un mécontentement populaire s’exprimera fortement une fois celle-ci passée. En Chine, les très nombreux messages de soutien au docteur Li Wenliang, le premier lanceur d’alerte à Wuhan, ou les cris de colère face à la vice-première ministre chinoise Sun Chunlan en visite dans la ville en témoignent !

Par son ampleur, et parce qu’elle a d’abord touché la Chine, cette épidémie permet de mettre le doigt sur les points faibles de la mondialisation néolibérale. Des secteurs stratégiques, comme l’industrie pharmaceutique, délocalisent depuis des années des pans entiers de leur appareil productif. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire l’Union européenne (UE) réalise que des médicaments de base sont en passe de manquer à cause de la paralysie de l’industrie chinoise. L’industrie du numérique est également touchée de plein fouet. Mais les dégâts ne se limitent pas à ces secteurs. Les grandes entreprises du secteur de l’automobile, de l’aéronautique ou de la robotique ont développé des chaînes de production qui s’étendent sur toute la planète et qui peuvent se gripper au moindre problème. Le Brexit avait déjà posé une alerte, obligeant plusieurs grands groupes à revoir leurs politiques d’implantation d’usines, et le coronavirus pourrait représenter la crise de trop pour de nombreuses multinationales.

Mais la mondialisation ne concerne pas que l’industrie et de nombreux secteurs vont être durablement impactés par cette épidémie. Le tourisme, en plein boom, en est un des premiers. Il représente aujourd’hui 10% du PIB et 10% de l’emploi au niveau mondial, en se concentrant sur un nombre limité de lieux et de prestations. En France, le premier site visité est Disneyland Paris, bien devant la tour Eiffel ou le Louvre, et au niveau mondial le secteur des croisières connaît une forte croissance, avec des paquebots toujours plus grands, mais aussi premiers témoins de la maladie. Dernier élément, et non des moindres, la mondialisation financière qui montre également sa fragilité. Les bourses du monde entier ont commencé à chuter dès le mois de février, puis ont plongé le 9 mars à la suite de la très forte baisse des cours du pétrole. Si, à l’heure où ce texte a été écrit il n’est pas possible de prévoir l’ampleur des événements à venir, le coronavirus pourrait être le déclencheur d’une crise économique et financière de grande ampleur par la conjonction, sans pareil, d’éléments de très forte fragilité.

L’épidémie montre les points faibles de la mondialisation néolibérale, mais permet aussi de mettre en avant ce que pourraient en être les alternatives. L’histoire regorge de moments où des événements imprévus, des guerres, des chocs politiques ou des mouvements sociaux ont accéléré des processus en cours ou permis des bascules imprévisibles. Tout récemment la grève des transports en Île-de-France a permis à des dizaines de milliers de personnes de découvrir les usages du vélo en ville, et les derniers chiffres montrent que ce mouvement perdure. Sans commune mesure, la Seconde Guerre mondiale et les années qui l’ont suivie ont jeté les bases de ce l’on a appelé l’État providence. Aux États-Unis, l’impôt progressif mis en place pendant le New Deal par l’administration Roosevelt s’est durci avec un taux maximal de 80 à 90%, en place jusque dans les années 1980. En France, le système de retraite précédemment basé sur des fonds de capitalisation s’est effondré pendant la guerre. C’est ainsi que le système de retraite par répartition a été mis en place à la libération.

Plus généralement, dans tous les pays développés, un taux élevé de prélèvement obligatoire nécessaire à la reconstruction a été pérennisé pour mettre en place des systèmes de redistribution et de couverture sociale. Un choc planétaire comme l’épidémie de coronavirus pourrait initier ou accélérer des transformations nécessaires. La pénurie de médicaments a amené les institutions européennes, ces dernières semaines, à réfléchir à une relocalisation de certaines chaînes de production pour assurer une sécurité sanitaire sur le continent. Cette initiative pourrait être élargie à d’autres secteurs, la production agroalimentaire, par exemple, pour répondre à la revendication historique de « souveraineté alimentaire » défendue par les paysans de la Confédération paysanne et de la Via Campesina. Au niveau industriel, la baisse des prix de machines à commandes numériques a permis un timide mouvement de relocalisation de certaines productions. Les chaînes mondiales mises en place par les multinationales pour leurs productions industrielles viennent de révéler leur fragilité, il serait temps de donner la priorité à une relocalisation qui bénéficierait à l’emploi comme à l’environnement.

La crise du coronavirus a également montré qu’en cas de nécessité, des mesures « radicales » pouvaient être mises en place. C’est le cas de la fixation des prix ou la réquisition pour des produits qui connaissaient des phénomènes spéculatifs, comme le gel hydroalcoolique ou les masques de protection. Il est déjà évident que l’UE – devant la crise économique qui s’annonce – va exonérer les pays membres des obligations budgétaires fixées par le traité de Maastricht. Ce qui est possible, et juste, face aux conséquences de l’épidémie devrait être mis en place de la même manière pour d’autres questions toutes aussi importantes, comme la croissance des inégalités, le traitement inhumain des migrants, la crise climatique ou l’effondrement de la biodiversité. La NASA a diffusé des images de la Chine avant et pendant l’épidémie, qui montrent une quasi-disparition de la pollution en quelques jours. Il ne s’agit évidemment pas de confiner sur le long terme toutes les populations, mais ces images montrent la réversibilité de phénomènes si des mesures fortes sont prises.

La crise sanitaire mondiale nous indique des alternatives potentielles. Mais, à l’évidence, elles ne seront mises en œuvre que si elles sont portées par des mouvements sociaux et un rapport de force à construire pour changer le système. Ce sera tout l’enjeu des mois et années qui viennent !